/ jx.'-l? ^r->/fM*^ ;g = ^ J'>y-- .^ y : W F SOCIETE PHILOMATIQUE DE PARIS SOCIETE PHILOMATIQUE DE PARIS. EXTRAITS DES PROCES-VERB AUX DES SEANCES PENDAIVT i/aNINEE 1840, I <'i'7wr: .' \ PARIS IMPRIMERIE DA. RENE ET C RUE OE SEINE-S. -GERMAIN, 32. 1841. IE EXTRAITS DE L'lNSTITUT, JOURNAL GENERAL DES SOCIETES ET TRAV.M'X S(:iEMIFIC/.'E$ DE LA FRANCE ET DE l'eTRA.>GF.R. lie Section.— Sciences Mnthematiijucs, Physiques et Naturelles. Rue lie Seine, 32, a Paris, SOCIETE PHELOMATIQUE Sl^ANCES DE 1840. Extrails des proc&s - verbaux. Dans la seance du 4 Janvier 1840,laSoclele n'a entendu aucuno communication scientifique. Seance dull Janvier 1840. Physique : Sons harmoniques. — M. Duharael entretient la Societe de recherches sur les sons harmoniques , qui ont faitle sujeld'un memoire presente par lui a I'Academie des Sciences. Dans le cours de ses recherches , M. Duhamel est arrive a cette proposition generale que , lorsqu'un corps fuit entendre plusieurs sons a la fois , chacun d'eux est produit par une partie differente du corps vibrant ; de sorle que les divers points de chacune deces parties considerees isolement, font un nonibre egal de vibrations dans le meme temps ; mais co nombre change d'une partie a I'au- Exlrait de L'lnsWut, 1840. 1 Ire comiue le son qui lui correspond. — Pour demontrer experi- mentalement ce resultat de la theorie, M. Duhaniel se sert d'une plaque carree delaifon , qu'il ebranle a I'aide d'un archet , de raa- niere a lui faire rendre simultanement deux sons scpares I'un de I'autre par ua intervalle d'environ une quinte ; les nombres de vibrations des parties qui produisent ces sons so trouvent alors dans le rapport de trois a deux. Ces vibrations sent tracees sur une lame de verre enduite de noir de liirnee , que I'on fait giisser derriere la plaque pendant qu'elle vibre. Sur le bord de la plaque ont ete sondes trois petits crochets en (il de fer , d'environ trois a quatre centimetres de longueur , ils sont espaces de facon que le crochet raoyen repoude a peu pres a la limitedes parties vibrantes que I'on etudie , et chacun des extremes au ventre de I'une d'elles. En prenantavec un corapas des longueurs egales de chacune des lignes ondulees que la branche horizontale des crochets a tracee sur le verre, et a une egale distance a parlir de leur origine, on s'assure que les nombres des ondulations sont effeclivement dans les rapports indiques ci-dessus. Mecanique : Disposition pour regidariser le mouvement des machines. — M. Combes indique un moyen fort simple de disposer des freins de maniere que le travail resistant auquel ils donnent lieu soit equivalent au travail resistant de chacun des raecanismes mis en mouvement par une meme machine, de telle sorte que la charge de la machine n'eprouve aucun changement, quand on vient a embrayer ou a debrayer une parlie de ces raecanismes. Dans le cas ou chacun d'eux est conduit par une courroie sans fin, la dis- position indiquee par M. Combes consiste a subslituer a la poulio folle destinee a recevoir la courroie lors du debrayage, une poulie montee sur un arbre pariiculier d'une petite longueur, place sur le prolongeraent de celui qui portela poulie fixe, mais distinct de ce- lui-ci. Ce petit arbre porte une roue en fonte ou en hois cercle en fer sur le contour de laquelie s'appuie un frein acoussinet metalli- que. La pression de ce frein est regiee au moyen d'un poids, ou mieux d'un simple boulon a ecrou, avec interposition d'un ressort entre I'ecrou et la longuo branche du frein, de maniere a occasion- ner sur la roue un frottemeut equivalent a la resistance due au jeu du mecanisme, ce a quoi on parviendra aisenient par le latonnemenf . II resuUe de la, que lors du debrayage ou de rembrayage la charge de la machine dev ra roster la raeme, et parconsequenl sa vitosse de- nieurer invariable saiif toutefois Ii3s effets de I'inertie des pieces mobiles el de raugmentation du frottement entreles surfaces apres un contact de quelque duree. Par cette double cause il y aura une petite diminution de la vilesse du motcur chaque fois qu'on em- brayera ou debrayera, mais ce ralentissemenl a beaucoup moins d'inconvenients que Tacceleration de vitesse qui a lieu, lors des debrayages, dans ies ateliers depourvus de moderateurs, ou meme dans laplupart des ateliers pourvus de moderateurs mal etablis, ce qui est tres frequent. 11 est evident, ajoute M. Combes, que la dis- position indiquee des freins consistanl a remplacer Ies resistances utiles, dont Taction est moraentaneraent suspendue, par des resis- tances inutiles equivalentes, la depense de force motrice demeure constante quelque soit le uombre des mecanismes debrayes. Mais, il y a beaucoup de circonstances dans lesquelles I'economie de force due a I'usage des moderateurs connus est d'une faible impor- tance, tandis que I'uniformite du mouvement des mecanismes de- meurant embrayes est tres essentielle. — On pent disposer Tarbre court qui porte la roue du frein et la poulie de debrayage, de facoB qu'il puisse a volonle glisser longitudinalement sur ses paliers, d'une quantite un peu plus grande que la largeur dela courroie, afln qu'on puisse degager ceile-ci quand elle a besoin d'etre repa- ree ou de recevoir une tension plus forte. — II est facile d'imagi- ner des dispositifs parliculiers aucas ou le raouvemenl serait trans- mis par des roues d'eugrenage susceptibles d'etre debrayees au lieu do I'etrc par des courroies. — M. Donne communique I'extrait d'une lettre qu'il a regue de de M. Melloni, en meme temps que le rapport fait par ce physicieo a I'Academie des Sciences de Naples sur lesprocedes photographi- ques de M. Daguerre. M. Melloui adopte la ihcorie de M. Donne et declare qu'elle lui parait seule admissible. II cite a cette occasion quelques paroles de Galilee qui lui semblent I'appuyer fortement. Relativemcnt aux essais lypograpbiques par lesqueis M. Donne a cherche a reproduire Ies images photograpliiques : • Recevez, lui ecrit M. Melloui, mes congratulations Ies plus sinceres ; j'ajoute sans hesiter que cette precieuse decouverte sera seule veritable- 4 ment utile a la science dans Tinvention du daguerreotype. On est impatient ici d'en voir ics epreuves... » Seance du 18 Janvier 1840. Chimie INDUSTRIELLE : Fabrication du chlorate de potasse. — M. Pelouze communique un precede nouveau et avantageux pour la fabrication du chlorate de potasse. — Jusqu'a present on a tou- jours decompose le carbonate de potasse par le chlore ; M. Pelouze signale les incouvenients de ce procede, auxquels il propose de remedier en substituant la sonde a la potasse. En s'y prenant d'une maniere convenable on obtient du sel marin et du chlorate de son- de; puis, par double decomposition, on transforme ce dernier en chlorate potassique, en le traitant par un des sels de potasse les moins chers du commerce. — M. Pelouze indique un second pro- cede manufacturier, qui pent etre aussi employe avec avantage pour le raeme genre de fabrication ; il consisle a faire passer du chlore dans du lait de chaux, il se forme alors du chlorure de chaux que Ton fait ensuite bouillir longteraps avec du muriate de potasse. Physique : Congilation. — M. Cagniard-Latour communique le resultat d'une experience de congelation qu'il vient de faire sur un marteau d'eau de petite dimension, c'est-a-dire dont le tube n'a que 25 centimetres environ de longueur et 8 millimetres de dia- metre interieur, lequel avait ete purge d'air avec tout le soin pos- sible. — Le but principal de cette experience etait de savoir si I'eau du marteau, etant solidifiee par le refroidissement, contien- drait des cavites on bulles gazeuses corame on en voit dans la glace ordinaire. Apres que le marteau d'eau avait ete confectionne on avait eu soin, un moment avant de commencer I'experience de con- gelation, de le tenir plonge par sa partie inferieure dans un bain- marie jusqu'a ceque I'ebullition dont la colonne liquide du marteau etait devenue d'abord le siege eut cesse de se manifester, lors meme que Ton entretenait le sommet du tube mouille d'eau froide. Cette experience de congelaiion a ete repetee a plusieurs reprises et a presente chaque fois le nieme resultat, savoir : que I'eau d'un pareil marteau laisse toujours apercevoir des cavites ou bulles ga- zeuses lorsqu'elle est gelee. — L'auteur a vu, comrae il s'y etait attendu d'apres les observations de M. Despre(z, que I'eau de son raarteau, quoiqu'elle fut a 10° C. au-dessous de zero, restait li- quide, mais il a reconnu ensuite que Ton pouvait tres facilement determicer sou passage a Tetat solide, et qu'il suffisait pour cet effet de frapper avec une force suffisante le bas du tube sur un corps dur, comme parexemple une table de raarbre. AcousTiQUE : Sons analogues a la voix humaine. — Le meme raembre annonce ensuite qu'en continuant scs recherches sur les moyens de produire des especes de sons vocaux en dirigeant le souffle de la bouche entre deux doigts, comme il I'a indique dans plusieurs de ses precedentes communications, il a ete conduit a reconnaitre que Ton pouvait ameliorer tres sensiblenient le timbre de ces sons et augmenter beaucoup leur intensite en placant con- venablement sous les doigts mis en vibration un tuyau propre a pouvoir produire les effets d'un porte-voix; il a essaye differents appareils renforcants de ce genre. Celui dont il a obtenu les meil- leurs resultats, et qu'il met sous les yeux de la Sociele, est forme principalement d'une espece de cornet en caout-chouc; dans son ouverture superieure est place un bout de tuyau metallique garni a son embouchure d'un bord saillant en membrane mince de caout- chouc; c'est ce bord flexible que Ton presente sous les doigts lors- qu'il s'agit de leur appliquer le porte-voix. L'auteur a reconnu que dans le cas ou Ton supprimait ce bord pour mettre le metal du tuyau immediatement en contact avec les doigts, le son avail lieu aussi, mais qu'il exigeaitplus d'efforts d'insufflation et prenait un timbre assez analogue a celui du serpent. II s'est assure d'ailleurs que dans le cas oul'on vient a exercer des pressions un peu fortes avec un corps dur sur les parlies de la main avoisinant le dessous dela fente vibranteque forment les doigls par leur rapprochement, le son perdait de son intensite, devenait plus aigu et en meme tempspluspetiblea produire; enfm il a reconnu que sil'on plagait entre les doigts un petit coin de caout-chouc alin d'augmenter dans de certaines limites la largeur de la fente vibrante, on pou- vait, a I'aide de cette addition, obtenir des sons plus intenses en- core, surtout lorsque Ton faisait en sorte que les levres de la bou- che et celles formees par les doigts fasscnt mises simultaneraent en vibration. 6 Seance du 25 Janvier 1840. BoTANiQUE : Cnjptogames. — M. Montagne communique a la Societe des observations nouvelles qu'il a etc a mcme de faire sur la structure du nucleus des genres Sphwrophoron, de la famillc des Lichens, et Lichina, de celle des Byssacees. — Apres avoir donne i'histoire abregee des travaux fails sur chacun de ces genres, I'auteur fait conuaitre ce qu'une analyse delicate, secondee par d'excellents instruments, lui a revele touchant leur organisation. Le travail recent de M. Fee sur les thequcs des Lichens, insere dans le Supplement a VEssai sur les Cryplogames des ecorces of- ficinales, conlient ce qu'on saitde plus complet sur le nucleus du genre Sphwrophoron. M. Foe y a vu <• des sporidies tubuleuses, « au moins huit fois plus longues que larges, minces, renfermant « des spores arrondies qui paraissent libres. Elles sont engagees au " milieu d'un tissu noir globuleux se detachanf en bleu sous I'ocil « de I'observateur : elles sont si abondantes qu'il faut une grande « attention pour les decouvrir. » — M. Montagne trouve ces ob- servations trcs exactes, quand au fond ; il Icur manque pourtaut, selon lui, ce degre de precision auquel I'emploi d'un meilleur mi- croscope et de plus forts grossissements permettait seul d'attein- dre. II fait reraarquer, en outre, que M. Fee, qui donne ici a tort, suivant lui, le nom de sporidies a de veritables thequcs ei celui de spores aux sporidies , leur a toutefois lui-meme restitue ailieurs (Supplera. p. 9) le vrai nom sous lequel ces organes sont connus. Le genre 5p/i< — A la suite de cette communication, M. Babinet cite une ex- perience curieuse sur les cbances, qui a ete faite par une personne a qui il avail indique un moyen sur dc gagner a la lotorie ; il lui avait conseille de jouer I'extrait durant un grand nombre d'an- nees, en prenant toujours a cliaque lirage les 45 plus anciens nu- meros. Voulant se convaincre par elle-meme de la certitude du moyen propose, la personne dont il s'agit fit le releve de tous les livres de la loterie depulsson origine jusqu'en 1822, et supposant qu'elle eut joue pendant tout ce laps de temps contre la banque, conformement a I'avis qu'elle avait recu, elle calcula ce qu'une semblable combinaison aurait produit en definitive. Le resultat trouve fut qu'elle aurait obtenu 5,32 dcnumerospar chaque double tirage, d'oii il est facile de conclurequel'avantagecut fini paretre de son cote. — M. Binet entretient la Sociele des resultats qu'ii a communi- ques a I'Academie des Sciences sur les inegaliies seculaires des orbites des planetes. II enonce deux theoremes surle sens des mou- vements seculaires des grands axes des orbiles planetaires, et sur le sens des raouvements des lignes des noeuds. Un autre theoreme, deduit du principe des aires, fait connaitre une nouvelle relation entre les carres des inclinaisons mutuelles des orbites de toutes les planetes considerees successivement deux a deux. Seance dw 21 mars 1840. A I'occasion du proces-verbal de la seance precedenle, M. Daussu prend la [)arole pour conibattre I'assertion qui a ete eraise tou- chant la Constance de la moyenne des quantites de pluie qui tom- bent annuellement a Paris ; il soutient que les quanlites de pluie recueillies a rObscrvaloire sont loin d'etre constantes, comme on le croit generalement, et qu'un laps de 77 ans ne suffit pas pour 23 assurer une moyenne invariable. II rappelle a ce propos les obser- vations qu'il a faites sur la hauteur moyenne de la Seine, et qui prouventque, pour cephenoraene meloorologique,ilfaut enibrasser une serie de pins de 40 annees pour avoir une moyenne qui ne va- rie plus de ■^. La merae conclusion, dit-il, pourrait s'appliquer a la meleorologie en general. — M. Francoeur fait remarquer que rexhaussemeut des eaux de la Seine a Paris est un phenomene tres complexe, pouvant tcnir a plusieurs causes, parmi lesquels il cite la predominance des vents d'ouest, qui doiveut occasionner un refoulement des eaux du fleuve. L'eloment pris en consideration pnr M. Dausse lui senible done pen proprc a faire connailre la quanlite de pluie qui toinbe annuel- lement a Paris. Mathematjques : Calcul dcsprohabillles. — M. Jules Bicnayme annonce qu'il est parvenu a resoudre exacteinent une question de probabiiiles dont il n'existait pas de solution rigoureuse. II s'agit de determiner, parmi un grand nonibre de paquets de cartes pris au hasard dans une grande quautite de cartes de deux couleurs en proportion donnee, combien il pent se trouver de paquets dans les- quels I'une des deux couleurs, designee d'avance, I'emporte sur I'autre. Ce probleme meritait qu'ou en recherchat la solution veritable parcequ'il offre des difficultes speciales, et en meme temps parce- (lu'il est susceptible d'une application interessante. On sail effecti- vement que c'est la traduction fort simple d'une question electo- rale, et M. Bienayme a soin de faire remarquer que I'idee premiere de cette question ne lui appartient pas , mais que la solution qui en a ete donnee peche par la base. Voici I'enonce de ce probleme electoral. On suppose le nombre tres grand des electeurs d'un grand pays partage entre deux opi- nions dans un rapport connu ; on siippose de plus les electeurs re- partis au hasard en colleges nombreux, et Ton demande quel est, avec une grande probabilite, le nombre des colleges dans lesquels la majorite appartiendra a I'opinion qui possede une pluralite connue dans le corps electoral. La solution que ce double probleme avail recueetait fundee sur I'application erronee d'une proposition tres vraie, savoir : que la 24 probabilite de trouver les cartes d'une couleur designee, en pliira- lite daus I'un quelconqiic des paquets, nc depend que du nombre des cartes de ce paquet, et nulleraent du rang qu'il a pu occuper dans la repartition de la masse des cartes donnees. Pour que ce tlieoreme de probabilites conserve toute exactitude, il faut que le paquet considere soit isole de tous les autres, qu'on n'ait aucun egard a la composition de ceux-ci, et que le rapport des deux cou- leurs dans chacun puisse avoir toutes les valeurs possibles. Mais on concoit que si Ton vient a envisager simultanement deux ou plusieurs paquets, la probabilite de la composition de I'un influe sur la probabilite de la composition des autres ; de sorte qu'oa ne pent, sans paralogisme, conclure du theoreme precedent que la probabilite de trouver une couleur en pluralite reste constaute dans une suite de paquets formes d'un egal nombre de cartes ; ou, si les paquets sont inegaux, que cette probabilite ne change qu'a raison du nombre des cartes qu'ils contiennent. Malgre I'erreur evidente de cette conclusion, le hasard a voulu qu'elle influat peu sur la solution numerique qui I'avait prise pour base. Pour expliquer cet effet, M. Dienayme rappellc que les pro- babilites de resultats de grands nombres sont exprimees d'ordi- naire par une integrale, qui se represente dans la plupart des pro- blemes de physique, etc., et dont les limites deoident des limites memes qu'il convient d'attribuer aux valeurs les plus probables. De plus, ces dernieres limites sc composent de deux ternies, dont I'un est proportionnel au nombre des eveuements consideres, tan- dis que le second terme n'est proportionnel qu'a la racine carree de ce nombre. Or, dans la question actuelle, le hasard a voulu que le terme proportionnel au nombre des paquets de cartes, ou des colleges electoraux, n'ait recu aucune alteration de I'inexacti- tude du raisonnement. Elle n'a altere que le second terme, qui de- termine la grandeur des limites des valeurs probables, et qui est seulemenl proportionnel a la racine carree du nombre des colleges. La solution rigoureuse ne modifiera done que letendue de cos li- mites. Mais elle a donne lieu de rectifier dans I'expression du pre- mier terme une erreur de calcul. C'est une de ces erreurs qui, danslcs calculs astronomiques, ont occasionne parfois d'assez vives ton testations, parcequ'on attache aux probleraes qu'ils resolvent line tres grande importance. C'est remission d'une quantite de 25 T'ordre conserve dans rapproxiniation dont ou liiil dependre ce* premier terme. II resulte douc des recherches de M. Bienaynie que les valeurs numeriques fournies par la solution dont il indique le defaut, ne recevront de chaugements notables que dans les limites, mais les valeurs moyennes resteront a peu pres les niemes. Ainsi, par exeraple, on avait trouve que 208,000 eiecteurs, repartis en 440 colleges electoraux, devraient donner a I'opinion qui possede une majorite de -^ (qui compte environ 104,000 contre 94,000), pres de 85 colleges sur 100. La solution rigoureuse changera a peine ^. Apres cela, si on veut comparer cet ecart en des points divers, il faudra supposer qu'on le rapporte a des axes semblables du cer- cle oscuiatour, ce qui roviont a diro quo rfw doit olre cense cons- tant ; et si on veut avoir V alteration dc la forme circulaire, ou ce qu'on propose d'appeler la premiere deviation de la courbure, il A'D faudra prendre le rapport ; ainsi la premiere deviation de la courbure est mesuree par tangS. d^-; ou plus slrictemont par tang 5; puisque du est constant. Apres cela, il est clair quo la ligne qui partage en deux egale- ment la corde inGnimenl petite parallelo a la tangento n'esl autre que le lieu des centres des coniquos qui touchent la proposee par un contact du troisienie ordre ; do sorte que la premiere devia- tion est mesuree par -^. Nous appellerons axe de premiere devia- 3/5 tion la ligne inclinee a la normale sous Tangle S. Quand le rayon de courbure p passe par un maximum ou un minimum, la deviation est nullo, parccque /:.' -— s'annule dans UCi) ces circonstances. 47 A partir du sommet de la parabole ou de I'hyperbole, la devia- tion va croissant au-dela de toutelimite; raais dans I'eliipse elle ne depasse pas uii certain maximum marque par ies points qui cor- respondent aux syslemcs des diameires conjugues egaux ; de sorte que ces memos lignes, qui procurent a I'eliipse une equation iden- tique a celle du cercle, marquent Ies points de son perimetre ou la courbure s'eloigne le plus de la forme circulaire. La courbe dans hMpiellela deviation est constante, est la spirale logarithmique osculatrice. II parait done que c'est par la spirale logarithmique osculatrice qu'on devra mesurer la courbure si on veut considerer a la fois trois elements successifs. II suftit, pour sa determination, de dire que son pole est la projection du centre de courbure de la proposeo sur le rayon vecteur de la parabole oscu- latrice. De memo que dans !e cercle le triangle eleraenlaire forme par deux elements consecutifs est parloul egal a lui memo ; ainsi, dans la spi- rale logarithmique, le trapeze elementaire A BCD est partout sem- blable a lui-meme. On peut done dire que cetle courbe a en tous ses points une courbure sembiable. La seconde deviation de la courbure sera ralleratioii de la forme spirologarithmique , ou I'ecart qui est entre la courbe et sa spirale logarithmique osculatrice dans I'element du quatrieme ordre. Ouand la seconde deviation sera nulle, la spirale logarithmique osculatrice aura un contact du quatrieme ordre , eties points cor- lespondants pourront etre appeles sommeis du second genre. — L'ellipse a quatre sommets du second genre determines par le systeme de ses diametres conjugues egaux ; Ics autres coni- ques en sonl depourvues. — Cette generation des affections suc- cessivesde la courbure parait susceptible d'une extension indeflnie, et la construction des formules relatives a chacune d'elles ne sau- rait offrir de difflcultes. § III. Lois de la premiere deviation dans Ies surfaces. Ces lois so lapportent soil aux deviations de toutes Ies sections normales relatives a un raeme point, soil aux deviations de toutes ces seciions passant par une meme tangente. 1^ Sections normales. On forme I'indicatricede leurs deviations 18 en etendanl jiisqu'au troisiemo ordro la marcbe qii'oii siiii pour former 1 iiidicalrico des amplitudes , et on arrive a ce resullalque : Toute surface se portage en deux sortes de reyions. La premiere sorte est carudcrUeepar cetle circonstauce que . de toutcs Ics sec- tions normalcs relatives a un me'mc point, il y en a Irois qui onten ce point une deviation nuUe, c'esl-d-dire unsommet du premier genre. Pour Us autres regions , il n'y a en chaquc point qu'une seule section normale qui ofjir cctte propriete. Ccs deux sortes de regions confinent entre ellespar des courbes sur lesquelles il y a en cliague point deux sections normalcs a deviation nulle. Ensuite il y a a (ravers ces regions certaines courbes singulieres et certains points singiiliers dans iesquels il pent se presenter encore par excepiion soil deux sections normales a deviation nolle , soil une seule ; et enfin il neut y avoir aussi des courbes on des points isoies dans Iesquels aucune section normale n'offre de deviation nulle. 2° Sections obliques. La loi la plus generale de la deviation dans les sections obliques peut s'exprimer ainsi : Le lien des axes de deviation de toutes les sections relatives a un meme azimuth est un plan. De la plusieurs consequences evidentes : appelons ceplan (PD). Le lieu des normales de tonics ces sections est aussi un plan et notarament le plan passant par le point P et perpendicu- laire a la tangente commune , designons-le par (PN). Cbacunc des sections relalives a la tangenle que Ton considere coupe les plans (PN et PD) en deux droites qui sont respeclive- ment sa normale et son axe de deviation. Done, parnii loules ces sections, il y en a une, et une seule, a deviation nulle ; et la section perpendiculaire a celle-la offre une deviation maximum. Et enfln, si D est cette deviation maximum et rinclinaisou d'une section quelconque sur celle qui donne ce maximum , la deviation d de cette section quelconque est donnee par d =- D cos Q ce qui est tout-a-fait analogue au theoreme donne par Meunier, pour les amplitudes , a la difference pres que la section d'ampli- tude maximum est toujours une section normale , ce qui n'est vrai pour la section a deviation maximum que dans les deux directions de plus grande et plus petite amplitude. § IV. — On pourra rechercher les lois de la seconds deviation 49 et des (Jevialioiis superieuios ile la memo facjon ; et iiotammenl on trouve que le nombrc des sections normales qui ont au point donne un sonimet du second genre est au plus de huit , pouvant etre , en des regions diverses , I'lin des nombres suivants 0,2,4,6,8; mais il sufflra d'avoir donne les lois de distribution des coniques osculatrices. 10 Sections normales. Parmi toutes les sections normales, il y en a au plus six dont la conique osculatrice est parabolique. Et ge- neralement le nombre des sections normales paraboliques est , en des regions diverses d^une meme surface , I'un des suivants 0, 2,4, ou 6. — Avec I'equation de chaque surface , on peul dis- linguer facilement ces quatre sortes de regions. Et il faut reniar- quer que chaque section parabolique marque la transition enlre deux espnces dans lesquels les sections normales ont des coniques osculatrices de genre oppose (eiliptique ou hyperbolique). 2° Sections obliques. Parmi toutes les sections relatives a ud meme azimutb , il y en a au plus deux dont la conique osculatrice est une parabole. Ces deux sections paraboliques separenl des es- paces dans lesquels les coniques osculatrices sont de genre op- pose. — Lorsque les deux sections paraboliques deviennent ideales, toutes les sections relatives a I'azimuth correspondant sont de meme genre, soit eiliptique, soit hyperbolique. Ceci arrive encore lorsque les deux sections paraboliques se confondent en une seule ; mais ce cas se distingue du precedent par la circonstance que toutes ces sections de meme genre , soit eiliptique soit hyperbolique , at- teignent la limite d'une forme parabolique. Nous acheverons I'e- nonce de la loi des sections obliques en disant qu'autour d'un meme point il y a quatorzc azimuth distincts dans lesquels les deux sec- tions paraboliques se confondent. Ces quatorze azimuth separent sur le plan tangent autant d'aires distinctes qui offrent alternative- nient les proprietes que les deux sections paraboliques relatives au meme azimuth sont reelies ou bien ideales. AcousTiQUE : Voix humainc. — M. Cagniard-Latour commu- nique la suite de scs recherches sur la voix humaine. Les dernieres experiences dont il s'est occupe ont consiste prin- cipalement a examiner combien de temps il pouvait, par une seule • xpiration, c'esl-a-diresans reprcndro haleine, souteuir un son de Rxtrait de L'InsHiui, 1840. 7 50 sa voix, et ensuite, pour comparaison, un son dii nieme ton, el autant que possible dc memo iiilensile, qu'il produisait en insuf- flant differcnts appareils ou instruments a vent. Prealableinent ii avail, a I'aide d'un tuyau recourbe, fait passer sous une cloche pleine d'eau, et renversee sur un bain du memo liquide, tout ie gaz d'une seule expiration afin d'en mesurer le volume, lequel, apres plusieurs epreuves, a ete trouve etre raoyennement de tiois litres lorsque I'aspiration prealable avail eu a peu pres loute I'ara- plitude qu'il ctail possible de lui donner. En s'attachant done a faire en sorte que I'expiration, dans chaque experience, produisit toujours a peu pres Tecouleraeut d'un pareil volume gazeux, il a constate que, sous I'influence de eel ecoule- ment, un son repondanl par exemple au la de 425 vibrations simples par seconde pouvail eire soutenu, savoir : 30 secondes avec la voix; 45 avec Ie larynx artificiel forme par I'application de la bouche sur deux doigls ; 50 avec un cor; 25 avec une cla- rinelte, et 10 seulement avec une flute d'orgue. Ces observations et quelques aulres du meme genre que I'auteur a recueillies en coraparanl les sons les plus graves du sifflel de la bouche a ceux correspondanls de la voix, confirment, suivant lui, I'opinion que dans plusieurs de ses precedenles communications II a eraise, savoir : que la voix, lorsqu'elle est grave surtoul, est plulol un son d'anche qu'un son de fliile ou de sifflel. Seance du 9 mai 1840. Hydraulique : Pompes sans sotipapes. — M. de Caligny donne la description d'une pompe sans sonpapes. II fait observer d'abord qu'il suflit de subsliluer la puissance motrice a la resistance a vaincre dans la machine a flotleur oscil- lant, qui a ete I'objet d'un rapport de MM. Cagniard-Lalour et Combes (voir la seance du 30 mars 1839), pour transformer cetle machine en pompe sans soupape. 11 ajoute memo qu'elanl donne un simple luyau vertical enfonce en partie dans un reser- voir, et evase a ses deux exlremites, il suffit d'eraerger periodique- ment un flotleur dans ce luyau pour entretenir un mouvement oscillaloire dans une colonne liqtiide alimentee par le reservoir, et qui jette |)eriodiquemenf de I'eau par le sommet du luyau evase. 4ft 51 Cette niachiiie, coiisideiee sous co point do vue, lui purait etre un des appareils Ics plus puissants et les plus simples qui puissent etre employes a elever de Teau a do petites hauteurs, pour faire des epuisements, au moyen d'une machine a vapeur a simple effet. Quand on veut elever de I'eau a une hauleur plus grande ou raoin- dre que la course du flotteur, il convient alors d'employer un sys- teme do siphons a branches inegales en hauleur ct en diametre, conime dans la pompe sans piston donl M. de Caligny entretint, il y a un mois, la Societe, par occasion, en prevenant qu'il revien- drait sur ce sujet. Or il donue aujourd'hui un moyen do suppri- mer toute espece de soupape dans cet appareil. Ce moyen repose sur ce que si, a I'epoque ou la surface de la colonne oscillante des- cend a une certaine profondeur dans la branche qui est disposee du cote d'oii Ton veut tirer I'eau a epuiser, cette eau est tout na- turellement en mouvement vers cette branche dans un tuyau de conduite, on concoit que ce mouvement pout etre periodiquement eleint a I'epoque qui suit, ou la surface de la colonne oscillante dans cette branche remonte au-dessus de la surface de I'eau a epuiser. Tout I'artifice consistait done a trouver une disposition qui permit de regler convenableraent la course de la colonne os- cillante au-dessus et au-dessous de cette derniere surface. Pour y parvenir, M. de Caligny dispose la jonction de la branche du ver- sement et du tuyau d'arrivee de I'eau a epuiser au-dessous de la limite de la descente des oscillations dans cette branche. En se- cond lieu, il remarque qu'etaut donne le rapport des diametres des deux branches verticales, pour regler la course inferieure de I'os- cillation qui verse de I'eau a une hauteur donnee, il suffit de re- gler convenableraent une premiere fois la longueur de la colonne oscillante dans le siphon. II est clair que si la fontaine dont on veut elever I'eau a un produit assez constant, et que Taction pe- riodique de la machine a vapeur ou du moteur quelconque qui en- tretient les oscillations soil assez reguliere, le systerae fonotionne indefiniment; 11 se regularisera memo par ces deux causes, dont I'une est analogue a un pendule, et I'autre a une clepsydre. On pourrait penser au premier apercu, ajoute I'auteur, qu'il y aurait inconvenient dans la resistance du flotteur si Ton ne pre- nait pas des precautious pour qu'elle ne fut pas trop variable. Mais cet appareil devant etre niu par une machine a vapeur a sim- 52 pie effet, il est clair qu'il n'y aura rien de perdu dans urie ascen- sion faite sous un effort qui n'est pas ncLessairement constant, par la raison memo qu'il ne s'agit que d'uno ascension, et parconse- quent d'une depense (otale de travail ou de force vive. Cette con- sideration dispense de prendre des precautions d'ailleurs faciles a imaginer, et qui dependent speciaiement du calcul. On voit, d'a- pres cela, combien la machine est simple : toutes les pieces sont absolument fixes, a I'exception d'un floiteur souleve verticalement par une chaine sans volant et meme sans balancier. Seance du 16 mat 1840. CuiMiE ORGANiQUE : Pectine , acide pectique; ferments. — M. Fremy depose la note suivante, relative a des communications qu'il avail faites verbalement dans la seance precedente. " 1" J'ai eu riionneur de commuoiqutT a la Societe le resume de raes recherches sur la pectine et I'acide pectique. J'ai fait voir dans mou travail que ces deux corps ne different entre eux que par la capacite de saturation, et qu'ils out !a meme composition elemen- taire. La pectine pent se transformer en acide pectique sous I'in- fluence d'un ferment qui se trouve dans tons les fruits el dans quelques racines. Je crois avoir demontre que cette transforma- tion pent expliquer certains phenomenes qui ont ele observes peu- dant la maturation des fruits. L'acide pectique peut aussi, sous I'influence des alcalis en exces, se changer en un nouvel acide que j'ai nomme acide metapectique , et qui differe de Tacide pectique par la capacite de saturation qui est plus forte. Ces differentes sub- stances sont d'une instabilite remarquable, et s'alterent souvent dans I'eau : je les ai nommees corps de transition. Je crois en effet qu'une substance organique, avant d'arriver a un elat stable, doit passer par une serie de modifications suecessives. C'est une serie de cette nature que j'ai essaye d'etudier dans ce premier travail. « 2° J'ai communique en second lieu la suite des recherches que j'ai eulreprises avec HI. Boulron-Charlard sur les ferments. Nous sommes arrives a determiner d'une maniere precise les circonstan- ces et les agents qui formeut l'acide lactique. Toutes les matieres animates qui agissent conime des ferments ordinaires peuvenl, a la lougue, eprouver une modification qui leur fail prendre une force 53 uouvelle et plus energique. Elles acquiereut en etfet la propriele de transformer on acide laclique, non-seulement le sucre, niais encore la dextrine, les gommes, I'amidon, etc. L'action des ma- tieres animales est paralysee quand on les soimiet a une tempera- ture de 100°. Nous esperons que I'oxameu de ces phenomenes ■lous permettra d'expliquer la formation dos acides dans la vege- tation; il nous a deja conduit a trouver un procede assfz facile lOur preparer de I'acide lactiquo, qui preud, commc on !e salt, de 'importance par ses nouvelles applications a la medecine. Tout le nonde se rappelle que Forge germee contient un principe qui peul ransformer I'amidon eu sucre. et que Ton nomme la diastase; .'orge renferme de plus une assez grande quantite d'une maiierc aniiuale qui peut former de I'acide lactique quand eile a ete nio- difiee. Nous prenons de I'orge germee que nous humectons lege- rement, et que nous conservons pendant trois ou quatre jours dans un flacon bouche. Pendant ce temps, la matiere animale coutenue dans I'orge se modiGe, la temperature s'eleve, et si on vienta sou- mettre, pendant deux a trois jours, I'orge ainsi modifiee dans de I'eau a 40°, i'eau devient fortement acide et contient des quantites assez considerables d'acide lactique. II est evident que dans ce cas la diastase transforme I'amidon en dextrine et en sucre qui se trouvent immediatement changes, sous rinfluence de la matiere animale, en acide lactique. » — M. Martins lit un memoire sur les glaciers du Spitzberg, compares a ceux de la Suisse et de la Norwege. Cette communication donne lieu a une discussion sur la nature iie la cause qui occasionne les fractures des glaciers. M. Martins les attribue a I'inegale dilatation que subissent les diverses parties de ces anias de glaces, jointe a la maniere dont ils sont encaisses paries montagnes environnantes, qui ne leur permettent de s'eten- dre que du cote de la mer. M. Elie de Beaumont defend I'opinion des geologues qui ont vu la principale cause de ces accidents dans le glissement que les gla- ces doivont eprouvor sur un sol incline. II fait observer que les fentes sont precisement dans le sens de ce glissement, c'est-a-diro dirigees perpeudiculairement a I'axe de la vallee, tandis qu'elles seraient tout-a-fait irregulieres si elles etaient dues uniquement a la dilatation inegale des differeutes parlies du glacier. 54 W. Marlins lepond a celte observation, qu'il se pioduil d'abord des fentes impcrceptibles dans tous les sens, mais que celles qui ont uno direction transversale sent seules dans les conditions ne- cessaires pour s'eiargir ; que sans doute Ic poids des glaces su- perieures contribueau phenomene, mais que la plus grandc part d'action doit etre attribuee a I'eau qui tombe dans les fentes, et qui, en s'y consolidant, agit comme un coin sur leurs parols. Seance du 23 mai 1840. M. Babinet propose , pour la mesure des hauteurs par ie baro- metre, une nouvelle formule sans logarithmes, plus facile par- consequent a calculcr que celle dont on fait comniuncraent usage, et dont rexactitude est ties suffisante pour des differences de sta- tion d'environ 1000 metres. Cette formule est : H — /il 2(T + 1 = 16000'". -{1 + ^ ' n+k\ 1000 Hydraulique : Fontaines pour les epuisements. Fontaines ele- vatoires. — M. de Caligny lit la note suivante : " La premiere fontaine intermittenle, ayant la forme du signey, qui a deja ele decrite, et dont j'ai meme execute un modele fonc- lionnant, n'etait point susceptible de rendre des services a I'indus- trie, et devait etre simplement considcree comme un moyen d'ex- pliquer des effets uaturels. Je vais faire connaitre aujourd'hul un nouveau principe, au moyen duquel on peut faire produire a cet appareil des effets analogues a ceux des machines qui ont deja ete I'objetde divers rapports favorables a I'Institut, mais avec I'avan- tage essentiel de supprimer toutes les pieces mobiles. « Concevez un siphon renverse, a trois branches, en forme de T renverse, la barre horizontale portaiit a chacune de ses extremi- tes des paralleles a la branche verticale. On peut encore se repre- sentor I'appareil comme une sorte de petite m renversee, dont les jambages seraient de diverges longueurs et de diverses grosseurs. Supposons un courant etabli de dehors en dedans , par une des branches exterieures, dans la branche du milieu, la vitesse de ce courant sera periodiquement eteinte si, en vertu d'uue cause quel- conquo, au moyen d'uu mouvemeiit oscillatoire de I'eau dans la branche du milieu, Tinlegrale des pressious par rapport au temps, 55 sur le point oii converge celte branche exterieure, est convonablo- ment repartie au-dessus et au-dessoiis dii niveau exterieur d'oii arrive I'eau qui entre par la meme branche. Dans ce premier cas. c'est la pression de la colonne ascendante qui eteint la vitesse dans cette branche. Si, au conlraire, le mouvement est etabli de dedans en dehors dans cette meme branche , il sera periodique- ment eteint par une oscillation convenablement repartie dans la branche du milieu , par suite de la baisse de la colonne de cette branche du milieu au-dessous du niveau de la branche exterieure dont il s'agit. Ces repartitions de chaque demi-oscillation (si Ton pent s'exprimer ainsi pour des portions de courses inegales) peu- vent etre obtenues dans la fontaine intermittente en forme dej', on dans la machine a colonne oscillante, sans flotteur independant de cette colonne , parceque la colonne qui vient de la source motrice oscille par ses deux bouts. De sorte que , pour une hau- teur de course donnee dans un siphon, on pent regler la course au-dessous d'un niveau donne , en reglant une premiere fois la longueur de la colonne oscillante. « Pour coDcevoir maintenant comment on pent tirer parti de ce double principe au raoyen d'une chute d'eau , supposons d'abord que les trois branches de notre petite m renversee aillent en de- croissant de hauteur, la plus longue venant directement d'une source motrice , celie du milieu plus grosse que les autres, debou- chant un peu au-dessus du niveau naturel de decharge de la ma chine, et enfln la troisieme, la plus courte, debouchant au niveau, sensiblement constant, d'une fontaine dont on veut elever I'eau au niveau precedent de decharge par la branche du milieu. II est en- tendu , dans tout cet article , que la premiere branche , celle qui descend de la source motrice , est en forme de /, comme dans I'ancienne fontaine intermittente deja executee. Comme dans cette premiere fontaine, I'eau motrice est periodiquement fournie par la source, au moyen d'une succion periodique d'une colonne liquide remontante. L'eau motrice en chaste une quantite egale a elle- meme au has de la branche du milieu • I'ecoulement de la source cesse ensuite, pour cette oscillation, et le mouvement asceusionnel dans la branche du milieu eteint, pour cette oscillation, la vitesse de l'eau al'fluenle de Texterieur, vitesse qui renait, lorsque, apres un versement par la branche du milieu, la colonne redescend dans 56 cette branche au-dossous du niveau dc la fonlaine a opuiser. " Ainsi , I'eau a epuiser commence a venir se poser sur la co- lonne du milieu on a se meler avec eile, a I'epoquc oii cclle-ci des- cend au-dessous d'elle, et elie est souleveo par la coloan;', du milieu quand celle-ci remonto pour la verser a son somraet. On passe les details, mais il est facile de voir que, si i'appareil est bien regie, le mouvement ne cessera quo periodiquenient , a dcs instants trcs courts, dans la branche qui amene I'eau a epuiser vers celle ou eile converge avec I'eau de la source molrice pour se jeter ensemble au niveau de decbarge. " 11 n'y a presque rien a ajouter pour le cas ou, au lieu d'avoir une machine simplemeot elevatoire, ce sera alors le tuyau du mi- lieu qui sera le plus long, et un mouvement de dedans en dehors, dans la derulere branche, qui ue s'eteiudra que periodiquemenl d'apres les principes ci-dessus, a de tres courts intervalles. Ce sera alors par cette branche que se dechargera i'eau motrice. « Ce qui distingue specialement la forme de la machine pour les epuisements de celle de la machine elevatoire, c'est qu'il est indis- pensable que le tuyau du milieu soit plus gros que les autres dans la machine pour les epuisements, afin qu'il y ail une raison pour que la colonne remonte periodiquemenl dans la branche qui vient de la source, dans le but d'operer une succion periodique de force motrice. On doit observer que dans la branche oil le mouvement, toujoui's dans le memeseus, necesse qu'a des instants periodiques tres courts, le frottement de I'eau, dans cette branche, ne devrait point etre attribuo a la machine, dans le cas oil il serait utile, si cette machine n'exislait pas, que I'eau fiit amenee par cette con- duile a I'endroit oil elie se teimine. On repeterait d'ailleurs ici tout ce qui a ete dit sur les coefficients de ces frottemenls, moindres dans le mouvement oscillatoire que dans le mouvement uniforme. II est entendu que toutes les extremites sout evasees, alin que I'eau entre et sorte avec tres peu de vitesse par de larges sections. " Pour concevoir ce qu'il y a d'essenliel dans le principe expose, il faut se rappeler que souvent, pour eviter de construire des ma- chines a pieces mobiles , et parconsequent sujettcs a des interrup- tions de service et a des reparations plus ou moins frequentes , on a souvent prefcro depenser des oapitaux bcaucoup plus conside- rables pour etablir des reservoirs et fairc le service par un simple 57 systeme de tuyaux. Or, ce serait sirapleraent aussi par uu sysferae de tuyaux , absolumcnt fixes , que Ton ferait le service au moyen des principes dont il s'agit. Je n'ai point la preleolion d'avoir en- core resolu ce nouveau probleme d'une ruaDlere tout-i-fait pra- tique ; je ferai observer cependant que si les niveaux de la source motrice, de la source a epuiser et de la decharge sont "sensible- ment constants pendant des epoques assez longues , les machines dont il s'agit seront reglees comme par de veritables clepsydres, puisque s'il vient un peu trop d'eau a une osclUatioD, il faudra bien (ju'il en vienne moins a la suivante. II etait necessaire d'entrer dans ce petit detail et de prevenir que les autres causes de regula- tion sont trop deiicates pour eire exposees flans cet article. « J'ajouterai que ces principes peuvent ctre consideres comme nn moyen d'utiliser tout moteur capable de [aire osciller une co- lonne liquide dans ttne branche; quand on veut s'en servir pour elever de I'eau ou pour faire des epuisements, les oscillations se transmettant d'elles-meraes a plusieurs branches, comme cela est explique dans cet article. " AcousTiQUE : Voixhumaine.^-M. Cagniard-Latour entretient la Societe de quelques nouveaux essais comparatifs qu'il a fails pour savoir combien de temps il pent, d'une seule expiration, sou- tenir un son avec sa voix, et ensuite un son du meme ton avec une flute d'orgue. D'apres ces essais, il paraitrait l" que le temps pen- dant lequel le son Yocal peut etre soutenu par I'ecouiement d'un meme volume gazeux, diminue a mesure que le ton du son devient plus aigu, ce qui s'accorde avec une observation que I'auteur a faite dans le cours de ses explorations manometriques du larynx humain ; laquelle a montre que la pression dans la irachee-artere augmenJe lorsquc la voix devient plus aiguii, quoique son inteosite resle a peu pres la meme ; 2° que si, dans les tons graves, le son vocal par I'ecouiement du meme volume gazeux peut elre soutenu plus longtemps que celui d'une flute d'orgue, il n'en est pas de meme dans les sons aigus; c'est-a-dire qu'alors, s'il y a quelque dif- ference, elle est en faveur des sons de fliite. Seance du 30 mai 1840. Hydraumoue : Pompe d iuyati mobile. — M. de Caligny com- Ex'.rait de L']t\stilut, 1840. 8 58 luuDique la description d'une pompe a tuyau mobile, dont ie prin- cipe ne doit point etre confondu avec celui de la canne hydrau- lique. " J'ai wrifiepar I'experience, dit-il, que si ud tubecylindrique, portant au-dessous de liii un cntonnoir, de certaines dimensions par rapport aux siennes, est d'abord entierement plonge et main- tenu en repos dans un reservoir d'eau tranquiile , il suffit de sou- lever, avec une vitesse convenable, la portion cyiinJrique.en tout ou en partie, pour determiner un jet ascensionnel beaucoup plus fort que si,au lieu de soulever ainsi I'appareil, on I'enfoncait avec une Vitesse sensiblement p/us grande, pour produire direetement un coup de belier de bas en haut par Ie principe de la canne hy- draulique. Cette experience nc peut s'expliquer par Ie frottement, comme ou s'en est d'ailieurs assure. — Les details de ce pheno- mene serablent meriter d'etre eiudies, parcequ'au nioyen d'un mouvement de va et vient, on eleve ainsi de I'eau, par un principe tres different de celui dela canne hydraulique, dont on peut evi- ter, comme on va voir, les principaies causes de pertes de force Yive. « Supposons que, par une cause quelconque , il y ait une baisse de niveau dans Ie tube cylindrique, et que Ton enfoncel'entonnoir avec une vitesse variable, a peu pres egale a celle avec laquelle J'eauyentre, ilest clairque leseffeis de la contraction de la veine seront presque negligeables, et que Vinertie de I'eau du reservoir donnera lieu de bas en haut a une pression qui, en se decompo- sant sur les parois de I'entonnoir, determinera une sorte de coup de belier, ou plutot une pression bydrauiique sans choc brusque. Ainsi, au lieu de se precipiter dans I'entonnoir, I'eau sera enve- lopjiee et chassee de bas en haut, quoiquo ce soit en vertu raeme de son inertie, etcela se fera sansorcasionnerde mouvement trop sensible a I'exterieur de I'entonnoir, si celui-ci est enveloppe d'une surface cylindrique. II sefera un versement par lesommet dutube cylindrique qui surraonte I'entonnoir, et la colonne rcdescendrait en vertu du mouvement oscillatoire de I'eau, quand meme Ie tube resterait en repos. Mais Ie phenomene change de nature, si Ton souleve Ie tube pour Ie remettre avec son entonnoir dans sa pre- miere position. En effet, supposons pour un moment que I'eau coDtenue dans lo systeme soit solidifiee. II est clair qu'il se produi- 59 rait iin vide coniquo annulaire sous Tentonrioir. Mais, dans I'hy- pothese de la fluidile , celte portion conique annulaire est inces- samment romplie pendant le soulevement, si celui-ci n'cst pas ex- cessivement rapidft. L'eau qui remplit ce vide doit venir princi- paleraent du coto ou la pression est la plus forte, et oil alio est ai- dee par le mouvement deja acquis en vertu de roscillation descen- dants. II resulte de la que, si le lube cylindrique n'est pas assez etroitpour donner lieu a des frotteraents considerables, le soule- vement de I'entonnoir donne lieu a une augmentation d'abaisse- ment dans la surface de la colonne osciilante, au dessousdu niveau du reservoir, ct par suite a une augmentation de i)uissance as- censionnelle pour I'epoqne suivante. Telle est la cause de I'ascen- siondel'eau dans I'experience rapportee au commencement de cet article; elle repose sur un principe analogue a celui de ce qu'on appelle la non pression sur la face posterieure des corps plongos en mouvement. » Si !es dimensions de I'entonnoir sontconvenablementcalculees, il n'y aura que peu de force vive perdue pendant ce soulevement. D'abord, le vide conique annulaire sera rcmpli avec une vitesse pelitepar rapport a celle de la colonne cylindrique, parcequ'il le sera par toute la surface conique de I'entonnoir, en vertu de la pression qui ngit de haut en has sur toute la masse liquide. Quant a la Vitesse resiante de l'eau abandonnee par le mouvement ascen- sionnel de I'enlonnoir, il parait que, sauf ['augmentation de vitesse, dont nous venons de signaler la cause, le soulevement de la par- tie solide de IVntonnoir n'ajouterait rien a la vitesse dans I'espace absolu. On so tromperait merae si, abstraction faite de la vitesse exislante dans I'interieur du systeme, on admetlait, corame s'il elait en enlier cylindrique, que la vilesse avec laquelle l'eau est abandonnee par i'entonnoir fiit loujours, abstraction faite du frot- temenl, egale a la vitesse ascensionnelle de celui-ci. En effet, s'il y acontinuite dans le liquide, la vitesse moyenne de chaque tranche, consideree dans un meme instant, est en raison inverse des sections; si done vous voulez soulever le systeme avec une petite vitesse, il faut depenser la travail nocessaire pour on produire une assez grande dans la parlie cylindrique du tube d'ascensiou, dont la section est petit(( par rapport a ceilc de la bouche de sortie de Ten- tonnoir. 60 " Je me suis assure par des experiences directes que, dans un tube en repos, la perte de force vivo a chaque oscillation est Ires peu de (host! par rapport a la puissance de cette oscillation. On voit, d'apres ce qui precede, que les pertes de force vivedans le present appareil, dispose do facon a ce qu'il n'y ait aucun change- raent brusque de vitesse, provenant de son mouvement, se redui- ront aussi a peu de chose, quand il ne s'agira qued'elever de feau a de petites hauteurs. " Par la raison mcme que la non pression a la face posterieure des corps plonges en mouvement determioait un abaissemenl de niveau dans les nianometres de Du Buat, on ne soupgonnait pas que cela put servir a elever de Teau ; mais toule cause d'abaisse- ment de niveau est une cause d'elevaIionsubsequenle,aunioye[idu principe des oscillations. — Le moteur de cette machine pcut lui communiqucr directeracnt un mouvement circulaire alternatif, si le tuyau est courbe en arc de cercle ; mais la thcorie est alors un peu differente. Lc plan de Tare de cercle pent alors etre dans un plan vertical, au lieu d'etre dans un plan horizontal comme dans la machine de Vialon. Si on a bien saisi cc qui precede, on voit que Ton evite la plupart des pertes de force vive de la canne hydrau- lique et de la machine de Vialon. II est entendu que I'extremiie su- perieure est convenablement evasee, poureviter la perte de force vive dans le versement qui donne I'effet utile. Ce versemcnt se fait, il est vrai, a des hauteurs necessairement un peu variables, mais il a lieu a I'epoque oil la vitesse du tuyauest la moindre, ce quidiminue cet inconvenient, I'evasement sereeourbe en cham- pignon pour effectuer le versement dans un vase annulaire au mi- lieu duquel le tuyau oscille. >• Mecamque APPLiQUEE : Batcuux aqua-moteurs. — Le meme numbre communique la description d'un systeme de voiles mo- biles qui ne seraient pcut-etre pas applicables utilement a la navi- gation, mais qui pourraientoffrir de I'interet, pour I'enseignement de la mecanique, dans un tableau de transformations de mouve- ment analogue a celui de Lanlz et Britancourl. 11 avail dcja com- munique celte description, il y a plus de huit ans, a plusieurs in- genieurs des ponts-et-chaussees. " Etant donne un moulin a vent ordinaire, suppnsez pour un 61 moment qu'il soil en repos, ia lorce du venl donl la direction est par hypothcse parallele a I'axe se decomposera en deux sur les ailes, une parlie tendra a lesfaire tourner, et I'autre a lespousser dans le sens de I'axe. II est clair que si I'angle d'un element de I'aiie avec la direction du vent est assez petit, la portion dc la force qui tend a falre tourner I'aile sera plus grande que celle qui lend a la repousser dans le sens de I'axe. Si done le mouvement de rolalioD de I'aile se transmet a des roues analogues a celles des bateaux a vapeur, ou a des roues ayant un point d'appui suffisant d'un autre genre, ou concoit deja que la force du vent peut servir a faire remonter dirictetnent un bateau centre le vent, sans courir de bordees. Cela semble absurde au premier apercu, mais en y re- flechissant on voil que cela peut etre rationuel, puisque Ton salt que le navire qui court des bordees, avance en definilive contre le vent par suite d'une decomposition de forces sur un point d'ap- pui qui seulement est d'une autre nature. " Nous n'avons encore presente que Petal statique, ou tout au plus ce qui se passe a la naissance du mouvement. Mais, pendant le mouvement, la conclusion precedente est encore plus facile a saisir, quand on a egard au principe de la transmission du travail. En effet, abstraction faite de la decomposition de forces que nous venons de considerer, pour que le bateau avance contre le vent , il suffit que le travail resistant du choc de I'eau sur le bateau et do la resistance de I'air sur tout le systeme, pour une vilesse de pro- gression donnee, ne soit pas plus grand que le travail des ailes sur les loues laterales, abstraction faite, bien entendu, des pertes de force Vive qui ont lieu dans tons les genres de transmission de tra- vail analogues. II est done evident que si la vilesse de rotation des ailes etant toujours assez grande, la vilesse du bateau ue depasse pas certaines limites, les deux quantites de travail moieur et re- sistant se contrebalanceront d'elles-memes, et qu'il y aura progres- sion du bateau, puisque, dans le cas contraire, il y aurail travail moteur sans travail resistant. On voil d'apres cela qu'i! n'est nul- lement necessaire de se priver des avantagi^s que pourronl donner des inclinaisons ordiuaires sur la direction du vent, pour profiler de I'avantage que procurerait un angle plus aigu , seulement d la naissance du mouvement. « II y aurait lieu mainienanl a examiner quel est le meiileur 62 systeme d'ailes, soil que le moteur fiit le vent et le point d'appui I'eau, soit que le moteur fut une riviere et le point d'appui un che- min de fer, par exemple. M est clair que, d'apresle principe de la transmission du travail qui vient d'etre considere, ii ne serait point rigoureusement impossible d'employer toutc autre espece de roues, par exemple une roue analogue a reaction ordinaire. Mais con/me il faut tenir compte du travail resistant du fluide sur le fond de la roue, un systeme d'ailes mobiles analogue a celui dont on a parle serait peut-etrere qui remplirait le mieux le double but de cet appareil, malgre la perte plus considerable de force vive sur les aiies. Au resle ces considerations ne pcuvent elre etudiees que par I'experience, les resistances elles-memes etant modifices par le systeme de recepleurs. J'ai simplement pour but, dans cetto communication , de presenter des ideos rationneiles sur un sujet dont on s'est depuis longtemps occupe en Angleterre. Mais il n'est pas prouve que Ton ait bien saisi I'elat de la question, du moins si I'oD s'en rapportc a ce que Partington dit du travail de Desqui- nemare ( voy. The Century of inventions of the marquis of Wor- cester, etc., London, 1825, p. 17). 11 doit paraitre assez singulier aux personnes qui ne connaissent pas les vrais principes de la trans- mission du travail, que la force du vent puisse servir a faire re- monter un bateau directement contre le vent , et que I'eau d'une riviere, au lieu d'etre un chemin qui marche , contienue une force raotrice qui puisse faire remonter contre son courant une sorte de voiture surun chemin de fer. Ces considerations, abstraction faite d'ailleurs de toute application utile, m'ont paru assez nouvelles, du moins en France, pour etre presentees aux personnes qui s'oc- cupeut des combinaisons de la niccanique rationnelle. II ne faut point en effet confondre ce genre de considerations avec celles doni se sont occupes le marechal de Saxe et plusieurs mecaniciens de son temps. » — M. Liouvilie presente quelques remarques sur le nombre e qui sert do base aux logarilhmes neperiens. 11 fait observer que la methode Ires simple dont on fait usage dans les elements pour prouver que e est irrationnei , pent aussi s;'rvir a demontrer que ni ce nombre e, ni son carre, ne peuvent etre racines d'une equa- tion du second degre (complete ou incomplete) a coefficients ra- tionnels. 63 Seance du 6 juin 1840. • M. Liouville indique les princi'pes d'une melhode a Paide de la- quelle on peul trouver directement tous les cas d'integrabililo de reqiiation de Riccali, c'est-a-dire tous les cas dans lesquels I'ia- connue qni depend de cette equation pent s'exprimerenemployant, un nombre limitL' de fois, lessignes algebriques, exponentials, lo- garithmiques, et meme le signeyd'integration indefinie. Meteorologie : Electricite atmospherique. — RI. Peltier com- munique les observations qu'il a faites sur I'etat electriquede I'al- niosphere le 2 juin dernier, et sur Torage qui en est resulte. L'at- tuosphere, qui est ordinairement positive, fut dans cette journee fortemeut negative, atelpoint, cntredeux et trois heuresdel'apres- midi, qu'apres avoir equilibre un electroscope a la bauteur d'uL metre cinq decimetres, il suffisait db le lever d'un seiil decimetre pour que les feuilles d'or chargees d'electricite negative allassent frapper les armatures ; de meme, si de la bauteur de I'equiiibra- tion on baissaitTelectroscope d'un decimetre, les feuilles chargees d'electricite positi\e allaicnt egalement frapper les armatures. A. deux heures cinquante minutes, les feuilles de I'electroscope, leve a un metre buit decimetres, frapperent avec une grande rapidite les armatures pendant quatre a cinq secondes, et on entendit im- mediatement apres le premier roulement du tonncrre. Les cou- rants temoignerenl aussi que toute )a portion inferieure de I'atmo- spbere etait negative ; consequemment la surface de la terre et les corps places dessus etaient posilifs par indueace , ce qui est con- traire a I'etat normal. C'est, suivantlM. Peltier, pendant cesora- ges negatifs, qu'etant rendus posilifs par influence, nous nous sen- tons indisposes, landis que les orages positifs ne faisant qu'aug- menter notre etat negatif naturel, ne nous impressionnent pas ou tres peu. — Pendant cet orage, le tonnerre gronda presque tou- jours, et la foudre tomba sur plusieurs maisons ou elle fit ses de- gats ordinaires ; elle se divisa en autant de ramifications qu'ello trouva de conducteurs. M. Peltier fait remarquer les effets sla- tiques d'attraction et de repulsion qui eurent lieu dans la rue Amelie et dans le passage Saint-Maur. Dans les pieces du rezde- chaussee, on vitdes portions de carreiagcenlevees et un tapis rc- tourne; une plinthc dcchiree en lambeaux fut lancee a quelque 64 distance, et les platras des tefesde^heminecs projetesen tout sens. Des chocs electriques tres iotenses ont ele rt-ssenlis par des ou- vriers dans le passage Saint-Maur, ou un globe de feu, paraissant surle sol, lanca unepierre au loin; un acacia dans la cour parut un instant tout en feu. Seance du iZjuin 1840. Electro-chimie : Affiniles dcl'oxigene et de I'/iydrogene pour certains corps. — M. Edmond Becquerel lit I'extrait suivanl d'un raemoire ayant pour titre : Recherches sur la decomposition elec- tro-chimiquc de I'tau. « Quand on soumet a Taction decomposante de la pile de I'eau te- nant en dissolution des substances qui ont de I'affinite pour I'oxigene ou I'bydrogene, ces substances aident a sa decomposition. Si, par exemple, Ton verse dans un vase de I'eau tenant en dissolution du chlore, el qu'on y plonge deux electrodes en platine en relation avec un petit coup'e a la Wollaston, de 4 centimetres carres et faiblement charge, I'eau est immediatement decomposee ; I'oxi- gene seul se degage au pole positif, tandis que I'bydrogene, a I'au- tre electrode, so combine avec le chlore pour former de I'acide chlorhydrique ; il y a en outre un peu d'oxigene absorbe, comme nous le verrons plus loin. Mais si, au lieu d'employer un seul couple, on en prend trois ou quatre, ou un nombre sulfisant pour decomposer I'eau acidulee, il se degage alors de I'bydrogene au pole negatif, comme il est facile de le concevoir; dans ce cas, la quantite d'hydrogene est telle qu'elle ne trouve pas, a I'instant ou elle est a I'etat naissant sur la lame de platine, tout le chlore ne- cessaire pour former de I'acide chlorhydrique, car il faut un cer- tain temps pour qu'il arrive du chlore des parties eloignees du li- quide. — Cette experience montre que Ton peut decomposer I'eau avec un seul petit element ordinaire, fait qui n'avait pas encore ete observe. On savait neanmoins que, dans des circonstances partiuulieres, comme dans I'appareil simple a degagement d'oxi- gene, tel que la cciviu mon pere, la simple reaction de I'acide ni- trique sur la potasse produisait un courant electrique capable de decomposer I'eau. — Si Ton dissout dans I'eau des scis dont les bases peuvent se suroxider, tels que le sulfate de protoxide de fer. 65 on decompose encore la solution avec un seul couple; dans cocas, il y a seulenient degagement d'hydrogene au pole negatif. « Ces principes vont nous scrvir pour comparer I'energie avec laquelle quelques substances se corabinent entre ellcs. Volci com- ment nous avons opere. « On a d'abord pris deux vases munis chacun de deux electro- des en platine ; deux des electrodes communiquaient ensemble, et les deux autres furent mis en communication avec les poles d'une pile a auges; I'un des vases renfermait de I'eau chloruree, etl'au- Ire de I'eau acidulee. En prcnant successivemeut deux, trois cou- ples de la pile chargee d'eau acidulee, il n'y eut aucun degage- ment de gaz dans les deux vases. Avec quatre couples, I'eau aci- dulee et I'eau chloruree furent decomposees. Dans cette derniere il n'y eut, commc ci-dessus, qu'un degagement d'oxigene; mais en augmentant le nombre des couples, I'bydrogene commenca a se degager dans I'eau chloruree. En examinant les resullats compris dans mon memoire, on voit que, dans le vase contenant de I'eau chloruree, n'on-seulement de I'hydrogene a ete absorbe, mais en- core de I'oxigene. On reconnut facilement cet effet en recueillant les gaz degages, car, d'apres le principe de M. Faraday, la mcme quaniite d'eau a du etre decomposee dans les deux vases. « On a pris ensuite quatre vases semblables aux precedents et communiquant ensemble , de facon que le courant d'une pile passat egalement dans les quatre vases. Dans le premier on rait de I'eau chloruree, dans le deuxiemo de I'eau bromuree, et dans le troisieme do I'eau ioduree. Le quatrieme, contenant de I'eau aci- dulee, servait de volta'imelre. On tit ensuite passer un courant electrique dans ce systeme, et on mesura I'absorption des gaz de- gages dans ces differents vases. On a des resultats assez conipara- bles en ayant soin de prendre des solutions de chlore, de brome et d'iode, de maniere que ces corps soient en proportions atomiques egales, en n'employant que de faibles courants, et en prenant d'au- tres precautions indiquees dans mon memoire. Les nombres sui- vants representent les rapports d'absorption de I'hydrogene et de I'oxigene par le chlore, le brome et I'iode : Ile chlore, d'22 le brome, 712 i'iode, 212 Bxtrait de L'lnstitut, 1840. 9 66 I le chlore, 169 Absorption de I'oxigene par <. le brorue, 380 I I'iode, 469 « Comme plus les corps dissous dans I'eau onl d'affinile pour I'hydrogene ct I'oxigene, plus la ([uantite des gaz absorbes est grande, 11 s'l'nsuit que ces iioinbres monirent Tenergie avec la- queile les gaz (jui entrenl dans la composition de reau se combi- nent avcc le chlore, le brome ct I'iode. II sera curieux do voir si ces nombres seronl les memes que ceux que Ton trouvera par le precede de mon pere pour mesurer raffiniledes corps les uns pour les autres. Du reste, je ne presente ces resultats que comme I'in- dication d'un procede a suivre pour comparer les aflinites de que!- ques corps les uns pour les autres. " J'ai place dans la seconde partic du memoire I'elude que j'ai faite de Taction dos eponges de platine et d'or sur I'oxigene et I'hy- drogene, lorsque ces eponges fonctionnent comme electrodes d'uno pile. J'ai reconnu que ces deux sortes d'eponges absorbent les gaz a peu pres dans les memes proportions, et que le rapport de I'ab- sorption de I'hydrogene est acelle de I'oxigene coranie 2,5 est a 1 , ou a peu de choses pres. " AwATOMiE zooLOGiouE : Acephulocystes du corps de I'homme. — M. Natalis Guillol presente des observations sur les acephalo cystes du corps humain, sur le developpement dc vaisseaux dans leurs parois, sur la communication de ces vaisseaux avec ceux dos parties voisines, et la transformation des acephalocysles en veri- tables kystes pojrvus de parois vasculaires. — U resulte de ces re- cherches que les acephalocystes viennent quelquefois adherer aux tissus du corps de I'homme par une sorte de greffe ; que des vais- seaux developpes primilivement sur la coque acephalocysle ser- vent a cetto union ; que ces vaisseaux, comme beaucoup de vais- seaux de formation nouvelle et secondaire, sont d'abord isoles de la grande circulation et sans communication avec elle, faits deja developpes par M. Guillot dans d'autres memoires presentes a la Societe en 1837 et 1838; que ces appareils vasculaires, isoles d'a- bord, communiquent ensuite avec les vaisseaux du corps humain, i|u'ils se niodifient alors en s'accroissant, changent tout-a-fait de forme el de rapports, et ne lardent pas a se confondre et a rentrer I 67 duns les limiles oidinaires do la graude circulation, en dehors de hKiuelle lis ont pris naissance. ^— M. Doyere prend occasion de la communication precedente pour faire remarquer que c'est par erreur qu'on lui aitribue d'a- voir dit que la couche interne des acephalocysfes renfermait des concretions niicroscopiques de carbonate de chaux. C'est dans les cysticerques qu'il a observe de semblables concretions, et I'e- tiide des acephalocystes lui a au contraire prouve que les globules de la membrane interne de la vessie acephalocyste etaient d'une nature toute differente. — M. Doyere, abordant ensuiteles opinions que vient d'emettre M. N. Guillot, rend un compte detaille de I'e- tat de la science relativement aux acephalocystes et aux vers vesi- cuiaires en general. II fait ressortir tout ce que I'observation de M. Guillot, ou, pour mieux dire, les interpretations qu'il a donnees des fails observes par lui, offrent de contraire a ce que I'on sait touchant la nature de ces etres d'une organisation si inferieurc. 11 insisle surtout sur ce qu'aurait de contraire a I'idee qu'il est per- mis de s'en faire, cette transformation en un etre ayant des vais- seaux propres, des vaisseaux a sang rouge, des vaisseaux en com- munication directe avec le systeme sauguin de I'homme ou de I'a- nimal chez lequel on observe les acephalocystes. M. Doyere ter- mine en faisant observer que I'enveloppcment de beaucoup de vers vesiculaires par des kystes est un phenomene bien connu, et il ne croit pas que la communication vasculaire des kystes avec I'animal qui les renferme soit un fait nouveau. Ce sont probablement ces kystes que M. Guillot a consideres comme une transformation de I'animal. Un fait restera toutefois, s'il est demontre, entierement propre a M. Guillot ; c'est I'observation de la formation isolee du systeme vasculaire du kyste dont il s'agit, avant toute communi- cation avec les tissus ambiants. — M. Jules Bienayme donne I'enonce de quelques proprletes des moyennes arithmetiques de puissances do quantiles positives. II rappelle d'abord que diverses questions de mecanique el de pro- babilites ont conduit depuislongtemps a deraontrer que la moyenne arithmetique des carres de plusieurs quantites est plus grande que le carre de la moyenne arithmetique de ces quantiles. On pent «uoncer ce (heoreme d'une a\itre maniere, ol dire que la racine 68 carree de la nioyenne des carres de certaines quantites est toujours plus grande que la nioyenne de ces quantites. On voit alors plus aisement que cette proposition n'est qu'un cas particulier d'une autre plus generale, qui consiste en ce que la racine d'un degre quelconque de la nioyenne arithmetique des puissances de meme degre, est toujours plus grande que toute expression sembiable dans laquelle le degre est inferieur. C'est ce qui s'indiquealgebri- quenient en disant que la valeur de 1 croit ou diminue toujours avec m. Cette proposition et plusieurs consequences qui s'en deduisent sur les grandeurs relatives des moyennes de puissances sont sus- ceptibles de nombreuses applications analogues a celles qui depen- dent simplement de la nioyenne des carres. On en conclut, par exeniple, que 1 a i+aa + a, +....+ a„ / „^ „^ „^ a„\ a, + «2+.... + a" On savait deja qu'au contraire 1 ai + flj -f-....-fa„ / \n Stance du 20 juin 1840. M.; Catalan communique un theoreme sur la reduction d'une integrale multiple. M. Poisson a demontre synthetiquement la formula (;xV/'m2 + n2+p2)d^; laquelle trouve son application dans I'integration des equations du son. 69 M. Catalan a trouve uue formule, qwi comproiid ia pieocdeiile e! qui s'appliqiie a une integrale multiple d'ordre quelconque. Celle formule est : y(«,A)dM, .(1— M,2) re— J a fn — "2" Dans le premier membro, les limites des integrations sent donnees par Dans le second, A represente \/ »j,2 uj_ w^^2 ^ ^^2. ZooLOGiE : Nature de la Spongille fluviatile. — M. Laurent annonce qu'ayant poursuivi ses recherches relatives au degre d'a- nimalite et au mode d'individualitede la Spongille fluviatile, et par analogie des Spongiaires en general, ilvient de recueillir des faits nouveaux qui lui permettront de donner peut-etre une solution des questions encore problemaiiques relatives a la nature de ce corps organise. Connaissant deja les corps oviforraes de la Spongille decrits par IVlM.Dutrochet,Raspail,GervaisetTurpin,il avail eul'occasion d'ob- server des Spongillestresjeunes, encore libres, et se mouvant dans I'eau au moyen de cils. II les avail montrees aM. de Blainville, eten avail presentequelquesindividusa I'Academiedes sciences, en juin 1839.Ces corps lui avaient paru alors avoir une forme spherique,et ils etaienl tous morts avant de se fixer definitivement. Dansle cou- rant du mois demai dernier, il est parvenu ase procurer un grand nombre de masses spongillaires surlesquellesil a pu observer, exls- tant, soil separemenl, soil simultanement, les corps oviformes et les ovules, ainsi nommes par M. Grant dans les liponges , et qui, sortis de la Spongille-raeresemeuvent librement pendant quelques jours dans I'eau. II a vu sorlir des corps oviformes une substance glutineuse, blanchatre, qui ne renfermait point de spicules sili- ceuses, et qui, s'etendant en nappe sur la surface des corps ovi formes, devenait bientot une Spongille spiculifere. II a vu aiissi les 70 corps ovulitornies soitir de la mere, nou par le tube, mais toujours pardesosculesqui so I'ormaient autour des ovules, par dehiscence de I'enveloppe fxterieure.Ces Spongillos libres, et paraissant cboi- sir !es lieux ou elles veuleiU se fixer , s'appliquent enfin sur les corps qui soma leur porleeet yadbertMit pour toujours tant qu'elies vivcnt. II en a vu se detacher des I'ragaients protoiformes, qui parcouraientun millimetre on cinquante minutes. I! a cu enfin Toc- casion de coustater (jue les Spongilles, qui mcureut et se decom- poscnt sous diverses influences, presenteut,soitdansleur interieur, soil a leur surface, des sortesde gerraes qui, joints aux corps ovi- formes, aux ovules et aux fragments detaches, constituent unequa- irieme sorte de corps reproducteurs. M. Laurent annonce que, s'occupant d'un travail sur I'anato- inie.la physiologic, lapathologie et I'liistoire naturelle dela Spon- gille (luviatile, il se propose de faire a la Societu de nouvelles communications sur tons les points qui pourront I'interesser, sur- tout a I'egard du mode d'individualite de ce corps, qui est encore oontroversee. Seance du 27 jiiin 1840. Chimie organiqi:e : Guarana. — M. Berthemot communique uu resume des recherches qu'il a faites, en con)mun avec M. De- chatelus, sur une substance vegetale nonimee guarana au Bresil. II resulte des experiences de ces deux chimistes : 1° Que les semences du Paulhinia sorbilis, qui foimeut en en- tier le guarana, renfermwit, iudepcndamment de la pulpe : de la gomme,de I'amidon, une raaliere grasse huileuse, de couleur ver- datre, de I'acide tannique qui colore les sels de far en vert, et une substance crislallisable qui est de la cafeine ; que ces memes se- mences contiennent I'acide tannique en combinaison avec la ma- tiere cristallisee, et (ju'on pent en retirer directement cc compose sous forme cristalline, en abandonnant a elles-memes soitles iu- lusions aqueuses, soil les dissolutions dans I'eau des extraits al- cooliques ou etheres. 2° Que le produit insoluble dans I'eau et I'ether, qui se rencon- tre aussi dans le guarana, n'cst point une matiere resinoide,quoi- qu'clle en ait I'apparence, mais bien une combinaison qu'on peut 71 reproduire, et qui se forme aux tlepens du sel cristallisable, soit lorsqu'ou evapore ses dissolutions aqueuses, ou bieii quand on ex- pose tour a lour au contact de Pair, de I'humidite et de l;i chaleur, les fruits du Paulhinia dans la preparation du guarana. 3° Que I'alcool est lo seul vehicule qui enleve en totalite au guarana scs combinaisons salines, dont il devient ensuite facile d'isoler les composants en traitant les teintures alcooliques par la chaux ou I'oxide de plomb hydrates ; ce qui donne d'une part des lannates insolubles, et de I'autre la matiere cristalline. 4° Qu'enfin la matiere cristalline, a laquelle on avail d'abord donne le nom deguaranine, en raisou du produil d'ou elle est re- tiree, et qu'on avail regardee comrae un alcaloide nouveau, n'est pas autre chose que de la cafeine; seulement eettc substance est beaucoup plus abondante dans les fruits du Paulhinia sorbilis que dans aucune des plantcs d'oii ou I'a extraite jusqu'ici. ZooLOGiE : Spongilles. — M. Laurent ajoute a la notice sur les corps reproducteurs de la Spongrlle, qu'il a communiquee dans la seance precedente, les considerations suivantes qui resultent des recherches qu'il poursuit, et qui tendeul a ne point regarder comme generalement vraies les vues tlieoriques de Wagner en ovologic animale. II resume ces considerations ainsi qu'il suit : 1. Les corps reproducteurs libres des Spongilles libres, nommes ovules par M. Grant, qui a figure ceux de la Spongia panicea, peuvent etre consideres comme des ceufs ou corps reproducteurs gemmiformes, en raison de ce qu'ils sont une extension du tissu intimedecesSpongiaires; et cesgemmes, apresleurdeveloppemenl embryonnaire, se separent du tissu de la mere, sortent du corps de celle-ci, soit direcleraent par des oscules formes au-devant d'eux, soit par les oscules qui s'ouvrent dans la grande lacune du couranl sous-cuiane qui les pousse au dehors par le tube, soit enfln paries mailies du reseau spiculaire qui survit al'atrophie du tissu de la raeie. Ouelques-uns de ces corps gemmiformes, qui n'ont pu sorlir, seflxent dans le lieu ou ils sont emprisonnes, et, en se deve- loppant dans la mere, confondent leur tissu avec le sien. Ces corps reproducteurs des Spongilles se forment exactement comme dans les liponges, ou M. Grant les a observes et decrits, et non figures, par une agglomeration spherique de granules continus 71 au tissu de la mere. On ne voit jamais, a I'origine de ceKc forma- lion gemmulaire, rien qui ressemble a uuo vesicule de I'lirkiuje; I'emhryon lui-meme, lorsqu'il est circouscrit par uue membrane enveloppante, peut seul etre considere comme cette vesicule dii germo. 2. Lis portions de tissu animal de Spongille qu'ii a vus so deta- (aclier nalureilement sont aussi libres et mobiles. Celte sorte do corps reproducteurs, qui sont proleiformes, sont de veritdbles frag- ments nalurels, ce qui constilue un premier mode de scissiparile des Spongiiies, c'est-a-dire la scissiparile naturelle, pour la distin- guer dt; la scissiparile artilicielle qu'on obtient dans Its experien- ces. II no faul pas confondre les deux sortcs de fragments repro- ducleurs, qui ont des caracteresdiffereutiels. 3. En outre de ces deux sortes de corps reproducteurs qui ser- vent a disseminer I'espece, les Spongiiies, et probablenient les Eponges, se propagent sur place : 1° par des corj)S oviformes qui vomissent la substance glutineuse non spiculaire encore, qui so transforme ensnite en Spongille, oil Ton distingue plus laid les memos elements analomiques que dans les embryons gemmifor- mes libres ; 2" par une deuxieme sorte de corps geramiformcs qui apparaissent sous foime de points spberiques blanchalres, qui n'out jamais de coque, et qu'on voit s'etendre progressivement soil a I'interieur, soil a la surface de la charpente spiculaire de la mere, qui est morte sans la reproduire par I'un des trois modes indiques ci-dcssus. Dans les fragments de Spongille, dans les corps oviformes et dans ceux gemmiformes Axes, ©n ne voit egalement a I'origine au- cun indice de vesicule du germe ni de vesicule vitelline. C'est la substance du fragment, du corps oviforme ou gemmiforme, qui constilue ie germe proprement dil; ainsi la Iheorie ovoiogique de Wagner necomprend point lous les fails qui ont ete formules d'une nianiere vague, ii fSi vrai, par Harvey, dans sa definilion de I'oeuf en ces termes : Omnc vivum ex ovo, diversa primordia diverso- rum viventium... conveniunt in uno primordio vegetale. Ce pri- mordium vegetale est le blasteme des zootomistes allemands, ou le cambium animal que M. Laurent a designe sous le nom de tissu bUisttnx. JVl. Laurent presenie deux sorlcs de corps reproducteurs des 7'6 SpoDgilles, savoir ; ot'ux gemmiformes libres, et ceux oviformes qui ont vomi la substanco glutinouse qui reproduit los Spongilles sur place. Seance du 4 juillet 1840. ZooLOGiE : Reproduction des Spongilles. — M. Laurent annonce qu'il est parvenu a determiner de noiiveaux fails reialifs a ce point d'ovoiogie et de zoologie. On connaissait deja les corps oviformes qui ontun gouiot le plus generalement dirige en deliors et versant leur substance glutineuse par I'ouverlure exlerieure de ce gouiot. On aurait pu croireque ces corps oviformes, regardes comme des sortes de graines par les naturaiisies qui ont cru devoir conside- rer laSpongille comme un vegetal, avaient tons la meme forme ; cependaut il n'en est point ainsi, puisque M. Laurent met sous les yeux de la Societe une nouvelle sorte de corps oviformes qu'il dis- tingue deceux deja connus et formes dans I'arriere-saison paries caracteres suivants : Les corps oviformes de premiere saison sont sans gouiot, acoque plus mince et plus petite que dans ceux de I'arriere-saison, opaques etdecouleurjaunatrequandilssontpleins,bruns-verdatresettrans- lucides lorsqu'ils sont vides et versant leur substance glutineuse par une fente ou uu trou sur un point oppose a celui ou se trouve le gouiot dans ceux de I'arriere-saison. Ces corps oviformes de premiere saison se vident ou versent leur contenu peu de temps apres qu'ils sont arrives a leur raaturite, tandis que ceux de I'ar- riere-saison ne versent la substance glutineuse qu'au printemps suivant. Ce mode de reproduction par deux sortes de corps ovi- formes chez la Spongille doit-il etre rapproche du meme pheno- meae observe sur plusieurs varietes ou races du Figuier commun {Ficus carica) , qui donnent deux recoltes par annee, savoir ; l°Des figues-fleurs ou Agues d'ete; 2° les figues d'automne ou d'arriere-saison. A I'egard des corps gemmiformes (ovules de Grant) , qui sont destines a se separer de ia mere, M. Laurent a constate qu'un certain nombre de ces corps meme apres s'etre de- taches du tissu de la Spongille, sont cependant retenus, et se deve- loppent dans les alveoles de la charpenle spiculaire de la mere, surtoutlorsque la dcchirurc de la membrane interne n'a pas eu lieu sur le point correspondant. Extraitde L'Inatitut, 4 8A0. 10 74 M. Laurent est port^a eroire quequelques embryonsdeSpoiigillts libres sortent par le tube au sommet duquel est I'oscule commun ; mais le plus souventcesembryons lib res sortent par lesoscules ex- terieurs, qu'il faut bien distinguer des oscules interieurs ou sous- cutanes. Ces observations lui permettent de reunir dans un meme groupe les corps genimiformes ulterieuremont libres aux gemraes ou sortos de tubercules ou cayeux qu'il a vu pousser sur le corps presfjtie entierement mort des Spongilles, qui n'ont produit aucune autrt» sorto de corps reproducteurs. M. Laurent termine celte communication en faisant rcniarquor qu'une erreur s'est glissee dans la notice : Nature de la Spongilte. comprise dans I'extrait de la seance du 20juin , et inseree dans Vlnstitut u° 340, S^annee, page 223, au iieude Corps oviformes ou les ovules , etc. , il faut lire (lignes 17 et 18) Corps oviformcs et les ovules. — A la suite de la communication de M. Laurent, M. Peltier rappelledeux communications qu'il a faites a la Societe, le 18 juiu et le 19 novembre 1836. La premiere etait relative a la soudurc des bras des Rhizopodes, appartenant au meme individu, souduro qu'il ne vit jamais avoir lieu entre les bras d'individus differents. La seconde eut lieu sur une reproduction des Arcelies par ecoule- ment de substance; acette derniere, il ajouta un autre exemplc de generation par ecoulement de substance non spontane, qu'il ob- serva en 1830. M. Peltier avail mis entre deux verres, sous le mi- croscope, une goutte d'eau dans laquelle il y avail une tres grosse Lucophre vesiculeuse de Mulier ; en pressant quelque pen les deux verres, la compression fit crever la membrane exterieure, et il en sortit une centaine des globules qui remplissent I'animal. Beaucoup de ces globules s'eparpilierent dans leur projection par la pression, d'autres se trouverent rass; mbles dans un espace assez limite. Les premiers resterent independants, etl'on n'y remarquait que le mou- vement de treraulation des corps legers. Les globules de la portion agglomeree, au contraire, se rapprocherent peu a pen, se grou- perent, et enfln, au bould'uncheure, ilsformaient une sphere dont le brillant un peu nacre du contour indiquait la formation d'une membrane. Au bout dedeux heures, on apcrrevait au pourtonr Ic rellcl du liquideen nionvemenf, et peu apres on vit les oscillations 75 (le cils tres lins, A ce momenl la Lucophre 6tait complete, el bien- totapres elle tourna sur elle-meme, puis enfin elle changea sponta- nemenl de place, et parcourut la goutte d'eau. Alnsi cetle petite Lucophre fut produite a i'exterieur par i'agglomeratioD do la sub- stance que I'on avail fait sortir mecaniquement de la mere. Siance dull juillet 1 840. BoTANiQUE : Cryptogames. — M. Montagne lit une note ayant pour litre : Considerations succinctes sur la tribu des Lamina- riees et caractere du nouveau genre Capea , appartenant d cette tribu. L'auteur apres avoir donne I'histoire du genre Laminaria, de- puis sa fondalionpar Lamouronx, et de ses denienibrements suc- cessifs jusqu'acejour, ou il ost devenu le type d'une tribu lout eutiere, passe en revue les caracteres qui out pu servir de base a retablissemenldesneufgenresquilacomposenletquisonl : Durvil- teaBory, lessonm Bory, Macrocystis\g.,Phyltospora kg.,Eck- toniaUornem., Laminaria Larax., A g arum hory. Alar iaet Cos- taria Grev. Ces caracteres sonl, en suivanl I'ordre de leur impor- tance relative : 1° le mode d'evolulion et d'accroissement des frondes d'ou resulte la forme et le port de celles-ci ; 2" la pre- sence ou I'absence des vesicules nalatoires ; 3" les formes diverses des organes de la propagation et la place qu'ils occupent; 4° la nervure ou les nervures qui parcourent la fronde, selon sa lon- gueur; 5** enfin, les trous reguliers dont elle est quelquefois cri- blee. — M. Montagne en appelle a I'experience des botanistes qui ont fait une etude approfondie des Algues, pour temoigner en fa- vour de I'importance plus grande qu'il croit devoir accorder, pour la classification, a I'organisation de ces plantes sur leur fructifi- cation, tout en reconnaissant que celle-ci, nialgre sa valeur sou- vent secondaire , nemerile pas moins d'etre prise en grande con- sideration. Ce n'est pas toutefois de la structure intirae , qui dans les Laminariees offre peu de variations, que l'auteur se prevaul pour appuyer les distinctions generiques faltes ou a faire, mais bien du mode d'evolulion ou d'accroissement des frondes , cir- conslance d'oii dependent surtonl la forme et le port propres a chaquo genre. Ainsi les Macrocystos et les Lessonies se distingueni 7C surtoiit des aulres Lamiuariees par ce caractere de vegetalion. Chez ct'S Algues, en effet, la feuille superieure se fend a la base, non au sonimet, en plusieurs lanieres dans le premier dcces gen- res, en deux seulement dans le second , lesquelles so separanl pen a peu , selon la longueur de la feuilie-mere . contribuent de < etle maniere a I'agrandissement de la plante. Dans les genres Dur- villcea elLaminaria, la fronde s'accroil par allongement, et quand elle se fend, c'est toujours en commencant par son oxtremite libre. Les genres Echlonia, Phyllospora et Capea offrent iin loiitauiie mode d'accroissement. C'est sur les Lords de la fionde que se voient, surtouldans le Capea. les appendices ou pinnules qui, par leur evolution successive, sont desliiies a completer revolution de la plante, car, dans sa jeunesse, celle-ci est toujours enticrenient simple. Mais ce qu'il faut surtoui remarquer, c'est que revolution en question se fait par raccroisscmcnt d'appendices spinuliformes ou d'especes de dents qui bordent la lame principalc. — La pre- sence des vesiculfs , de meme que \a polyschidie dela fronde, dis- tinguent sufflsamment les Macrocystes des Lessonies. Quant aux genres Macrocystis et Phyllophord, quoique tous deux portent des vesiculesa la base des feuilles, leur fructification si differente, qu'a fait connaitre tout recemment M. Agardh, suffirait deja pour empecher qu'on ne les confondit, si ce caractere u'etait encore corrobore par un mode d'evolution tres distinct. Ce dernier carac- tere etant commun aux genres Ecklonia , Capea et Pkyllophora, chacun d'eux se distingue des deux autres par les formes de sa fructification, et les deux premiers du dernier par I'absence de vesicules natatoires. Les Laminariees a fronde qui se dechiquete par I'extremite libre ne comprenuent que les deux genres Durvil- hea et Laminaria. Le premier, dont on ne connait encore qu'im- parfaitement la fructification, ne se distingue du second que par ses longues lanieres cylindriques, dont le tissu interne se dilate en cellules polyedres remplies d'air dans I'etat de dessiccation. — Viennent enlin les genres fondes sur la presence d'une ou plu- sieurs nervures. Ce sont les genres Alariu, remarquable, outre la nervure unique qui parcourt sa fronde, par les pinnules qui gar- nissent son stipe, et dans lesquelles se trouve placee la fructifica- tion ; Coskiria, (jui, quoique traverse dans sa longueur par cinq nervures |)ar;illei('s n'en differe pent etre pas ; enfln lo genre Aga- 77 rum que distinguenl les trous regiiiieremeiUairoiidis el nisnibroux dont sa fronde est peiforee. C'est sur les considerations qui precedent quo M. Moiitagne se croit autorisea etablir ienouveau genre Capea, ayaot pour type la Laminaria biruncinata Bory, decouverte d'abord sterile sur les cotes du Chili par M. d'Urville, puis recuuiiUe au Cap-Vert, par M. Leprieur, et enfin avec sa fructification, identique a celle des Macrocystes, aux lies Canaries, par !V1. Despreaux. — Voici les car.ictores sur lesquels le genre Capea est fonde : Sporidia oOlongo-clavata, granulosa, lutescentia, peridioUs inclusa cu- neatis pellucidis in soros agregatis. SoRi maculw formes, elon- gato-elliplici, prominuli, amphigeni, obscur lores, juoctd basin pinnularumfolii primarii sou lamina collocatl. Frons stipitata fulcris radiciformbius inslructa, coriaceo-membranacea , mox in laminam expansa simplicem, lanceolatam, margine discoque spinulosam, tandem pinnato-compositam, pinnis patenti decur vis. Color olivaceo-fuscus, nigricans. M. JVlontagne indique enfin lesaffinitesde son nouveau genre soil avec les genres voisins, soil avec d'autresThalassiopliytes qui out le menie mode d'evolution. AcousTiQUE : Sons vocaux. — M. Cagniard-Lalour commu- nique la suite de ses experiences relatives aux sons que I'on peul produire a I'aide du larynx arlificiel forme par I'application de la bouche sur deux doigts. Dans la seance du 30 decembre 1837, il avait annonce que par le moyen de petits cadres ovales interposes entre la bouche et les doigts, il pouvait modifier de diverses manieres le timbre et I'in- tensite des sons obtenus, et avait presente queiques-uns de ces cadres. II met aujourd'hui sous les yeux de la Societe piusieurs uutres petits appareils destines a elre employes d'une maniere analogue. Voici en quoi ils consistent : Le numero 1 est une plaque de liege mince ou espece de demi- cadre dont la partie evidec ressemble a celle que presente un fera cheval entre ses branches. Sa face inferieure, c'esta-dire celle que Ton applique sur les doigts, porte un talon ou espece de saillie en forme do coin. Cette saillie anguleuse, se irouvant logee dans la petite rigole resultant du rapprochement des doigls, sertd'obtu- lateur pour emp*"cher que Fair insnffle entic les levrcs forraees 78 jiar les doigtsno s'echappe le long de cette ligule, el esl en menae temps une cspece de barrage qui limite ia longueur des parlies vibrantes de ces levres. L'auteur fait fonctionner cet appareilpour montrer qu'il produit des sons intenses quoique tres graves, etque leur timbre a quelque rapport avec ceiui des anches battantes. Le numero 2 est une plaque de liege analogue a la precedente. mais plus epaisse, surtout vers la partie correspondante au talon. Cette partie d'ailleurs porte un bout de tuyau qui, lorsqu'on le tientferme ason extremite libreouexterieure, peut etre considere commeforraant une extension de la caviteveutriculaire; les experien- ces faites avec cet appareil ont conduit aux observations suivantes : 10 lorsque pendant la production du son coropiexe, c'est-a-dire de celui qui resulte des vibrations sinuiltanees des doigts el des levres de la bouche, on vient a deboucher I'extremite libre du luyau, cequi interrompt subitementles vibrations des doigts, puisqu'alors I'air de I'expiration s'ecoulant par le tuyau ne fait vibrer que les levres dela bouche, on remarque que le son produit alors a raoins de rondeur, et est plus aigu que le son coraplexe, c'est-a-dire qu'il semble tendre a former sa quinte ou quelque autre harmonique ; 2° si la brusque ouverture du tuyau a lieu lorsque les doigts seuls vibrent, on reconnait aisement que pendant ces vibrations isolees la bouche ne sort que de porte-vent , c'est-a-dire qu'elle ne pro- duitpas de son regulier, mais seulement un bruit de soufflement qui n'a que pen d'intensite ; 3" si le tuyau etant debouche on le raccorde avec le gouleau d'un petit resef voir d'air a parois en membranes minces de caoutchouc, on reconnait que par cette sur- cxtension du systerae ventriculaire les vibmtions simultanees dela bouche el des doigts deviennent en general plus difficiles a pro- duire, a moins que I'on ne donne aux parois trop flexibles du re- servoir plus de consistance en serrant celui-ci convenableraent dans la main. Pendant que cette pression alien, si Ton fait atten- tion aux fremissements du reservoir, on croit reconnailre qu'ils sont plus marques des que les doigts et les levres de la bouche viennent a vibrer simultanement, ce qui s'accorde avec une ob- servation analogue qu'avait deja fournie une experience sur les ca- dres ovales precedemment rappeles. M. Cagniard-Latour ayant essaye de lenir le reservoir baigne dans I'cau, a vu (ine lors de la prodnclioii dn son cumplrxc li" liquide s'agitail finlenient, ol par- 79 fois iiieine jiiillissait a pen [iri's comnie dans les exporieiici's faites par M. Savartsurlcs vibratiouslongitudinalesdes tiges elasti(jues. II so propose d'exa miner si Ton ne pourrait pas ek'ver I'eau a I'aide d'un etui a deux soupapes, dans lequel la reservoir en caout- chouc execuierait les dilatations et condensations alternatives, ut apprecier ainsi les ei'fets dynamiques doiit ces mouvemenls sent susceptibles. L'appareii numero 3 est un simple petit tuyau, ferme d'un bout, a section triangulaire, et qui etant place sur les doigts peut, a I'aide d'une de ses aretes, former un oblurateur analogue a la saillie anguleuse des appareils precedents. Les sons qui se pro- duisent sous I'influence de eel appareil sont plus ou moins doux, suivant que la cavite ventriculaire formee par la juxta-position de la bouche et des doigts communique avec le bout ouvert ou le bout ferme du tuyau. EnDn les numeros 4, 5 el 6 sont des obturaleurs analogues au precedent, c'est-a-dire des especes de prismes triangulaires pleins, les uns en liege, les autres en moelle de sureau, donl les bases sont tantol droites el tanlot obliques. L'effet principal de ces ap- pareils est en general defaciliter les moyensde faire vjbrer siniul- tanement et avec inlensile la bouche el les doigls. Seance du ISjuillet 1840. ZooLOGiE : Organisation de I'ceuf de I' Hydra vulgaris gri- sea. — M. Laurent, ayanl eu occasion d'observer et d'etudicr I'or-^ ganisation et la reproduction de I'Hydre grise vulgaire par CEufs el par germes, s'est assure que, dans tons les cas, les oeufs ont une surface glabre; leur coque ne lui a jamais pre.«ente les epines figurees par M. Ehrenberg dans les oeufs de V Hydra aurantiaca qu'il a compares peut-etre a tori aux oeufs de la Cristatelle. 11 serait tres remarquable qu'il y eut une difference si grande entro I'ceuf de I'Hydre orange el ceux de I'Hydre grise el de I'Hydre verte. Ce dernier ceuf que M. Laurent n'a point encore eu I'occa- sion d'observer, a en juger par la figure donnee par Rcesel, n'est nuUement epineux. II sera important de verifier si I'ceuf de I'Hydre orange figure d'abordpar Rcesel est reellemenl epineux ainsi que raffirnie M. Ehrenberg. 80 M. Laureiu sl' inopose lic Siuimcllr<; prochaiiiement a la So- ciute une uolice sur Ics diflcreuies formes ilcs coufs ile qiiolques animaus inferieurs qui ne sont jamais produites ilans des sortes de moules. II croit devoir faire preceder cette notice des remar- ques qu'il a faites sur les pretendues armes d'atlaque des Hy- dras. Ces remarqucs so reJuisenl aux fails suivaots qui rcsui- tent d'observaiions nombreuses el suffisammeiit repetees. Ces ob- servations demontrent : 1** qu'on ne voit netlcment dans I'Hydrc grise qu'un ires petit nombre de ces pL>ndeIoques, c'est-a-dire une ou deux, au lieu du grand uoicbre de ces parties figurees par M. Ehremberg dans I'Hydre orange. ; 2° que cos pendeloques ne peuvent jamais servir comme armes d'altaqueou d'organes de pre- hension d'unc proie ; 3^ qu'au lieu d'etre des armes d'atlaque, ces niamenls, lermines par une extremite ovalaire ayant a sa base" deux pointes, sont le resuital d'un accident qui donne lieu a leur formation ; 4° que la formation de ces pendeloques consiste dans I'eliremeut d'une portion du tissu glulineux d'un bras de I'Hydre qui s'etait colle a un autre bras. II prend d'abord la forme d'un filament; lorsquo ce filament est produit, on voit se former, par la conlinuite de I'eliremcnt, la base de la pendeloque oil sont les deux pointes, ot un moment apres la pendeloque elle-menie qui se detache pen a peu du tissu du bras qui a fourni la substance gluti- neuse necessaire pour la reproduction do ce pretendu organe. On voit aussi se reprodiiire, par le meme mecanisme, des filaments semblables a extremite irreguliere ou globuleuse. En coniinuant d'observer on s'apercoit que tous les filaments se detacheut des bras et flottent dans le liciuide ou se trouve THydre qu'on observe. Seance du 25 juillet 1840. ZooLOGiE : Lemmings. — M. Martins communique des obser- vations sur les migrations et les moeurs des Lemmings (Mus Lem- mus, L., Lemmux norvcgicus, Ray.). Olaiis Magnus, archeveque d'Upsal, est le plus ancien auteur quiparle des Lemmings. Apres lui Wormius leur a consacre une rao- nographie ou il s'efforce de prouver que ces animaux tombent des nues. On doit ensuite des observations interessantes a Samuel Rbeen , sir Paul Rycant, Linne, Hoegstroem, Pallas, Fabricius el Zotterstedt. Aucun do ces autcurs, Hoegstroem excepte, n'a as- 1 81 y;is1e a une migration. « Nous avonsete plus hcureux, M. Itravais et inoi, dil M. Martins. Je vais donner ici un court resume de nos ob- servations. Plusieurs membres del la Commission scientifique du Nord, parmi lesquels se trouvaient MM. Gaimard et Sundevail tra- verserent la Laponie en septembre 1838. lis no virent pas un seul Lemming. L'annee suivante, a la meme epoque, nous les vimes par milliers sur le plateau lapon. A Bossecop (lat. 700) ils etaientassez rares, et ils le devinrent de nouveau lorsque nous descendimes au- dessous di' la limite altitudinale du Bouleau bianc. lis redevinrent trescommuns aux environs de Karasuando sur les bords du Muonio, mais c'est sur la rive droite de ce fleuve, un peu au-dessous de Muonioniska (lat. 67°, 55'), qu'ils etaientveritablement innombra- bles, il etait impossible de regarder autour de soi sans en aper- cevoir un grand nombre a la fois, et tons couraient dans le meme sen^ paralleleracnt au fleuve. C'etait done le commencement de la fliigration, I'armee etait en niarcbe. Sur le plateau, au contraire, ils couraient ca et la, sans affecter aucune direction deterroinee. Lorsqu'ils desccndent plus bas dans la plaine, alors ils serrent en- core plus lours rangs. "lis tracent, dit Linnee, des sillons recti- "lignes parallcles, profonds de deux ou trois doigts, et dislants I'un "de I'autre de plusieurs aunes. lis devorent tout sur leur passage, "les herbes, les racines; rien ne les detourne de leur route. Un "homme se met-il sur leur passage , ils glissent entre ses jambes. • SMIs rencontrent une meule de foin, ils la rongent et passent au "travers. Si c'est un rocher, ils le contournent en demi-cercle et -reprennent leur direction rectiligue. Unlacse trouve-t-il sur leur " cbemin ils le traversent en ligne droite, quelle que soil sa largeur <«et tros souvent dans son plus grand diametre. Un bateau est-il • sur leur trajel au milieu des eaux, ils grimpent par dessus et se - rejetlent dans I'eau de I'autre cote. Un fleuve rapide ne les ar- "rete pas, ils se precipilent dans les flots, dussent-ils tons y pe- «rir.» Tons ces details sont conflrmes par les auteurs, et on nous a assure qu'en 1833 ils monterent dans des bateaux a Dupvig, pres de Bossecop, et a Hernoesand en Suede. Quand ils nesont pas en migration, les Lemmings habitent des terriers simples ou ramiCes a une ou plusieurs ouverlures, creuses dans de petites butles qui sont si communes en Laponie, et qui doivent le plus souvent leui origine a une souche de pin qui passe a I'cfat de ferreaii vegetal. Ex'.iait de L'histiivt, -IS/iO. 11 82 Coiislaiiiin Gloger ne comple que cinq especes de ce genre Mus (Jo Liiuieo ijiii conslruisent cles nids. Ce sont : Mtis messorius, M. muscnlus, M. agrarius, M. sylvaticus et M. minutus. U laut ajoulcr a cette lisle Ic Mus Lemmus. Son nid est cylindrique, de 18 centimetres de long sur 6 de large ; plus espace inferieure- ment que superieureiuenl, avec une ouverlure a son exiremite an- terieure. L'un d'eux, que nous avons rapporle, etait compose de feuilles d'une Grarainee mcconnaissablo entremelee do fragments de Bctula nana, Empetrum nigrum, Vaccinium vilis-idea, Ce- nomyce rangiferina, C. pgxidata, Cladonia deformis et Ste- reocaulon tomentosum. — Les Lemmings sont tres courageux ; quel que soit leur adversaire lis cherchent a se defendre en sifflant et en abeyant; entre eux ils se battent avec fureur. Quand on en met deux dans une cage 11 faut quo Tun des deux succombe. Les Ours, les Henards, les Loups, les Martes, les Hermines, les Chiens, les Oiseauxde prole, et meme les Rennes, en dotruisent un grand nombre. Leur temperature animalc est assez elevee; une moyenne dequatre observations m'a donne-f-39'',5." — A roccasion du fait cite par M . Marlins, que les Rennes quel- quefois se nourrissent do Lemmings, M. Roulln dit qu'un fait ana- logue s'observe chcz beaueoup d'autres especes de Mammifere* herbivores, qui paraissent s'accommoder tres blen d'une nourri- lure animale, quand I'herbe vient a leur monquer. Ainsi, lors du passage des Criquets voyageurs, on volt les Poules, les Moulons et lesVaches sejeter avec avidite sur ces lusecles, pour en faire leur proie. On pourrait peut-etre rapporter a cette cause quelques unes des epizootics qui ravagent iios troupeaux. On salt encore qu'a la Nouvelle-Hollande les Rrebis, a une certaine epoque, man- gent leurs petlts. M. Roulin fait romarquer aussi que le Lemming n'est pas la seule espece de Mammifere qui se montre parfois en multitudes inuombrables ; il cite parmi les animaux de la France les Campagnols de la Beauce, les Rats de la Bretagne, etc. Beau- coup d'autres animaux, et particulierement les Criquets, suivent pareillement la ligne droite dans leurs migrations. Enfin, les grandes batailles que se llvrent les Lemmings durant leurs voya- ges, De constituent pas uon plus un fail particulier a cette espece: les troupes de Chiens, que dans certains pays on allele aux trai- neaux, en offrent un nouvel exemple. Lorsqu'un de ces Chiens est 83 atteint par le foiiet du conducteur, il arrive souvent qu'il mord 80D voisin ; celui-ci attaque le troisieme, el aiasi de suite, en sorte que ia querelie devient bientot generale. M. Rouiin termine ses re- marques en disant que la grande sensibilife des Lemmings pour le froid pourrait bien etre une des causes qui determinent les migra- tions de ces animaux. Seance du l^r aout 1840. M. Catalan communique la solution de ce problemo de combi- naisons :»Ayantpris au hasard, dans I'espace, n points a,b,c..., on demande quel sera lenotnbre N des points nouveaux A, B, C..., qui resultent des intersections trois a trois des plans passant cliacun par trois des points donnes. » La formule est IN 5 , _ ^ „ . „, n -4- 1 *( n — 1 n — 2 « — 3 n — 4 Seance du 8 aoul 1840. M. IJabinel presentc un nouvel aneraometre qu'il nomme ane- mometre differentiel. — Apres avoir rappele la construction de i'ane- mometre normal de Lind, qui mesure la force du vent par la hauteur a iaquelle celui-ci peut elever une colonne d'eau dans un tube recourbe, lorsqu'il souffle dans Tune des branches de ce tube, M. Babinetfait reraarquer qu'il faut dans cecas une pression assez forte et uu vent de quatre metres au moins, pour qu'on puisse obtenir avec cet instrument une difference de niveau d'un seul millimetre. II etait done utile de chercher a le rendro plus sen- sible. Pour cela, M. Babinets'est servi du principe qui avail guide Wollaston dans la construction do sou baromotre differentiel. Le nouvel instrument se compose de deux boules de vcrre, treslarges, jointes a des lubes verticaux qui se rounissenl enlre eux par une branche horizontale. L'un des tubes a un diametre beaucoup plus pelit que I'autre; au-dessus de I'uue des boules est fixe un autre lube, recourbe horizontalement, et dans lequel le vent doit souffler. La colonne liquide, au lieu d'etre formee d'eau seulement, se compose d'huile dans le tube etroit, et d'eau dans le second tube ; et Ton cherche la difference de niveau produitc entre les deux co- lonnes. Cette difference se trouve considerablement accrue par 84 des niodificalious inlroduites dans i'appareil, car un vent de qiiatrc metres donne 20 a 25 miiliinelres dc difference, au lieu d'un seul millimetre que doiineiait rauemomelrc ordinaire. Dans les dernieres tempetes qui ont eu lieu a Paris, M. Cabinet a trouvi^ que son anemoraetre avail marche de deux decimetres. Seance du 52 aout 1840. Physiologie vegetale : Develo-ppcment des plantes. — M. Paycn expose les principaux resuitats de ses reclierches sur les substances minerales puisees dans le sol ou les engrais par le plantes, les produits de leurs transformations, et la place qu'ils oc- cupent dans les tissus vegetaux. Ainsi, la chaux que Fourcroy el Vauquelin avaienlcru ne pou- voir jamais cxister a I'elat de carbonate dans les plantes, se ren- contre au conlraire sous eel elal dans presque toules les feuilles, tres souvent dans les meats intercelluiaires; ce carbonate est secrete par une organisation speciale autour des lubes el cellules en helice du Chara hispida, tandis que le Chara translucens , dans les memes eaux, n'en fixe pas autour de ses parois. C'esl encore dans le cas general des secretions oalcaires qua rentrent les corps recemmeut etudies par M. Meycn dans les Fi- guiers : M. Payen annonce les avoir relrouves dans un grand nombre de plantes de la famille des Uriicees ; il deraontre que, loin d'etre, comme le croyait M. Meyen, des petiles massues gom- meuses [Gummi Keulen) ce sont de veritables organes pedicelles, formes de cellulose, el destines a sccreter le carbonate de chaux dans leurtissu si fin qu'il avail echappe a I'observateur allemand. M. Payen a trouve encore un fait Ires general dans la presence del'oxalatede chauxen cristauxirreguliers, diaphanes,agglomeres en pelits spheroides herisses de pointes, au milieu du tissu verl ou des grandes cellules des nervures des feuilles. Ces cristaux ne soul pas libres, comme on I'avail suppose jusqu'ici; lors meme qu'ils soul seulemenl grouppes deux ou trois ensemble, un tissti special les enveloppe; on le fait apparaitre en dissolvant I'oxalate. Un autre fait general a ete decouvert par M. Payen. II cousiste dans lincrustalion des membranes du tissu des feuilles par de la silice tellemenl reparlie, qu'elle pent rcproduire le squelelte de de certains tissus lorsque Ton a briile ceux-ci avoc precaution; 85 ct, chose remarquable, le tissu special des concrilions, inapercu jusqu'ici, est parfois incruste de cette matiere, en "sorte qu'on letrouve apres la combusliou Ics cellules siliceusesavec le carbo- nate de chaux; et qu'en dissolvant ce dernier, le squelette ap- parait plus leger encore que le tissu et cependant parfailemeut perceptible. Une concretion siliceuse spheroidale, secrotee aussi dans un tissu mince, s'est rencontree dans deux rangees de cellules sous I'epiderme des feuilles du Piper colubrinum. M. Payen a ligure dans dlx tableaux toutes ces concretions or- ganisees, et leurs rapports avec les tissus environnants. II a menie dessine les phenoraenes successifs de la curieuse analyse micros- copique des raphides; ces longues aiguilles lineaires, sur la nature desquelles M. de Candolle ne s'etait pas prononce, etaieut cousi- derees par differents observateurs comme des cristaux d'oxalate ou de phosphate de chaux ou de silice : ils sont en realile formes d'oxalate de chaux enveloppe d'une membrane externe organique ; celle-ci est incrustee de silice. On peut extraire I'oxalafe de son enveloppe, demontrer dans celle-ci les proprieles de la cellulose, et faire apercevoir la silice qu'elle recele par le tres leger "squelette qu'elle laisse apres I'inci- neration. AcousTiQUE : Voix humaine. — M. Cagniard-Latour entreticnt la Societe de quelques considerations et experiences relatives a la voix humaine. Plusieurs physiologistes out emis I'opiniou que, pour produire cette voix, les levres de la glotte vibraient a la maniere des levres du donneur de cor. L'auteur ne conteste pas que cette aoalogie ne puisse exister dans certains cas, comme, par exemple, lorsque la voix a de la rudesse, mais il croit que les causes d'ou naisseni les sons vocaux n'ontque peu de rapport avec celles qui produisent les sons du cor. Suivant lui , presque toute la formation de la voix resulte de vibrations produites dans le larynx, en sorte que le tuyau vocal n'est utile a cette formation que d'une maniere secondaire , comme, par exemple, pour donner aux sons produits plus de rondeur et d'intensite. Les sons vocaux auraient done uno autre origine que les sons 86 du cor, puisque ceux-ci, comine les physiciens le savciit, sont dus en grande parlie a la resonnance de la colonne d'air contenue dans le tuyau de rinstrument, et que los vibrations des levres de la bouche ont pour effot principal de provoquer cette resonnance. L'auteur annonce d'ailleurs avoir constate que s'il faisait vibrer ses levres sur i'embouchure separeod'un cor, ii n'obtenait aiusi que des sons denues de rondeur , lors mcme que Ton preseutait le bout efdle de cette embouchure devant un porte-voix. II annonce en outre avoir examine avec queique attention le ton du son fondamenial que produisent les tubes cylindriques lorsque Ton excite la resonnance de leur colonne aerieune corarae on le pratique pour un cor, c'est-a-dire en faisant vibrer les levres de la bouche sur un des orifices de chaque tube. L'auteur, dans ces recherches, avait principaleraeut en vue d'acquerir quelques don- nees sur la nature des vibrations dont les ventricules du larynx doivent-etre le siege lorsque les anches ou levres inferieures et su- perieures de la glotte vibrent simullanemenl, et que les ventricules se trouvent ainsi convertis en une cavite presque I'ermee. Les principales observations qu'ont fournies ces experiences ont ete les suivantes. 1" Un tube en verro qui avait 39 centimetres de long et 2 de calibre environ a pu rendre bien pleinement un la de 424 vibrations simples par seconde, c'est-a-dire I'octave grave du son de flute que le tube produisait lorsqu'on le faisait resonner comme un tuyau ouvert des deux bouts. 2° Un tube courbe en forme de serpent et qui etait du memo ton que le tube precedent, a donne les memes resultats. 3° Un tube beaucoup plus grave, c'est- a-dire ayant 1 metre de long sur 18 millimetres de calibre, a donne des resultats analogues, et il en a ete de nieme d'un tuyau metal- lique courbe qui etait le corps de rechange d'un cornet a piston. 4° Enfin un lube de verre, ayanl a peu pres 1 metre 4 decimetres de long sur 19 millimetres de calibre, n'a pu rendre son octavo grave comme les tubes precedents, mais on lui faisait produire fa- cilement son harmonique dominante, c'est-a-dire une note de quinle qui repondait a la douzieme de cet octave grave. D'apres ces observations, l'auteur regarde comme douteux que la colonne aerienne d'un cor vibre comme dans un tuyau ouvert, aiusi que beaucoup de physiciens le supposent. D'apres les memes observations, ainsi que plusieurs de celles 87 que lui ont fouruies ses experiences sue le larynx arlificiei foriue par I'application de la Louche sur deux doigls, et eufui d'apres diverses experiences de M. Savart sur la resonnance de Tair dans les tuyaux nicnibraneux, M. Cagniard-Latour est porle a penser que c'est principaleraent daus le cas oil notre voix est grave que les ligaments inferieurs et superieurs de notre larynx vibrent simultanemcnt, et il croit (|no les vibrations produites alors dans les ventricules doivenl etre de nature a favoriser beaucoup la pro- duction decette voix. Au sujot de i'opinion soutenuepar plusieurs pliysiologistes, savoir , que les ievres de la glolte, pendant Pacte de lapbonation, vibrent suivant le mode des anchcs iibres, il fait remarquer que, d'apres I'extreme sensibilite dont les Ievres paraisscnt douees, ceux qui regardent la voix commo un son d'ancbe doivent-etre portes a admettre I'existence de ce mode a I'aide duquel il semble que les ievres laryngiennes no doivent guere etre dans le cas de s'entre- choqucr d'une manierc qui puisse promptemcnt les irriter ; il an- nonce d'aiileursqu'ayant fait sur des glottes artificielles niembra- neuses de diverses especes un assez grand nombre d'experiences, il a constammont romarqueque c'etait les glottes dont les vibra- tions avaient le plus do resserablance avec les vibrations d'anches Iibres qui produisaient les sons les plus analogues a ceux de \» voix, ce qui lui semble une tres forte raison pour croire que Topi- nion dont il s'agit est fondee. M. Cagniard-Latour, dans plusieurs de ses precedentes commu- nications, avail cite quelques experiences d'apres lesquelles il semble que, dans certains cas, les sons peuvent eprouver des es- pecesd'intorferences ; acesujet il annoncequ'ayant essaye de chan- ter dans un tube en cristal d'euviron un metre de long et 2 centi- metres de calibre, il a rencontre une difficulte Ires grande a produire VutdiezedebZS vibralions simples par seconde, ainsi que lerd sui- vant, landis qu'il n'en elait pas de meme a I'egard des autres notes voisines en dessus et en dessous des deux precedentes ; il a re- connu ensuite qu'un phenomene analogue pouvait avoir lieu avec un porte-voix, surtout lorsque Ton faisait en sorte que fair expir6 ne put s'echapper par la jonction entre les Ievres et rerabouchure de I'appareil. Le m^me membre, au sujet de ses explorations manom^triques 88 tlu larynx humaiii, aiinonce que, dans la viie de determiner d'une maniere plus certaine et plus geni'tale les pressions que I'air con- tenu dans la tracliee-artero supporlc pendant I'actc de la pho- nation, il se prepare a faire ccs explorations sur des personnes ([ui n'aient point subi I'operation de la iracheotomie, et dont les or- ganes vocaux puissent consequeniment elre consideres comme elant dans leur etat normal. Sulvant le procede que I'auteur se dispose a meltre en usage, Tindividu a explorer se trouverait entierement immerge sous I'eau, de sorte qu'il respirerait par le moycn d'un tube flexible a flotteur. Une tige areometrique, fixee sur la tete de I'individu, ferait voir de combien il se rapproche de cette surface en aspirant Fair, et de combien il s'en eloigne lors de I'expiration ; mais on suppose que pendant cette seconde action renfoncenient de I'individu sera un pcu moindre, s'il emet sa voix, et que par les differences obser- vees on pourra counaitre les pressions dont il s'agit. M. Cagniard-Latour se propose d'examiner aussi quels resullals on obliendrait dans le cas ou I'individu plonge respirerait avec de I'air contenu dans une vessie egalement immergee, au lieu d'em- ployer pour cet effet un tube a flotteur. Seance de rentree du 1 novembre 1840. CnniiE ORGANiouE : Essence de cumin. — M. Caliours ccmniu- uiquc la premiere partie d'un travail qu'il a fait en ronimun avec M. Charles Gerhardt, et qui a pour litre : Rechcrclics cinmiques sur les essences. Cette premiere partie concerno I'essence do cumin. « L'essence de cumin que Ton rencontre dans le commerce est un melange de deux essences que nous sommes parvenus a sepa- rer completement. L'uned'elles est un carbure d'hydrogene. C'esl un produit liquide, doue d'un point d'ebullition fixe a 165°, et possedant tous les caracteres des composes bien deOnis. Cette ma- liere nous a peu occupes jusqu'a present. L'autre est un compose- forrae de trois elements, carbone, hydrogene et oxigene, que I'on peut considerer comme I'hydrure d'un radical ternaire analogue a I'hydrure de benzoile. En donnant le nom de cumyle a ce radical liypolhetique, on a la serie suivante ; 89 (]ioH2203 Cumyle, radical inconnu. C*0H2-O'^H2 Hydrure, essence de cumin. C40H22O2-J-O Acide cuniinique anhydre. C40H2202_|-ci2 Chlorure de cumyle. C40H2-2O2^Br2 Broraure de cumyle. C40H22O2_|_o-|-H2O Acide cuminique cristallis6. " L'hydrure de cumyle est un liquide incolore ou faiblement co- lore en jaune, d'une odeur forte, un peu alterable par la chaleur, surlout si on le distille lentement. L'action est nulle lorsque la dis- tillation s'opere dans un couranl d'acide carbonique. Ce compose se transforme en acide cuminique sous I'influence de I'oxigene. Dans ce cas, Taction est fort lente. On rend la transformation plus rapide en faisant intervenir en meme temps une substance alca- line. Si Ton fait toniber goutte a goutte de l'hydrure de cumyle sur de I'hydrate de potasse fondu, il se degage de I'hydrogene, et cha- que goutte se trouve changee en cuminate de potasse. La trans- formation s'opere d'une maniere teliement rapide, dans cette cir- constance , que Ton pourrait facilement obtenir un kilogramme d'acide cuminique dans I'espace d'une heure. « L'acide cuminique, a I'etat de purete, est une nialiere solide, incolore , cristallisable en longues aiguilles prisniatiques , a peine soluble dans I'eau, tres soluble dans I'alcool, qui Pabandonne sous forme de cristaux assez volumineux , volatile sans decomposition, et possedant une saveur acidule et brulante. Lorsqu'on le distille en presence d'un exces de base , en employant , par exemple , 4 parties de baryte caustique pour 1 d'acide hydrate , on obtient un produit liquide incolore, done d'une odeur aromatique et bouillant a ]44o. L'analyse de ce produit , et la densite de sa vapeur, nous ont conduit a la formule C^ti^^, qui en represente 4 volumes. II se forme done de la meme maniere que le benzene. En effet , Ton a : C40H24O4_C*O*~ C36 H24 La base alcaline, etant employee, a opere la separation de l'acide carbonique. " Ce produit, auquel nous donnons le nom de cumene, nous offre de frappantes analogies avec le benzene. Ainsi, il se dissout dans l'acide sulfurique de Nordhausen , et produit un acide correspon- danta l'acide sulfobenzidiquedeMitscherlich. Avec l'acide nitrique fumant, il donne un compose'correspondant a la nitro-bonzide. Ex'rait de L'liistitttf, 1840. 12 90 •• Nous poursuivons nos recherches sur ce siijet , el uous espe- rons faire conaaitre prochaineinent d'autres prodiiits nouveaux correspondants aux composes si interessants que I'etude de I'huile d'amande amere a fournis dans ccs deruicres annees. » Seance du 7 novembre 1840. Physique du globe : Sur la theorie cles flats et dcs courants. — M. de Caligny fait une commuDication sur la theorie physique d'une des causes qui produisent , seloo lui , des courants dans la raer. II comnjunique d'abordia description des experiences qu'il a faites sur un appareil de physique dont voici la description : « Un tube vertical est enfonco, jusqu'a une cerlaiue profondeur, dans un reservoir d'une certaine etendue en tons sens. Ce tube porte , vers son extremite inferieure, un autre tube horizontal qui debouche dans un second reservoir, dont on veut faire passer I'eau dans le premier, quoique d'abord les deux reservoirs soient de ni- veau. Pour cela on souffle alternalivement par le sommet du tube vertical , ce qui met I'eau en oscillation dans ce tube. L'eau du reservoir a epuiser descend , en penetrant dans le tube vertical (toutes les extremites sont ouverles), et elle est chassee par lepied de ce tuyau dans le reservoir ou celui-ci est en partie pionge. Quand le tuyau horizontal n'est pas assez long pour que la force vive s'y emmagasine comma dans un volant , le mouvement ne s'y fait pas toujours dans le meme sens , parcequ'a I'epoque oil la co- lonne arrive a son maximum de hauteur, la pression au bas est plus grande qu'elle ne le serait si le liquide etait en repos. IMais si Ton continue, I'experience assez longtemps , il sort plus d'eau du reservoir a epuiser qu'il n'yen rentre, et son niveau baissejusqu'a une certaine profondeur au-dessous de celui de I'autre reservoir, a moins qu'on ne I'entretienne en y versant de Teau exterieure- ment. La moyenne des pressions de dedans en dehors est done raoindre, vers I'extremite inferieure du tube vertical, pendant les oscillations de la colonne qu'il contient , qu'elle ne I'etait a I'epo- que ou tout le sysleme etait en repos. 11 est entendu qu'on ne souffle point d'une maniero continue ; on laisse meme la colonne osciilante abandonnee a elle-meme, pendant un certain nombre d'oscillations , afin de pouvoir tirer des consequences sur Taction des causes irregulieres. » 91 M. de Caligny poursuit ainsi : "Etant donne ce fait irrecusable d'une coloune dont la moyenne des pressions est diminuee par son etat d'oscillation, au lieu d'etre augraentee par la force exterieure qui de temps ea temps vient entrelenir ces oscillations, quelle en est la raison? Les oscillations, abandonnees pendant quelque temps a elles-raemes, ne peuvent etre entretenues que par Taction de la pesanteur; une partie de cette action est done employee a produire periodiquement de la force Vive , et c'est pour cela qu'elle ne s'exerce point contra les parois avec autant de force que pendant I'etat de repos. « Considerons raainlenant le poids total apparent de tout le sys- teme liquide contenu dans un grand reservoir au milieu duquel un simple tube vertical, ouvertpar les deux extremites , est enfonce jusqu'a une certaine profondeur, par hypothese, tres eloignee de celle du fond de ce reservoir ; supposons que la colonne, contenue dans ce tube vertical, oscille par suite d'une cause dont nous n'a- vous point encore a nous occuper , il est clair, d'apres ce qui pre- cede, que I'eau du reservoir , qui est passee dans le tuyau , et qui y monte, ne presse point le fond du reservoir commc si tout le sys- terae liquide etait en repos. Ouoique la comparaison suivante ne soit pas identique, il est utile de remarquer qu'une pierre lancee en I'air ne presse point la surface d'un reservoir au-dessus duquel elle est lancee, a I'epoque oil elle monte , et que si elle la presse , memeavec violence, au moment ou elle y retombe, ce choc ne se fait pas sentir , au moins avec la mcmc inlensite , sur le fond du reservoir suppose profond, parceque la force vive de la pierre se depense, en grande partie dans le trajet, en mouvements quelcon- ques. II est clair que si un corps fragile est pose sur le fond du re- servoir, il nesera point ecrase au moment du choc de la pierre a la surface, Les considerations relatives a ce choc s'applicjuent di- rectement a celui du liquide qui, pendant I'oscillation desccndante dans le tube vertical, sort par le has de ce tube, et choque I'eau du reservoir. Si la profondeur du fond du reservoir est assez grande, il est clair que le mouvement n'atteindra point ce fond d'une maniere sensible. Pour eclaircir encore raieux ce fait , on a fait arriver de I'eau coloree dans un reservoir d'eau limpide , ou elle etait araenee au-dessous de la surface et par un tuyau incline a I'ho- lizon sous un certain angle. On a observe que la veine liijuide 92 aiigmonle graduelltMueut de diametie eu peuetraut dans le reser- voir et ne frappo le fond qu'avec une vitesse assez petite , dont on se forme une idee par le diametre de la veine a une grande distance de I'orifice qui I'a amene" « On deraontre que si Ton pouvait mettre le reservoir dans une balance, assez sensible pour indiquer une fraction du poids de la co- lonne qui oscille dans le tube vertical, on trouverait que le poids apparent du systeme serait diminue d'une certaine quanlite ; une partie du poids de la colonne dont il s'agit est employee a produire periodiquement de la vitesse. Le systeme du teservoir ot du tube vertical qui y plonge , compose un veritable syphon , a branches inegales, dont I'une est si grande par rapport a I'autre, que la vi- tesse, et par suite la force vive, doity etre negligee, ce qui debar rasse des considerations sur les pressiojs hydrauligues dans its coudes quelconques dont il faudrait s'occuper , et qui pourraient changer le sens du resultat precedent , si la difference de capacite des deux branches etait moins considerable. On reviendra sur ce sujet, avec des details qui ne sont point indispensables ici dans I'etnde du raouvement des flots , puisqu'on ne connait pas les ira- jectoires de leurs molecules. « Considerons maintenant la couche d'eau en ondulation a la" surface de I'Ocean, abstraction faite de la cause qui a produit ces ondulations, que nous etudioDs d'abord a une grande distance des cotes, et sur une mer d'une grande profondeur. La partie des flots qui est soulevee au-dessus du niveau de I'eau tranquilie ne presse pas directement le fond de la mer, comme pendant le calme. Une partie de son poids est employee a produire des mouvements quel- conques, et si, dans la couche d'eau en ondulation, il y a des chocs plus ou moins violenls qui augmentent les pressions locales, peut- etre par exeraple quand le flot se releve , ces pressions ne se trans- ' meltent pas au fond de I'Ocean, du moins elles n'y arrivcnt que tres affaiblies , comme le choc de la pierre sur la surface du re- servoir. Une pression produite par uu mouveraent dans un li(iuide se transraet par du mouvement , et, a del'aut d'autres preuves, on rendrait probable la diminution de lU vitesse a une certaine pro- fondeur au moyen du nouvel appareil, dont voici la description : « Sur le reservoir oii Ton a fait les experiences ci-dessiis , on a pose un corps flottantqui portail uii tube do vcrre vertical, evase 93 en entomioir a son extremite inferieure ; on a observe les oscilla- tions de I'eau dans le tube de verre, la surface du reservoir etant agitee par le vent. Le corps flotlant montait avec les vagnes, et cependant il se produisait dans lo tube de verre des oscillations qui monlaieut au-dessus de ces vagues, a une hauteur au moins aussi grande que la leur au-dessus du niveau de I'eau tranquille, et souvent a des hauteurs beaucoup plus grandes. II est clair que si le mouvement de la couche d'eau dans laquelie plongeait I'en- (onnoir eut suivi celui de la couche superieure , lo corps flottant etant abandonne a la vague , a peu pres comma une partie d'elle- meme , n'eut point donne lieu a ce surcroit d'amplitudes dans le tubede verre , surcroit qui d'ailleurs n'est plus sensible quand on conserve le tube en otant I'entonnoir. Ce systeme , en se soule- vant, tend a produire un vide conique annulaire dans I'entonnoir; I'eau s'y precipite et cause une oscillation ascendante. « Si, d'apres les considerations ci-dessus, on admet que le poids des flots dans I'Ocean est en partie depense en mouvements qui, a do tres grandes profondeurs, n'exercent plus de choc sensible ; ii est clair qu'il faudra tenircompte, danslecalcul de I'equilibre des mers/deceque la couche d'eauen ondulation,quelles quesoientles causes qui ont produit le mouvement , et sur lesquelles on ne s'ex- plique point ici en detail, cxerce sur le fond de la mer une pression moiudre que dans I'etat de'repos. L'equilibre des raers sera done rompu , en quelque sorte , comme si une partie de la couche en ondulation etait enlevee. II peut done en resulter des courants sous- marinsd'une grande puissance; niais par cette raison rnerae I'eau s'accumulera vers les regions de I'Ocean, agitees a leur surface; et du moins quand les ondulations cesseront, il faudra que l'equi- libre des raers tende a se retablir par un deversement de leur partie superieure, ce qui occasionnera des courants au-dessus des premiers et dans des sens contraires. « Les cours d'eau souterrains qui se precipitent au fond de la mer doivent aussi etre influences par cette diminution do pression de la couche superieure. L'explicationdediversphenomenesimportants pour la physique du globe , et sur lesquels on reviendra , senible dependre aussi du principe sur lequel repose cetle diminution. On ne se prononce pas non plus sur les theories des trajectoires dos molecules des flots; on fait observer seiilomcnt quo si les pres- 94 sions , a de grandes profoudeurs , dependent de la Vitesse des mouvenients causes par une partie du poids de la coucheen ondu- lation ; on a un moyen de plus pour etudier ces mouvements et pour controler des exporieuces dlrecles , la vitesse des mouve- ments ne pouvant etre la meme dans toutes les hypotheses pos- sibles. " Ouant aux Hots produits par les vents , on reraarquera qu'en general etant d'un cote plus ou moins abrites centre leur action, ils netransmettent point la pression de ces vents au fond de la nier, corame I'eau tranquille transraet la pression uniforme de I'atrao- sphere. Une partie de leur puissance se depeuse done en mouve- ments , qui ne se transmettent pas , du moins en enlier , jusqu'au fond de I'eau par les raisons ci-dessus. Ainsi les vents semblent clre une cause de courants sous-marins qui peuvent meme devenir contraires a leur direction , mais par des raisons que Ton n'avait jamais donnees. lis peuvent aussi causer des courants superieurs aux premiers et dans des directions contraires. On reviendra dans les prochaines seances sur ce sujet et sur la demonstration du principe fondamental. AcousTiQUE : Formation du son dans les cordes vihr antes. — M. Cagniard-Latour communique quelques nouvelles observations qu'il a faites en continuant ses recherches sur la formation du son dans les cordes vibranles. Dans un memoire lu a I'Academie des Sciences en octobre 1827, raemoire dout une analyse a ete inseree dans le journal le Lycee, du 22 deccmbre 1831, M. Cagniard-Latour avail enlrepris d'expli- quer pourquoi, dans le son d'une corde vibranle, le nombre des vi- brations sonores ne repond qu'a la moitie du nombre synchrone des oscilli;tions simples de la corde. Frenant la question au point ou Sauveur et Lagrange, qui deja s'eu etaient occupes, I'out lais- see, se rappelant aussi quelques idees emises par Lahire sur les vi- brations sonores des corps solidcs, I'auteur, d'apres ses propres experiences, proposait d'admettre (jue la corde, par ses fremisse- inents ou vibrations secondairos, engendrait un bruit continu, qui, pendant le cours de chaque double oscillation transversale decette c orde, augmentait, puis dimiuuait d'intensit^, et produisait le bat- tenient dout les repetitions rapidcs engendraient le son. 95 A I'appui de ces hypotheses, il cilait diverses experiences, et notaraiuent les suiAantes : 10 Ou'aprcs avoir tendu forteiuent enire un arbre ou tout autre point resistant et une croisee, une corde de laiton d'en viron 30 me - tresde longueur, on vienno a la faire vibrer transversalenu-nt, en la pinrant pres de ses points d'attache, on reconnaitra qii'outre !es coups de chaque hscillatton simple et divers sons aigusnotam- ment celui des vibrations longitudiualcs de la corde, celie-ci fail entendre par ses trenibhiments, que Toeil d'ailleurs distingue faci- leraent, un bruit confus a peu pres continu. Lorsque I'on subsiitue a la cordede laiton une corde dechanvred'environ 8 millimetres de dlaraetre, on remarque que le bruit do chaque oscillation simple de cette corde retentit dans la croisee de maniere a imiler, avec une ressemblance tres grande, le bruit loiatain d'un coup de canon ; 2° Que par un choc on fasse resonner une cloche de verre un peu grave, et qu'on lui communique en menie temps, a I'aide des mains, un mouvementde va-et vient, on reconnaitra que, pendant le cours de chaque double oscillation ou balancement, le son de la cloche se trouve influence de maniere a produire un batte- nient; 3" Qu'apres avoir dispose verticalement un petit cylindre de verre dans un collet raetallique garni de cannelures, on etablisse dans un trou pratique au centre de la base du cylindre le pivot superieur d'un petit moulinet-sirene a ailes obliques, charge d'un poids excentrique ; qu'ensuite, par I'insuffiation dans le porte- vent de I'appareil, on fasse tourner ce moulinel de facon que, par les frottements de son axe dans la base du cylindre, il oblige ce- lui-ci a tourner aussi, et par ce moyen a s'appuyer successivement sur les cannelures du collet, on reconnaitra que le bruit des chocs et frottements eprouve a chaque tour du cylindre une espece de suspension momentanee d'ou resulte un batiement, lequel est sur- tout tres sensible lorsque I'appareil est mis en communication avec une table renforcante: 4° Enfin, que dans un moulinet-sirene a ailes obliques, et ayant par exemple 15 ailes, on supprime 5 de ces ailes, de maniere a for- mer cinq breches equidistantes, on reconnait d'abord qu'a I'aide 96 des ciuq groupes d'ailes reslanl, et quoique chaquo groupc n'ait que deux ailes, le laoulinet, pour la inerae vitesse rotative, rend par son jou un son du memo ton qu'avant la suppression dos 5 ailes; mais qu'oulre ce son il s'en produit simultanement un autre plus grave, resultant des 5 battements que les breches par chaquc tour du moulinet occasionnent en suspendant momentanenient cinq fois la production du sou ordinaire. Cette experience deinonlre en raeme temps que deux battements successifs peuvent seuls former un son. Dans ce moulinet les deux sons simultanes formaienl un accord de douzieme ; deux autres mouliuets-sirenes, I'un ayant primitivcment 20 ailes et I'autre 25, dans chacun desquelson avait cnsuite forme cinq breches equidistantes par la suppression de 5 ailes, onl donne, savoir le premier moulinet, I'accord de double octave, et le second, Taccord de dix septieme. Enfin, un autre moulinet de 25 ailes dans lequel on avail prati- quejaussi cinq brecbes equidistantes, mais plus grandes, en suppri- mant pour former chaque breche deux ailes cousecutives, ce qui avait consequemment reduit a trois le nombre des ailes restantes tie chaque groupe, le son grave dominait tellement le son ordi- naire, que Ton ne pouvait guere distinguer celui-ci qu'en le ren- forrant a I'aide d'un tube bouche dont on presentait I'orilicea I'ae- tion du courant au-dessus du moulinet en mouvement. Les nouvelles observations de M. Cagniard-Latour sont princi- pali^ment relnlives a roscillateur acoustique ou especede marteau musical a double effet , dont 11 a recemment entretenu I'Academie des Sciences. (Voir L'lnstilut, no 355.) Leraoyende constaterque le marteau, lorsqu'il oscille assez vite pour produire un son, n'en-' gendre qu'uue vibration sonore pendant le cours de ses deux chocs alternatifs sur les montants metalliques entre lesquels il oscille, est d'une execution aussi prompte que facile. En effet, ces mon- tants etant clnstiqucs, on peut, en pressant avec la main le systeme do ces montants, pendant qu'il est appuye contrela surface reson- iiante, destinee a renforcer le son, empecher a volonte le marteau d'osciller; mais comme alors le son d'axe ou d'excentricite du mou- linet se distingue tres bien, si Ton soutient convenablement I'in- sulTlation, on reconnait que ce son, dont chaque battementou vi- bration sonore repond toujours a chaque tour du moulinet, a le nieme ton que le son beaucoup plus intense qui a lieu lorsqu'on 97 ■laisse le marteau exercer ses chocs allernalifs sur los deux luon- lauts. Oil roinarque d'ailleursquo les deux sous, compares au son de sirene produit par les chocs du courant sur le inoulinet qui est a dix arles, presentent ic menie rapport, c'est-a-dire celui de un a dix. L'auteur avail deja presente a rAcademie dis Sciences (voir le Globe da 13 octobre 1827) un pelit appareil , qu'il nommait mar- teau musical, qui , etant appuye sur le chevalet d'une basse, pro- duisait pendant sou action un son analogue a celui d'une corde grare joueeavec un archet. Dans ce son, qui etait dii aux chocs rapidcs d'un petit raartean sur un montant metaliique, le nombre des vibralions sonores ne repondait, comme dans le son de rosciliateur acoustique, qu'a la moitie du nombre synchrone des oscillations du marteau ; mais ce resultat pouvait s'expliquer facilement, attcndu que lors de I'os- cillation retrograde, c'est-a-dire decelle qui eloignait du montant metaliique le marteau , celui-ci venait frapper sur du liege, en sorte que par ce moyen le bruit des oscillations d'un sens pouvait etre plus intense que celui des oscillations du sens oppose. M. Ca- gniard-Latour pense qu'un effet analogue doit avoir lieu dans I'os- cillateur acoustique, quoique les chocs alternatifs de la tige de verre aient lieu sur du metal. Ainsi, dans son opinion , lorsque les mouvements de la tige ont une rapidite suffisante, le systeme des montants et de la tige devient le siege de vibrations secondaires ou d'un tremblement dont le bruit se Irouve influence de maniere a en- gendrer un battement principal par chaque mouvement de va-et vient de cette tige. A I'appui de cette hypothese, il annonce avoir remarque que si, apres avoir fixe sur I'appareil une petite table renforcante, on le fait aller et vcnir avec la main pendant qu'il fonctionne par I'insufflation de la bouche, on remarque que dans le cours de chaque double oscillation ou balancemcnt du systeme, I'effet sonore engendre un battement tres distinct. M. Cagniard-Latour soupconne que I'air, soil par defaut d'ho- mogeneite ou par d'autres causes, est impropre a faire entendre deux bruits exactement semblables lorsque les chocs qui les pro- duisent resultent de deux mouvements de sens contraires. II se fonde principalement sur une observation qu'il a faite en communiquant avec la main un mouvement oscillatoire a I'une des Extrait dc L'lmlilut, 1840. 13 98 extremites libri'S d'uii tuyau flexible, ptMulaiit qti'il insufflait aveO sa boucho raiilro extreinite; cettc experience lui a niontre que, dans le cas ou {'insufflation elait assez forte pour produire par la sortie du gaz de I'expiration un bruit de quelque intensito, oelui-ci engendrait, a chaque double oscillation du tuyau, un bat- fement, ce qui semblerait indiquer que Ics oscillations d'un sens s'entendaient mieux que celles du sens oppose. II a vu aussi (]iie, dans le cas oil I'extreniite du tuyau cheminait circulairement au lieu d'osciller, on entendait un battemeut a cbaque tour entier qu'executait le tuyau. Un tube sirene ordinaire, un autre a ressort en girouette et un tube muni d'une auche libre en forme de clapet circulaire, ayant ete adaptes au meme tuyau flexible, et ba- lances pendant qu'ils resonnaient par rinsufflalion dans le tuyau, ont fait entendre aussi, par chaque mouveraentdcva-et-vient qu'on leur conimuniquait, un batlenienl ; enlin, avec une sirene a vingt trous, essayee d'une nrianiere semblable, le son baissait sensible- fiicnt pendant I'oscillationdans un sens, et remoniait pendant I'os cillaliou du sens contraire, ce qui formait encore un battcment dans le cours de ces deux mouvements. Dans un memoire hi a I'Academie des Sciences, en septerabre 1831, sur le bourdonnement ou son aerien que produit la toupie ordinaire en tournant rapideraent, M. Cagniard-Latour avail de- montre, l^que dans un pareil son chaque vibration sonore repond a chaque tour execute par la toupie; et 2" que, dans le cas oii la toupie est construite de maniere a pouvoir tourner le plus exacte- nient que possible sur son axe de figure, son bourdonnement n'est que ires pen sensible, comparativement a celui que fait entendre une toupie moins parfaite, c'est-a-dire jouissant d'un certain mou- vement d'excentricite. D'apres celte observation et I'experience precedente, il regarde comme ires probable quechatiue battement ou vibration sonore d'une toupie resnlte principalenienl de ce que ce mobile, parses chocs conire I'air ambiant, engendre dans cha- cun de ses tours entiers une serie complexe propre a produire un battement, a pen pres comme les series de la sirene complexe dont il a precedemment enlrelenu la Societe. 11 a d'ailleurs constate qu'une sonnette metallique debarrassee de son batlant pent, en tournant comme une toupie, produire le son de bourdonnement, el (lue, malgre lu mouvemeiit rotatif, elle donnc en outre le son me^ 99 Jailiquc oidinaiio lorsqu'elle recoil des cliocs. 11 oroit aussi que le son auquel (dans le nieme memoirc) il a doniie lo nom de son d'axe, el qui se pioduit loutes les foisque I'ou fait tourncr rapidemenl el sur deux pivols uh corps solide queloonque tant soil peu excen- irique, se forme d'une maniere analogue, puisque, dans un pareil SOI), comma danscelui de la loupie, chaque vibration sonore, ainsi que I'auteiir I'a conslale, repond aussi a chaque tour execute par lo corps solide. La seule difference, dans ce second cas, consiste en ce que les bruits divers formant la serie complexe de chaque bal- lenienl sont solidiens avant de devenir aeriens, c'est-a-dire qu'ils resuhenl originaireracnt de chocs exerces par les pivots du corps solide dans les irons de son support. M. Cagniard-Latour, par quehjues experiences sur une lame elastique fixee d'un bout, a reconnu, comme on aurail pu le pie- voir, que dans le son d'une pareille lame le nombre des vibrations sonores ne repond qu'a la nioilie du nombre synchroue des oscil- lations simples de la lame. Des experiences du meme genre, qu'il a failes sur des diapasons a fourchette, lui onl donne des resultats analogues. 11 soupconne que, lors de la resonnance d'un pareil instrument, les vibrations secondaires des branches peuvent elre inllueucees par les oscillations principales, de facon que ces bran- ches se trouvent un peu moius allongees pendant les mouvemcnls oscillatoires dans un sens que pendant ceux du sens conlraire; il a essaye de cousiater celle difference par des procedes graphiques du genre de ceux qu'ont employes deja quelques physiciens pour revaluation nuraerique des sons ; mais, au lieu de laisser la pointe vibranie conslammenl appuyee contre lo tableau mobile destine a recevoir ses traits, ainsi qu'on le pratique d'ordiuairc, il a fait en sorte que cette pointe, qui est d'acier Ires dur et solidement fixee au bout d'une des branches du diapason, uc put atteindre le ta- bleau si cette branche, lors de ses oscillations dans un sens, elait reellemeut moins allongee que dans les oscillations du sens cou- traire. Ce tableau elait forme d'une feuille mince de cuivre jaune poll, du genre du clinquant; et comme la pointe d'acier etail Ires aigue, pour peu qu'elle alteignitle tableau, elle y gravait des traits. Dans quelques-uns des essais pendant lesquels, aprcs la premiere impulsion donnee, on laissait le diapason vibrer seul, c'esl-a-dire sans Tcmploi d'un archet, les traits des vibrations dans un sons too ontele prosqueimpercepliblcs, comparativeiueut a ceux repondant aux vibrations en sens contrairc. L'auteur cependant ne tire encore deces aperous aucune conclusion, ayant I'intention de rppeter ses experiences avec un appareil niieux construit ct d'un effet plus constant. M. Cagniard-Latour fait remarquer que, d'apres ce qui a eu lieu dans les cordes vibrantes et dans les tuyaux d'orgue, et d'apres les observations precedentes, il semble que tout corps qui resonne par des raouvements oscillatoires ne doit produire qu'une vibra- tion sonore par deux oscillations simples. II rappellc divers nioyens a I'aide desquels il a pu soustraire certains corps sonores oscil- lants a cette espece de loi generale ; mais il fait remarquer que dans tous les cas oii elle se manifesto on pent I'attribuer en partie, soil a un defaut d'boraogeneite dans I'air ambiant, soit aun defaut analogue dans le corps vibrant lui-meme, soit enfin aux deux causes reunies. Seance du lA novembre 1840. Hydrodynamique : Sur les poids apparents d'un liquideoscil- lant. — M. de Caligny ajoute quelques explications a ce qu'il a dit sur ce sujet dans la precedente seance, a I'occasiou d'un nou- vel appareil. " II y eut dans le dernier siecle, entre Leibnitz, Fontenelle, Be- lidor, Mazzini et Reaumur, une discussion dont le sujet a quelque analogie eloignee avec celui dont il s'agit. Ces deux derniers prou- verent par experience que la pression, supportee par le fond d'un vase rempli d'eau sur laquelle se soutient un flotteur, tire de haut en bas, an moyen d'un fil, par un poids plonge dans cette eau, diminue quand on coupe le fil. Belidor rapporte que le pla- teau d'une balance, sur lequel etait pose le vase de Mazzini et Reaumur, s'est souleve quand on a coupe le fil, ce vase elant un tuyau beaucoup plus long que I'ensemble du flotteur, du fll et du poids. M. Navier dit que ce poids ayant un certain chemin a par- courir avant d'arriver au fond du vase, ce fond etait decharge de la force en vertu de laquelle se faisait cette descente. (Voyez Belidor, coramente par Navier, torn. 1, p. 375). — Or, d'apres les considerations indiquees dans la derniore seance, dans certains cas, UH liquidecD oscillation doit pressor Ic fond du systeme ou il toi oscille aveo moiiis cle force que s'il y olait en rcpos, line parlie dc son poids etaul aussi employee a engendrer de la force vive, qui peut jusqu'a un certain point etre depensee en deformations, comnie dans un ensemble de cliocs entre corps mous. Mais dans I'esperience de Mazzini et Reaumur, la vitesse acquise en vertu de la force dont le vase etait plus ou moins decharge, flnissait par causer un choc sur le fond de ce vase, quoiqu'une partle de la force vive se dissipat dans le trajet. « Si le poids apparent d'une colonne liquide , oscillante dans un siphon reuverse de diametrc constant, n'est pasdiminue, c'est a cause de la pression provenant du mouvement de la colonne qui se ploie dansle coude. On remarque seulemcnt ici qu'une partie de la pression d'uu pareil siphon, provenant de cette pression hydrau- lique dans le coude, semblerait ne pas devoir agir en enlier sur le fond de I'ocean, si Ton y considerait des siphons liqiiides, parcequ'une pression locale dans le liquide cause du mouvement qui se disperse en grande partie avant d'arriver au fond, suppose a une grande profondeur par rapport aux flots. « II ne s'agit point ici du genre de phenomenes oil le mouve- ment est directement produit par des forces tout-d-fait distinctes du poids des corps qui le recoivent; c'est-a-dire que s'il y a une diminution de pression sur le fond de I'eau par suite du mouve- ment , ce n'est point a cause du mouvement horizontal qui pourrait etre imprime directement par une force quelconque dis- tincte du poids du liquide ; une force horizontalo n'influant pas sur une force verlicale a moins qu'elle ne change la hauteur du centre de gravite. II s'agit des effets du mouvement d'ondulation lui-meme. » M. de Caligny se borne a donner les explications precedentes, ce qu'il aurait a y ajouter pouvant, dit-il, se deduire d'une ma- niere plus simple d'un principe general de mecanique, coreime il le fera voir dans une prochaine seance. Seance du 28 novembre 1 840. AcousTiQUE : Voix humaine. — M. Cagniard-Latour commu- nique la suite de ses rechcrches sur la formation de la voix hu- niakie. Ses precedentes experiences avec lo larynx artificiei, forme par 102 lupplicatiun dc la bouche sur deux doigls, lui avuiont inoiilic <)u'en general les sons dc ce syslcme onl plus dc rondeur et d'iii- lensiie lorsqu'ils onl lieu pendant les vibrations simultanees de deux couples de levres. D'apres ces resultats , i) soup^'onne que la cavite acrienne con - tenuc enlre ces deux couples n'esl pas seuleracni utile pour for- mer un espace proprc a permettrc que ces vibrations d'ancbes puissent s'effectuer avec une certaine amplitude, raais qu'elle joue aussi le role d'un corps sonore dont I'effet renforcanl peui meme etre asscz puissant : qu'ainsi probablement elle doit avoir certaincs dimensions determinees pour qu'elle ait la nieilleure iiiilueuce pos- sible sur le timbre de sons obtenus. Divers essais qu'il a faits pour avoir a cet egard quelques don- nees, I'ont conduit a reconnaitre que le cadre en liege interpose d'avance entre la bouche et les doigts , comrae moyen de donner au vcntricule plus de developpemi-nt, devait etre mince pour pro- duire des sons qui se rapprochent le plus possible de la voix, c'est- a-dire que les bords de ces cadres devaient etre assez bas pour permettre quo les levres de la bouche , pendant leurs vibrations, s'approchassent beaucoup des doigts, mais sans cependaut les at- leindre. II a vu aussi qu'avec un cadre a bords un peu plus eleves Ic sou avail (juelque chose de sourd ou do moios ouverl , mais que cette defectuosite pouvail disparaiire ou du moins etre beaucouj) moins sensible si Ton venail a douner aux vibrations simultanees des deux couples de levres beaucoup plus d'amplitude , en aug- menlant couveuableraent la force de I'insufflation. D'apres son observation relative a I'octave grave que peul don- ner un tube cylindrique lorsqu'on le fait resonner commc un cor, I'auteur croit que, dans I'experience precedente, la cavite ventri- culaire , quoique assez peu elendue , est cependant le siege de re sonnances trop graves lorsque les vibrations simultanees des deux couples de levres n'ont qu'uue amplitude ordinaire, purcequ'alors rouv(!rture periodique que subit la cavile, pendant ces vibrations, se irouve trop retrecie; en sorto que, suivant lui, la cause princl- pale de I'amelioration ([ui s'obtient par une insufllation plus forte consiste tres probablement en ee (jue cette insufllation procure une ouveiture pcriodiciue plus grande a la cavite ventriculaire 103 ciont les vibrations aeiionnes prennent ainsi mi cxliaiissenionl dc ton. Ses experiences , avec d'aulres appareils interposes , iui ont fait voir que, dans le cas ou cette cavite etait tres petite , c'est-a-dire au point de n'avoir juste que le developpement necessaire pour permettre aux deux couples de levres de vibrer simultanement, no futce meme que dans une assez petite partie de li'ur longueur, il pouvait cependant obtenir des sons purs et d'une assez grande in- tensite, mais qui ressemblaient en general moius a la voix qu'a des sons d'anches , surtout dans le cas ou les levres de la bouche pou- vaient , en vibrant, battre avec une certaine force sur les doigts. M. Cagniard-Latour n'a pas cru necessaire d'experimenter beau- coup sur de tres grands vcutricules , yttendu que deux essais a cet egard Iui avaient deja montre qu'a moins d'ajuster a de parcils reservoirs des levres raembraneusessuscepiibles d'avoir des vibra- tions bien plus amples que celles du larynx artificiel , forme par la bouche et les doigts , on n'en obtenait que des resultals denues d'interet. Les reservoirs qu'il a employes dans ces deux essais consistaient, Tun en une sphere creuse en bois d'une capaciie d'ea- viron 9 centilitres , et I'autre en une sphere semblable d'une con- tenance de 23 centilitres. Avec la premiere sphere, on obtenait, par les vibrations simultanees de la bouche et des doigts , quel(]ues sons tres graves , et encore n'y pouvait-on reussir qu'avec peine; mais, avec la seconde , los memes vibrations simultanees no se combinaient point, c'esta-dire que chacune faisait entendre le sua qui Iui etait propre. D'apres I'ensemble de ses recherches , M. Cagniard-Latour est porte a penserque, pendant remission des sons vocaux naturcis, c'est-a-dirc de ceux qui servenl d'ordinairea parlor, los doux cou- ples de levros laryngionnes vibrent simultanement, et que les ca- vites ventriculaires , quolqu'elles ne soient pas tres grandos, peu- vent cependant alorsjouer sous plusieurs rapports, el nolamraent comme cavites renfor^antes du son vocal, un role important ^ pourvu que les vibrations des levres laryngicunes puissent avoir une amplitude suffisante. L'auteur annonce ensuite que, dans diverses experiences qu'il a faites sur la voix de ventriloque , il a romarque que , dans le cas meme oii ootte voix acquerait une certaine acuite , le larynx n'a- 104 vait pas di! mouvement asceiisionnel et restait presipie immobile. II peusetiuo cclte voix est due en grande partie a des vibrations hydrauli(|ues , c'est-a-dire aux allees et venues des mucosiles doiit la glotte est humectee, et qui peuvcnt ainsi , lorsque les ievres do celle glotle so trouvent convenablement rapprochees, jouer le lolo d'une espece d'anche. A I'appui de cette assertion , il fait reraar- quer 1° qu'en humectant de salive les Ievres de sa bouche, il a pu, par I'expiration, pendant qu'elles etaient rapprochres, imiler jus- qu'a un certain point quelques sons de la ventriloquie , surtout on presentant au-devant de sa bouche un porte-voix niembraneux ; et 2° qu'ayanl place une goutle d'eau dans un tube de verre donl uu des bouts avait ete retreci en un petit orifice capillaire, il a pu, en insufflant ce tube convenablement , lui faire rendre un son tres pur par les vibrations de la goutte d'eau contenue dans Torifice retreci. Seance du 12 decembre 1840. M. Payen communique a la Societe une nouvelle experience tendant a convertir la cellulose en une matiere susceptible de bleuir par I'iode, a la maniere de I'amidon. A cet effet, il prend du papier a filtre, et I'impregne d'une solution d'iode, qui ne lui donne que sa propre couleur ; puis il verse sur cette substance or- ganiquede I'acide sulfurique concentre, qui en opere la desagre- gation , et, a I'instant meme, elle nianifeste la couleur bleue. Physique : Mcteorologie. — M. Peltier communique la note suivante sur I'electricite atmosphcrique. Lorsque Franklin cut constate que la foudro etait une puissante decharge electrique, on chercha de toutes parts quelle etait la distribution do I'electricite dans I'atmosphere ; comment on pou- vait la recueillir et la constater; cnfin quelle en eluit Torigiue. Deux moyens d'investigation sont employes pour cela : I'un so compose d'appareils fixes, le second d'appareils mobiles. Dans Je premier on se sert de fils metalliques isoles et ctendus dans Tat- mospliere, ou de barres verticales egalement isolces. Cc raoyen, par une foule de causes secondaires, ne donne que des resultals incertains; Tisolement des supports varie avec I'etat de I'atmo- sphere, la poiissiere qui s'y attache et les fils que les inscctcs y deposent. D'iqjres leur immobilite, ccs appareils sont dans la de- 105 pendance lie la secheresse ou de I'tiumidite de Tiiir, de la sereuile ou do I'opacite de I'almosphere, du groupenient des vapcurs en images et de I'isolement de ces derniers. Le second luoyen se com- pose d'uu electrometie portatif, de cerfs-volants et de rheome- ires. M. Peltier ne s'est occupe, dans cette communication, que de I'electrometre a feuilles d'or, qui lui a permis de remonter a la cause des manifestations electriques sous un del serein. Plusieurs physiciens, el principalenient de Saussure, s'etaient apercus que I'instrument donne des signes d'electricite contraires, selon qu'on I'eleve ou qu'on le baisse. Mais, convaincus que I'electricite ma- nifestee appartenait a I'atmosphere, ils ont cherche dans i'air I'ex- plicatiofl de ces effets opposes et de la lenteur de Tinstruraent a se charger d'electricite, si on le laisse a la meme hauteur. On sail queles electrometres ne marquentque la difference qu'il y a entre la tension electri(iue de la tige superieure et le milieu ou plongent les feuilles d'or inierieures. On equilibre I'instrument en touchant le fond et la tige a la fois; les feuilles sont alors a zero. Si la tige est surmontee d'une boule polie, on pent laisser I'e- lectrometre expose a I'agitalion de I'air sous un ciel serein pen- dant une heure ou deux, ou le promener de cote et d'autre, en le tenant a la meme hauteur, sans qu'il manifeste la moindre trace d'electricite. Si la tige est terminee en pointe, il prend quelque- fois un peu d'electricite apres une demi-heure ; mais ce temps sera de bcaucoup abrege si Ton terniine la tige par un faisceau de fils de metal, ou par un corps incandescent, comme le faisait Volta. Dans le premier cas ou I'instrument est teste muet, si on le sou- leve de quelques decimetres, les feuilles divergent aussit6t/)os/™,36. 112 -. bii reste , Ics Lomparaisoiis baromelriques sorout bienlot presijuo', iiiutiles lorsiiu'on sera sur iiuc I'tjchello ("si bieii laito , son zero bi(;n place , et qu'on connaitra le dianiolre tlu lube dii baroinetre , oelni de la cuvette , et la Heche des deux iiienis- ques ; car M. Delcros vient de calculer une table d'apres les expe- riences et les formules de M. Schleiermacher , qui donnc la de- pression caplUaire en fonclion du diametre du tube et de la (leche du meniscjue. Ce dernier element etant suul variable , chaque ub- servateur pourra se faire une petite table a son usage pour un instrument donne. La table de M. Bouvard , calcuice d'apres des experiences faites a I'air libre et non dans le vide, suppose I'anglo que le menisque fait avec le verre constant; elie est a un seul ar- gument, le diametre du tube, et ne saurait etre employee que pour le calcul de la depression du raercure dans la courte branche du barometre a siphon. Get instrument est loin de donner la hau- teur absoiue , pursque la depression de la longuc ct de la courte branche ne se conipcnsent en aucune maniereacause de la varia- bilite et de la difference des raenisques. 11 offrc encore un autre inconvenient corame barometre de voyage : c'est que le vent fait osciller la colonne de telle maniere que i'observaliou est souvent impossible. En outre, sa fragilite est extreme ; et ce n'est que dans quelques grandes villes qu'on trouve des souffleurs de verre assez habiles pour refaire le tube quand il est caise. Sa legerete est done son seul merite; mais M. Ernst vient do conslruire un barometre a cuvette dont le poids est le mcmc , et qui pent etre facilement repare. II consiste en un tube droit dont I'extremite inferieure est recue dans un tube d'un plus grand diametre faisant office de cu- vette, et soude au premier a Taide d'un mastic. Une double echelle sert a noter la hauteur du mercure dans le tube et dans la cuvette. La somme des deux nombres donne la hauteur totale de la celonne mercurielle. Le long tube est retreci a sa partie infe- rieure de maniere a eleindre les oscillations de la colonne mercu- rielle. » FIN OES KXTItAlTS DK 1840. SOCIETE PHILOMATIQUE , DE PARIS SOCIETE PHILOMATIQUE DE PARIS. EXTRAITS DES PROCES-VERB AUX DES SEANCES PENDANT l'aNNEE 1841. PARIS IMPRIMERIE DA. RENE ET C'% RUE UE SEINE'S. -GERMAIN, 32. 1841. EXTRAITS DE L" IPSSTITL'T, JOURNAL GENERAL DES SOCIETES ET TRA VAl\ SCIENTIKIQl ES DE LA FRANCE ET DE L'ETBANGKH. ire Soction.— Sciences Mnthcmatiques, Physiques et Naliirelles. Rue (ie Seine, 32, a Paris, ' r SOCIETE PHILOMATIQUE SEANCES DE 18^1. Exlraits des procfes - verbaux. Seance du 2 Janvier 1841. Physique : Electricite des vapeurs. — M. Peltier comniuniqiie fin fait relatif a I'electricite produite au moment de I'expansion des vapeurs. Lorsqu'on lache de la vapeur, provenant d"eau distill^e, formee dans un vase en cuivre, et ayant une tension de pkisieurs atmo- spheres, cetie vapeur est positive; le vase est negatif. Si la vapeur a une faible tension et qu'elle mouille en sortant, on ne recueille plus d'electricite. La qualite de I'eau, la pression, la forme et la matiere de I'ajutage formant oriflce, font varier la tension et la na- ture de I'electricite. M. Peltier dispose un apparcil pour etudier scparement ces diversescirconstances. 7ooLOGiE : Organisation des Zoopliytes et des Mollusques. — Exriait ilc L'lnslUiit, 1S41. 1 2 111. iVIiliie-Edwarils ((liiiniiiiiiqiie a la Societe divers I'iiils relatifs a I'orgaiiisalion ties Zoophytes et des Moliustiues. I'eiidaut son sejour a Nice, i'hiver dernier, il a decouvert une nouvelle espece d'Acalepho (pii devra constitucr un genre particuiier, voisiu des Callianires de Peroo, et qui est remarquahle par I'exis- tence d'un sysleme nerveux, compose d'un gros ganglion medio- dorsal, surmontc d'un lobe optiqur, et donnaut naissance a quatre faisceaux divergeuts de nerfs; la disposition de cet appareii rap- pelle tout-a-fait celle du sysleme nerveux des Bipliores, et, de meme que chez ces Tuniciers , ie lobe opti(iue est surmonte d'une lache oculiforme. Dans le Beroe ovatus, M. Milue-Edwards a trouve une tache oculiforme semblable, mais n'a pu distinguer ie ganglion qui probablement existe au-dessous. IM. Wilne-Edwards s'est assure aussi que chez les Equorces les organes de la generation different tout-ii-fait de ceux des Meduses ordinaires, des Rhizostomes, etc., et occupent la face inferieure de Tombreile, ou ils affectent la forme de lameiles rayonnantes ; chez certains individus ces replis niembraneux paraissent remplir les fonctions d'ovaires, tandis que chez d'autres ils constituent un ap- pareii tcsticulaire, car on les trouve gorges d'aniraalcules sper- matiques. Enfin M. Milne-Edwards entretient la Societe de ses observa- tions sur les dil'ferences que les Mollusques acephales presentent entreeux sous le rapport de I'hermaphrodisme ou de la separation des sexes, et ajoute que les Buccardes sont dioiques, aussi bieu que les Venus, les Anodontes, etc. Seance du d Janvier 1841. M. Combes communique les resultats de plusieurs analyses de gaz inflammable, provenant des mines de houiile. Jusqu'a present on n'avait trouve dans les malieres inflammables des terrains houillers que du gaz des marais. M. Biscliof a obteuu quelques centiemes de gaz olefiant, d'un gaz provenant du terrain houilier de Sarrebruck. Un gaz venant d'une mine, qui apparlient a une formation differente (celle de lias), et qui existe dans la princi- paute de Schauenburg, a donne jusqu'a 16 p. % de gaz olefiant. Ce dernier est beaucoup plus explosif et plus inflammable que le gaz des marais. I — M. A. Bravais donne quelques details sur les experiences iiie- t«orologiques qui out etefaites pariesmejubres composant la com- inissiou de rExpedltion du Nord. Celles dont il entretieut d'abord la Societe sout relatives au decroissemeut de la temperature avec la hauteur. Durant una nuit de trois mois,etavec la brise de terre, on a vu la temperature croitre,amesure qu'on s'eievalt, jusqu'u un maximum de 6° f , et sans que cet accroissement depassat une ele- vation de 60 a 100 metres. Cet accroissement de 6 degres parait etre I'elat normal de I'hiver dans ces contrees; il n'a plus lieu iorsque la brise souffle de la raer. Sa valeur n'cst pas la meme ave(; tous les rumbs de vent. M. Bravais mentionne ensuite le fait de I'orientation frequenlo des nuages par grandes bandes paralleles dirigees dans le sens de la iigne E \ NE. II emet quelques conjectures sur la cause de cette orientation remarquable. II signale la frequence des aurores boreales, qui se sont mon- trees 153 fois sur 200 nuits. II parle des intermitlenccs et de la periodicite presumee de ce genre de phenomeue ; de la coloration des rayons ou jets deluraiere, dont lanuanceordinaire est lejaune, mais qui nianifestent des teintes particulieres lorsqu'ilssont agites d'un mouvenient rapide dans la direction de raiguille d'inclinai- son. Dans ce cas, le pied du rayon se colore en rouge, et le som- met prend une teinte verte. S'il y a un mouvement de translation, le rouge se montre en avaut, le vert en arriere. L'aurore parait rouge quand elle est beaucoup plus australe. M. Bravais parle ensuite des observations relatives aux inten- sites magneliques. On a observe les effets do l'aurore sur I'inlen- site liorizonlale. Avant l'aurore, la decliuaison est plus ouest, el I'intcnsite horizontale augmente; elle est plus faible pendant la dureedu phenomene. L'intensite verticale augmente pare.illement avant l'aurore, diminue pendant le phenomene, el apres elle os- cille. Elle eprouve des perturbations qu'on pent evaluer a 7^ de sa valeur. Dans le jour, elle offre un maximum et un minimum. M. Bravais termine sa communication par quelques observations sur les lignes d'ancien niveau de la mer. Ces lignes ne sont pas ho- rizontales : les differences de niveau qu'elles presententvonla plus de 60 metres, tandis que la liautcur des marees actuelles est tout au plus de 1 metre. — M. CoDstant-Prevost, a I'occasion de ce que vient de dire HI. Bravais sur les lignes du niveau de la mer, croit devoir faire une reraarquegenerale : c'est qu'on aurait tort d'admettre, comme CD serait tente de ie faire au premier abord, que la trace laissee sur les cotes par la mer doive toujours etre horizontale ; il s'en faut de beaucoup que I'eleration dos marees arrive toujours au meme point; il y a des circonstances locales qui font que les traces de Paction des flots parviennent a des niveaux tres differents, en des lieux d'ailleurs peu eloignes, et quoiquo le niveau general soil le meme. Seance du 16 Janvier 184t. M. Peltier presente quelques observations sur la communication faite parM. Bravais dans la seance precedente. M. Bravais adit que les cirri prennent dans le nord une position presque toujours per- pendiculaire au meridien magnetique, et que ces nuages, ainsi que les nues detachees, etant emportes dans le sens des filaments, on pourrait soupconner que le vent est une des causes de cet arran- gement. M. Peltier fait reraarquer que cette constance de position ne se retrouve pas vers le sud, et que le vent ne pourrait rendre compte de la forme filamenteuse des cirri; il communique ensuite une des experiences qu'jl a faites sur cet objet. Beaucoup d'observateurs ont reraarque que les nues orageuses sont surmontees par de longs cirri qui se perdent dans I'atmos- phere; d'autre part, de Saussure a vu des nues s'elever du fond des vallees en masses informes, se diviser en filaments, et ceux-ci se repousser entre eux lorsqu'ils atteignaient pres de la cime du Mont-Blanc, pendant leur dissolution en vapeur elastique. Ces nues etaient alors fortement positives. {Voyage dans les Alpes,^201i.) M. Peltier, ne voyant dans ces filaments que des conducteurs im- parfaits, separes par la repulsion electrique, a cherche a les re- produire. Ne pouvant garder stationnaire de la vapeur opaque, il I'a remplacee par des parcelles de feuilles d'or battu, placees en- tre des corps charges d'electricites contraires. Ces parcelles se sont alignees entre les corps, et ont forme des conducteurs fila- menteux qui se repoussaicnt. 11 reproduit aussi une partic de cc phenomeno avec dos nuages formes de tres petilcs bullcs de sa- von. 5 L'alignemenl descorpusculcs conducteurs eulre deux corps elec- trises et la puissance de repulsion de Texterieur a Tinterieur que possederelectricite(rrat7edcsfrom6es,p. 191) lui dounentl'expli- cation de la division filanienteuse des vapeurs. Lorsque la premiere deces causes n'existe pas, ou n'existe plus, ralignement cesse , il ne rcste plus que la derniere qui s'opere en tous sens, et forme alors ces peliles masses isolees qu'on nomme flocons ou moutons, suivant leur grosseur, et I'ensemble cirro-cumulus. Ainsi les cirri reconnaissenl deux causes electriques co-existautes : I'action at- tractive de deux masses de vapeur ou de deux corps eloignes, pos- sedant des electricites differentes ; les vapeurs inlerposees et atti- rees dans le sens longitudinal s'aiignent ; mais, si leur arrangement est regularise dans ce sens, il ne Test pas dans le sens trans- versal; I'inegale densite des vapeurs dans ce dernier sens permet- tant une inegale distribution d'electricite, il en resulte des repul- sions laterales qui produisent des condensations filamentenses de vapeurs que I'on nomme cirri. II pent arriver, et M. Peltier eu promet des exemples, que Tecoulement electrique dans ces con- ducteurs intermittents rende quelquefois ces nuages phosphoros- cents. — M. Peltier fait une autre communication relative a la tem- perature de I'eau placee sur un corps incandescent. « Au moyen d'un couple thermo-electrlque platine et cuivre, j'ai cherche , dit-il , a niesurer la temperature de la capsule pen- dant les differentes phases que presente la goutle d'eau projetee dessus, aussi Lien que la temperature de la goutte elle-merae. Les difflculles que presentent ces experiences ne permettent pas de donner'des nombres rigoureux, mais seulementdes approximations sufflsantes pour rendre plus facile I'interpretationdes phenomenes de projections et de production electrique. " Apres avoir cbauffe une capsule en platine , bien propre , jus- <]ue vers 1200°, si on laisse tomber une forte goutte d'eau dis- lillee , la goutte prend une temperature moyenne de 77 a 80° cent. EUe la conserve jusqu'a ce que le platine soil descendu vers 106 a 110" cent.; elle mouille alors le platine, et elle est transformee sur-le-champ en vapeur produisant un faible bruit d'expansion. Cette production instantanee de vapeur fait baisser rapidement la temperature du vase. iVI. Uaudrimont a iiiiiiquo une temperature beaucoup plus basse , de 40 a 47° ; ines experiences ne me per- ineltent pas d'admettre ce chiffre. En supposant menie que le rayoDDcnient calorifique du platine put faire raonter le couple ther- nio-electrique dc 2 a 3'* , ce serail le maximum si Ton considere le peu de refroidissement de la goutle pendant I'abaisseraent de tem- perature de la capsule de 1100 a llOo. « Si (juelques corps etrangers reposcnt sur la parol du vase , ou viennent la toucher, ils en facililent le mouillage partiel. Ce phe- nomene a lieu a une temperature plus elevee qui varie de 120 a 140°, suivant la nature et la quantite des corps en suspension. La temperature de la goutte monte alors de 3 a 4°. Plus est elevee la temperature a laquelle s'eflectue le mouillage partiel , plus grande est la tension de la vapeur formee , plus grande aussi est la force avec Inquelle elle projette la paroi liquide qui I'enceint , et euiin plus fort est le bruit des explosions. Ces productions partielles de vapeur font baisscr rapidement la temperature du metal, et bien- tot le mouillage ne produit plus qu'une vapeur sans energie, (jui fuse en s'ecliappant. " Lorsqu'on obtient des projections avec de I'eau distillee, il n'apparait aucun signe electrique; mais cette absence de signe ne demonlre pas rigoureusementqu'il n'y a pas d'electricite produite pendant le changement d'etat; cela peut provenir du mode d'ex- perimentation qui n'isole pas assez rapidement la vapeur formee du reste du liquide. Ce sera le sujet d'une communication ultc- rieure. « Lorsqu'on emploie une dissolution de sel marin , elle garde une temperature de 79 a 81°C. ,et Ics projections ont lieu lorsquc la capsule est desccndue entre 140 et 160**. Les projections sout d'autant plus vives , qu'elles se font a une plus haute temperature de la capsule, et la quantite d'electricite croit daus la porportion dela rapidite ei de I'cnergie des decrepitations. Plus la dissolution est saturee , plus la decrepitation se fait a une haute temperature. Les dissolutions colorees en noir decrepitent a des temperatures plus hautes encore , et j'en ai observe qui ont decrepite a plus de 300". " II y a done deux choses bien distinctes dans ce phenomeue ; les explosions provenant des vapeiirs produiles a une haute tenipc- ralure; al Velcclricilc \uo\v\i'dnl de la brusque segregation chl- I jiiiquo ties corps tlissoiis. Lorsqiie outte segregation so lait lente- inent , la neutralisation olectrique est operee avant que les mo- lecules de vapeur soient assez isolees du liquide pour garder Peleotricite qu'elles avaient au moment de ieur formation , tandis que ces brusques explosions produisent risolement necessaire a la conservation de relectricite developpee. » — M. Cagniard-Latour presente son oscillatcur acoustique et le soumet a queiques experiences , notamment a celle dont le but principal est de faire connaltre les deux effets alternatifs, c'est-a- dire le battement et le silence, qui onl lieu par chaque double os- cillation du marteau de verre , lorsque celui-ci, par I'effet d'une pression exercee sur son raanche elastique S€ trouveappuye centre un des monlants metalliques. L'auteur annonce ensuite qu'ayant ecoute attentivement la re- sonuance de son appareil pendant qu'il etait appuye centre une surface renforcante , il a reniarque : l^que les fremissements du systeme engendraient un son grave, tres appreciable lorsqu'ils ap- prochaient d'avoir I'activite par I'effet de laquelle le marteau peut quitter periodiqueraent son monlantet y revenir apres avoir frappe le montant oppose ; 2" que le battement avail lieu dans le moment oil le marteau, par ses cbocs, augmenlait riulensite du son; et 3" que les causes du silence dont ce battement est suivi paraissenl consister principalement en ce que, pendant la production memo des chocs du marteau, une parlie de la force mouvaute fouruie au systeme est absorbee , de facon qu'ensuite les fremissements so trouvent momenlanement dans I'irapuissance de faire osciller Ic marteau. A ce sujet , Tauteur rappelle le soin que les mecaniciens apportent a eviter qu'il ne se produise des chocs dans les machi- nes en raouvement, sachantbien que ces chocs ont I'inconvenient d'absorber une partie de la force mouvaute, et il fait remarquer que son experience peut etre cousidereo comme un raoyen de de- montrer celte proposition avec une evidence toute parliculiere. Pour prouver I'influence que les fremissements communiques au systeme des montants peuvcut avoir dans la production des batte- ments et des silences alternatifs , il fait remarquer que cette pro- duction cesse d'avoir lieu lorsque Ton vient a diminuer I'activite des fremissements en posant le doigt sur le sommet des mon- tants. M. Cagniard-Lalour aunoDce, fnoutr«,que, dans un casou I'on avail dispose Pappareil de facon que le marteau, apres avoir quille ie montant coutre iequul il etait appuye , put y revenir sans avoir atleint I'autre montant, on obtint les raemes resultats, c'est-a-dire des battements qui paraissaient resulter en grande partie de sus- pensions periodiques produites dans le son grave engendre par les fremissements , en sorte que , suivant lui, c" battements au- raient une grande analogie avec ceux des moulinets-sirenes a echancrures equidistantes. L'auteur, dans une de ses precedentes communications , avail indique quelques essais d'apres lesquels il paraissait ijuc, pendant la resonnance ordinaire de I'oscillateur acouslique, les chocs alter- uatifs du marteau sur les deux montants metalliques avaient a peu pres la nienie inlensite. 11 se propose d'essayer un nouveau moyeu qu'il croit devoir etre plus precis que ceux precedemraent em- ployes; ce moyen consisterait a fixer sur les montants deux petites limes contre lesquelles viendrait frapper le marleau; celui-ci serait alors forme de deux pelits cylindres de laiton visses dans uneraon- lure commune. L'auteur suppose que les cylindres, en frappanl sur les limes, devront s'altcrer de maniere a diminuer de poids et a pouvoir indiquer par ce moyen si les cliocs d'un sens ressemblent, sous le rapport de I'energie ou de faculte usante , a ceux du sens contraire. — M. Bourjot presente a la Societe la table externe d'une ma- choire d'Elephant, et trois dents molaires , dont I'une encore a I'etat de germe , qui out pu appartenir a cette meme machoire. Ces rcstus fossiles proviennent d'une fouille faite au lieu dil Mods, pres Randan, arrondissement de Clermont ( Puy-de-Dome). D'apres la forme en lozange des lames de cement et d'email des molaires, ces restes onl du appartenir a Cftle variele ( sinon espece) d Elephant, intermediaire. quant a ce caractere, a I'Ele- phant d'Afrique chez lequel les lozanges sont tres largemenl des- sines, el a I'Elephant de I'Inde qui avail les lames dentaires elroiies et paralieies. Mais une consideration qui rcssort de la note d'cnvoi, c'est que ces restes out e(e charries par un grand courant d'eau , qui ne serait autre que I'Allier , acluellement reduit a de tres fai- bles proportions; (]ue les detritus volcaniques entraines de la con- tree superieuro , c'est-a-dire du plateau plus eleve de FAiivergno, 9 oiU line puissance do 100 a 150 m. aii-tlessus dc ia liviero d'Allier, et quo ces detritus ont eto amenos de la coiilree volcani- (jue des Monls Dore par la vallee de Neciit-r lo grand courant de I'Allierd'alors lesentrainant avec force, car, a Randan et aux envi- rons dans toute laLimagne, lo sol cesse d'etre volcanique. M. Bour jot, en exaniinant ces debris et principalement I'etat integre de la pointe de I'apophyse coronoide de la machoire , et des nioJaires , cherche a expliquer comment les rcstes d'animaux peuvent avoir ete entraines des lieux de leurs habitations a des distances enormes a I'etat de cadavres , par de grands cours d'eau. U s'appuie des recherches faites par M. Devergio jeune,dans la vue d'eclairer ce qui se passe pour le corps des noyes de I'espece humaine, el de remonter a I'epoque de rimmcrsion par I'etat du cadavre ; ces re- cherches et d'autres observations niontrent qu'il faut un temps tres long pour que le cadavre , aprcs avoir plonge, puis etre re- monte a la surface par le baiionnemeut cause par la putrefaction, etetre devenu un corps l!ottabIe,soit disloque par maceration. S'il resle sous I'eau et sous une pression assez forte , il passe alors a I'etat de gras dc cadavre ou d'adipocire, la peau et les muscles eprouvant une veritable saponification , et la peau s'incrustant de sels qui lui donnent une grande resistance. — Revenant sur une communication faite il y a deux ans a la Societe, sur les moyens que possede I'oeil humain dans la contrac- tion de ses muscles droits et obliques pour augmenter son diame- tre antero-posterieur , en merae temps quo la convexite de la cornee, et ainsi voir de plus pres, avec un certain effort, M. Bour- jot cite les experiences tout-a-fait concluantes pour son opinion , de tenotomie oculaire, dans Icsquelles MM. Philipps et Baudens ont vu qu'eu coupant le muscle droit interne et le grand oblique, et en enlevant ainsi le^ moyeus de pression, on otait a I'oeil sa con- vexite auterieure , et que des sujets myopes sont devenus inconti- nent presbytes ou au moius a vue a distance ordinaire. Seance du 23 Janvier 1841. Cbvptogamie : Sur le genre Asparugops is, Algue nouvelle a ujouter a la tribu des Floridces. — M. Montagne lit a ce sujet line note dont voici I'analyse. line des Tbalassiopliytes les plus elegantes de toute la famille F.xirail ile L'liislilul, 18/)1. 2 10 ,1 ete decouverie sur la cote tl'Alexandrie et publiee par M. Delile, dans sa Flore d'Egypte, sous le nom de Fucus taxiformis. L'ab- sencc de fructification avail jusqu'ici tenu cetto plantc dans la ca- legorie de celics qui demandentun nouve! exainen. IM. Agardli en avail fait avec doute un Cliondria , et Sprcngel ['avail copie. MM. \Vei)b et Berlhelol ayant eu I'avantage de letrouver cetle p'ante marine aux Canaries et do la rapporter avec des fruits, M. Montagne, qu'iisont charge de la publication delaCryptogamie de leur ouvrage, a etudie ces fruits et les a trouves identiques a ceux des genres Dasya el Bonnemaisonia. Apr^s avoir rapporte de preference cetle belle Algue au premier de ces deux genres, d'aprcs cetle consideration que, outre I'identile de fructification, ses ran)ules en pinccau eta lent egalement cloisonnes, une foule de nouvelles considerations, toutes tirees de la structure des frondes el du port de celte Phycee, sont venues dissuador M. Montagne de la laisser a la place qu'il lui avail d'abord assignee, d'apres les deux caracteres sus-raentionnes. I! a trouve en elfet des dissem- blances telles qu'il lui parail impossible de ne pas les regarder commc elablissant une distinction generique. Aiiisi une seulo es- pece de fructification, une souche ram[iante d'oii s'elevent les frondes fertiles et qui donne a cettc Alguc quelque analogic avec les Caulerpes, la structure des rameauxpenicilliformes dont la ra- mification est pennee et non dichotome, et dont les endochromes sont multiples, comme dans les Polysiphonies, et non simples, tels soul les caracteres qui s'opposent a ce qu'elle soil laissee parmi les Dasya. Elle ne pent pas davantago etre reunie au Bonne- maisonia, dont le fruit ne saurait a la vcrite la distinguer, mais dont elle s'eioignc neanmoins par son port et sa structure. D'oii Ton pout conciure que, dans cette famille, la fructification n'est pas suffisaiite pour limiter convenablement les genres, ainsi qu'il a ete dit plusieurs fois. Voici les caracteres sur lesquels esljfonde ce nouveaii genre, auquel, a cause de son port, M. Montagne donne le nom d'AsPAUAcopsis ; Fructus : Capsular sphajric*, piimo mucronulata^ demum mu- ticae, longc pedicellatae ; sporidia pyriformia fundo eorum fills arti- culatis affixa, includentes. Surculus sen caudex repens, cartila- ginetfs, sursiim frondes erectas, teretes, filiformes, continuas ramosasqueemittens. Rami sparsi, penicelliforraes, patentcs. Ra- 11 muU niembranacci, teiiuissimi, compluuali, piimati el bipinnati, piDDulis distiactearlioulatis. Endochromala eslrWs terms, media augustiori iitrinque saepius incrassala , lateralibus crassioribus coraposila. Color roseo-purpureus, interdiim violaceus, cum a;tate lutescens. Substantia caudicis ot frondis primariae carlilaginea ramulorum merabrauaceo-gelalinosa, lenerrima. Locus in syste- rante inter Bonnemaisoniam et Dasyam. L'espece unique de ce genre est decrite et figuree sous le Dom de Dasya Delilei, dans I'llisl. nat. des Canaries de MM. Webb ctBertheiot, PInjtogr. sect, ult., p. 1C6, tab. 8, f. 6. Elle devra prendre desormais celui d' A sparagopsis Delilei Montag. Hydraulique : Ajutages divergcnts de grandes dimensions. — Mouvements de I'eau dans les cones, etc. — M. de Caligny communique la description des experiences qu'il a faites sur le mouvement do I'eau dans des ajutages divergents de grandes di- mensions. « Venturi el Eytehvein onl fait des experiences sur le mouve- mont permanent de I'eau dans ce genre d'ajutages, mais lis n'en onl point fait sur uno grando echelle. Or cela devienl Ires facile pour le mouvement oscillatoire, ayant remarqueque Ton pent pro- duire des oscillations d'une assez grande amplitude dans un tuyau conique, enfonce au milieu d'un reservoir, en soulcvant ce tuyau, sans quo cela cause de trop grandes irregularites a I'exterieur. Lorsque Tangle du cone n'est pas trop ouvert, les durees des os- cillations, dans son interieur, different pen de ce qu'elles seraient si elles u'etaient pas legeremenl (roublees, comme elles le sont reellemont, par les mouvements exterieurs. On s'en assure en ob- servant les durees des oscillations quand on change le tuyau de bout; car si, par exemple, on met en haul le plus grand diamelre, on trouve, par le calcul, que les durees doivenl etre plus longues que dans Tautre cas ; et si le nipporl entie les durees du I'un el I'autre cas dilfere peu de ce que la tbeorie indique, il parait que les mouvements exterieurs ne doivent pas exercer d'inlluence trop sensible sur les durees des oscillations a finterieur du tuyau. Ce- pendant, lorsque Ton fail I'experience dans un reservoir d'une pe- tite largeur, tel qu'un tonneau, il ne faul pas oublier qu'il n'y a point de vagues un peu elevees dans cc cas, mais des oscillations dela surface, analogues a celle d'une cle de poele, qui aurait en 12 oiilio III) niouvcmcut de rotation beaiicoup plus lenr, dans ud plan Doinial a celui du niouvement de ces oscillations. 11 faut evideui- ment alors disposer Ic tuyau conique dans une position convcna- blemonl intcrmediaire. On pent reraarquer en passant (ju'll est tres difficile, par la raison prccedente, do faire dos experiences sur les vagHes dans un cabinet do physique. " Dans un tuyau do lni,16 de long, de 001,135 de diaraetre su- perieur, et de 0i",25 de diamctrc inl'erieur, les durees des oscil- lations different pen des durees calculees, et il en est de niemc pour les augnienlations calculees quand an met le tuyau dans I'au- ire sens. On ne donue pas icH de details uunieriques precis, parce- que ce n'est pas de cela qu'il s'agit en ce moment, comnie on va voir, et que Ton espere d'aiileurs avoir occasion de multiplier ccs experiences. Or, quand on reduit lediametre superieur de()'",135 a 0'n,095, les durees des oscillations ne diminuent pas autant, par suite de la din)inution de ce diamctre, que le calcul I'indique. Dans ce cas, le tuyau ne coule done pas jilein, c'est-a-dire que le niou- vement lateral ne se propage pas jusqu'aux parois, et que les cho- ses se passent, sauf le frottement, pour ainsi dire, comme si ces parois etaient moins ouvertespar lo bas. Voila done un moyen de determiner, par I'observaliou des durees des oscillations. Tangle pour lequel les ajutages divergents coulent pleins, et il ne parait pas quecet angle differe beaucoup de celui que Veuturi a deter- mine pour le mouvement uniforme. Cependant il faut bieu remar- quer qu'on a, dans le genre de mouvement oscillatoire dont il s'a- gh, I'avantage de pouvoir prolonger I'evasement inferieur hivn au-deld des limites pour Icsquelles le tuyau cesserait de couler plein s'il debouchait dans I'air comme celui de Venturi , et c'est pour cela sans doute que Tangle de Venturi parait un peu Irop faible. La loi roraaine qui ne [lerraettait de niettre des ajutages di- vergents qu'au-dela d'une certaine longueur de tuyau aurait peut- etre etc encore plus severe si le legislateur avait connu ces lois du mouvement dans les ajutages divergents prolonges a. une certaine profondeur sous I'eau. " On peut remarquer en passant qu'un cone qui s'^merge, en partie, pcriodiquement au nioycn d'une force qui le tire de bas en baut, son grand diamctrc ctant a la partie iiiforieure, n'est pas aussidelicat a mauceuvrer aveo rcgiilaritequ'ou pourrait le croiic ; 13 il est nierac assez facile dc saisir, avcc un pcu d'adresse, le genre de iiiouvement necossaire, pour eii faire iinc especc de iiiachiiie ;i elever de I'eau, en reunissant les conditions dont on a parle dans une autre communication, suriaquelle il u'est pas besoin do revenir en ce moment. Seuieinent il n'est peut-etre pas inutile d'ajoutcr qu'avec les cones precedents, la main sentait bien distinctement que reffort de la puissance devait s'exercer pendant lo souU've- ment, et 7i07i pendant Vabaissement, comnie ceia aurait eu lieu dans une canue hydraulique. <• Les experiences precedentes ont eu principalemenl pour ohjet Teludo d'une machine raotrice a (lolteur oscillant, cumnuiniquee a la Societe le 2G Janvier 1839, et depuis executee.En la presentant a I'Academie des sciences, le 12 aout 1839, on fit observer que ce genre d'appareils serait plus avantageux si Ton pouvait produire des oscillations dans un simple tube sans coude, pourvu qu'il ne flit pas indispensable de I'enfoncer a une proi'ondeur excessive, dans le but d'eviter les pertes de force vive a rextremite infe- rieure, en dirainuant les vitesses periodiques au moyen de I'inertie, d'apres un theoreme de Daniel Bernouilli. II est clair d'ailleurs que si les niveaux avec lesquels un appareil est en rapport va- rient, cet appareil (luelconque est bien plus facile a regler s'il est vertical, puisqu'il ne s'agit que de le soulever ou de le baisser tout d'une piece en I'etablissant sur bateaux dont la hauteur est fa- cile a regler , ce qui evite en outre la depense des fondations. Or, dans cette question, tout depend dc la ibeorie des ajutages diver- gents. « Deja, il y aura bientot deux ans, ajoutc M. Caligny, j'avais communique des experiences, d'oii il resuliait que la presence d'un evasement au pied d'un tube vertical, enfonce dans un reservoir, augmentait la profondeur obtenue par la surface superieure de la colonne pendant I'oscillation descendante, beaucoup plus que no le ferait un prolougement bien plus grand de la partie cylindri- que, et reduirait a pcu de chose la perte de force vive provenant de la Vitesse qui resle a I'eau quand elle sort du systemc. L'objet de ma communication, dans cede seance, est done de doiiner un moyen pratique assez commode pour determiner Tangle (|u'il est utile do donner a la partie conique. D'ailleuis, ccs experiences ue soat pas sans application a la theorie des mouvcments interieur? 14 (los niiisses liquidos, dont il u cle paiiu ilaus do pieoedenles com- muiiicalions, les quanliles dc travail moteur el resistant, et par- (;oiJst'(nii'Utlcs pressions se trouvant niodlfiees par la mauiore dont so fait Vcvasemcnt du pied de la coloiine. » ZoouxiiE. — M. Milne-Edwards communique des Observations suriappareil circulaloirc dcs Squitks. II annouce s'etre assure : l"qucrorgaue decrit dans cesderniers temps corame un sinus vei- «e«a;entourant I'intestin n'est autre chose que le foie, aiiisiqueCu- vier Tavaitdeja pense; 2o que le veritable sinus veineux ofcupcla lace ventraledu corps, etconsistcdansunegrande laeune intermus- culairequiest situee au-dessous de I'appareil digestif, et qui loge le systemenerveux; Soquele sang, apresavoirtraverseles branchies, remontc vers le caur par les cauaux branchiocardiaques dont MM. AudouiQ et Milne-Edwards avaient depuis longtenips constate I'existence, mais que ces canaux ne s'inserent pas directemeut sur iecccur, comnie ces anatomistes I'avaient pense, el se terminent dans un grand sums perdCarJtgMc analogue au sac pericardique dos Decapodes, et a I'organc designc par M. Strauss sous le nom d'orcillette du coeur. Le sang penetre ensuite dans le cceur par cinq pair^-s d'orifices situees sur sa face dorsale, ct se distribue dans lout le corps a I'aide de nombreuses arteres dont M. Milne- Edwards fait connailre la disposition. Quant a ia cause des erreurs rclevees par I'auteur, il est facile de s'en rendre conipte ; car I'a- natoniie des Squilles n'avait encore ete faite que sur des individus conserves dans de I'alcool liquide, ct leurs visceres s'altercnt tres promplement dans ce liquide; les nouvcUes observations de M. Milne-Edwards out ete faites, aucontraire, sur desauiniaux yi- vants, et les resultats physiologiques de ses dissections ont ete verifies a Taide d'experieuces sur la circulation de liquides co- lores. M. Milne-Edwards ajoute que c'est aussi a tort que Ton a consi- dere le foio des Palemous comme etant forme d'un grand sac mem- braneux simple; cc visccre se compose, comme d'ordiuairc chez Ics Cruslaces, d'une multitude de ccecums rameux , mais sa substance sedetruit tres facilement ; el lorsqu'on examine des I'a- lemons mal conserves dans Talcuol, on ne trouve plus a la place du loie (lue la tuniquecxterne de cet organe remplie d^iuc malierc 15 alleree, et o'est a cause de celte circonslanco que sa struclurc a etc nieconnue. Seance da 13 fccrier 1841. Geometrie : Nouvelle espece dc spiralcs logarilhmiques. — M. Binct commuiii(]ue a la Societe des reniarques sur uno espece de courbes qui out celte propriele curieuse d'etre elles-memes leurs propres developpees. Les couibus dont il s'agit sont des spirales logarilhmiques particulieres. L'equalion polaire de Tune t d'elles est de la forme u = e'"^ , u etant le rayon vecteur, ct t Tangle variable qu'il forme avec line droile fixe. Pour que celle courbe soil sa propre developpee, le parametre ni doit etre de- termine par I'equation transcendante m '" = e ~ e etant la base hyperbolique, tt le nombre du cercle, et i un nom- bre entier positif quelconque. M. Binct a ete conduit a etudier de ncuveau les proprietes des spirales iogarithmiques par I'observation d'une coquille du genre des Ammonites, dont la forme prcsentait une particularite remar- quable. II indique le precede graphique dont il s'est servi pour determiner les caracleres de la courbe formes par les circouvolu- tions de cette coquille. A cette occasion, M. Babinet rappelle lemoyen qu'il a dejacom- nniniciue dans une autre circonstance, etqui a pour but de mener une tangente a une courbe, dont on connait trois points, mais dont le centre n'est pas donne. Ce nioyen consiste a unir par des cordes les deux points extremes avec le point intermcdiaire par laquelle tangente doit passer ; a prolonger cbaque corde d'une quan- titeegaleal'autre corde, et a mener par le point dont il s'agit une parallelea la droite qui passe paries extreraites des prolongeaients. Physique : Electricilc atmospheriqtie. — Au sujet de sa derniero communication faite a I'Academie des sciences, dans la seance du 8 fevrier, M. Babinet demande a M. Peltier si I'electricite d'iu- 16 iluence , nianifestee par los apparcils mobiles , ne pourrait pas s'expliquer tout aussi bien par I'clcctricitc de I'air, qui est une substance inconduclrioe, qu'eii altribuant aux espaces celestes uiie puissanto eiectricile positive. M. Peltier repoiul que les faits sont contraires a cctte supposi- tion : 1° Un electroscope soumis a une influence positive est dit equili bre, lorsqu'on a decbarge ses feuilles d'or de I'electricite positive quiyavaiteterepoussee ; la ligesuperieure restanten possession de Telectricite negative, retenue par innucnce. 2° On salt qu'un corps isolaiit est celui dont les molecules restent independantes les unes dcs aulres sous le rapport electrique; mais cctte independance de conduclibilite entrc dies ne s'opposc pas a ce que cbacune no soit decbargee par le contact d'un corps con- ducteur, comme le fait voir le plan d'epreuve applique sur la re- sine frotlee. Ainsi I'inconductibilite de I'air, pris comme corps, ii'empecherait pas les molecules isolees de cedcr leur cleclricite, et, dans son agitation horizontaie , de charger I'instrnment d'une electricite positive permanente, qui serait repoussee dans les feuilles inferieures. On voit, dit M. Peltier, ce que ferait I'air electrise par I'effet des brouillards sees qui agisseut d'une ma- niere trausitoire par I'influence de leur masse electrisee, et d'une maniere permanente par le contact de leurs particules. 30 Les rafl'ales amenent brus(iuenieut, des couches elevees de i'atmospbere , un air qui devrait posseder une puissante tension positive, c'cst ce qui n'a pas lieu; I'inslrument reste aussi im- passible aux bourasques descendantes qu'aux courants horizon- taux. 4° Enfin, ce n'est, dit M. Peltier, que pour se soumettre au lan- gagc usuel, et pour etre plus facilement compris, qu'il traite I'es- pace celeste comme un corps positif : pour lui, les corps ponde- rables seuls out la puissance de coercer la cause des phenomenes eledriqucs; I'espace vide ne pent done rien coercer. La lerre, comme corps ponderable, comme toutes les planetes^, comme tons les astres , possede cettc puissance de coijrcilion , et I'espace celeste se trouve dans un etat conlraire, puisqu'il ne la possede pas. Plus tard M. l*eltier donnera le developpement neccssaire a ces enonces generaux ; mais jusqu'a ce moment il est oblige'' d'ein- 17 ployer des ternies consacres, tout irratiounels qu'ils sont, pour indiquer un etat qui est oppose a celui de la terre. Seance du 20 fevrier 1841. M. de Quatrefages communique a la Societe le resultat de re- cherches qu'il a faites avecM.Doyere sur ies capillaires sanguins. Ce travail, entrepris depuis quelque temps, aurait necessitedes re- chercliespluslongtcmps continuees; mais Ies auteurs out cru de- voir faire cette communication par suite de la publication du me- moire de M, Lambottesur lessereuses, dont uoe analyse detaillee a ete donnee dans le no 371 de L'Institut. CQt observateur a an- nonce : 1° avoir constate I'existence do vaisseaux plus petils que le diametre des globules du sang ; 2o avoir reconnu que Ies syste- mes des vaisseaux sanguins et lymphatiques aboutissent a un re- seau commun, et qu'ainsi Ies lymphatiques, comme Ies veines, se continuent, mediatement, 11 est vrai. avec Ies arteres. MM. Doyere et de Quatrefages sont arrives aux memcs resultats. En injectant par la carotide d'un Chien, sous une pression moindrequecelle du coeur, lis onl rempli Ic canal thoracique. lis mettent en outre sous Ies yeux de la Societe des preparations montrant des vais- seaux dont le diametre est quatre et cinq fois plus petit que celui des globules du sang. C'esmemcs preparations montreut encore la disposition speciale des capillaires dans le tissu adipeux. lis s'y ra- raiflent de maniere a former un reseau dont Ies mailles circonscri- vent Ies globules graisseux, ainsi que I'avait egalement vu M. Lani- botte. MM. Doyere et de Quatrefages n'ont pu parvenir a injecier ies sereuses dont Ies deux lames ne sont pas juxta-posees, bien qu'il se trouve dans leurs preparations des vaisseaux de ^„ a loVj de millimetre parfaitement injectes. Les preparations mises sous les yeux de la Societe consistent en divers organes de Gre- nouille, de Lapin et de Chien. Diametre des vaisseaux injectes. Capillaires formant reseau aulour des glo- bules graisseux dans le Chien ^l^ mill. Dernieres ramifications des vaisseaux dans le mesentere (Chien) ' ' ri , , . '200 SOS 1(1. dans la patte et a la base des polls. '"^ — '— Extiail (le L'ln^tilut, 1841. 3 18 /(/. dans Ic's nerfs (Chien) '^l^ Id. muscles du Chien j-J,, /t/. diapliragiue de Lapiu iU — fU Id. peaii dn flanc de la Grenouiile. . yj — -^ Ces preparations ont ete obtenues par un procede particulier, invente par M. Doyere, et que I'auteur ne tardera pas a publier. : -^ M. Cagniard-Latour presente la sirene double dont il avail ahrionce, dans la seance du 26 decembre dernier, avoir rinfentioQ de se servir pour acquerir de nouvelics donnees sur le role que peuvent jouer les cavites ventriculaires du larynx humain pendant la production de la voix. L'appareil dont il s'agit contient quatre plateaux, c'est-a-dire deux sirenes, lesquelles sont a 8 trous, et liees I'une a I'autre par uu tambour metallique ou espece de ventricide intermediaire ; les deux plateaux tournants sont portes par le raeme axe, et places de facon qu'a chaque vibration complete du systeme les ttous des deux plateaux fixes sont ouverts tous ensemble et fermes de meme. L'auteur, d'apres diverses experiences sur le larynx artiflciel forme par I'application de la bouche sur deux doigts, avail emis I'opinion : l" que dans la production de la voix naturelle, c'est-a- dire de celle dont on se sen le plus ordinairement pour parler, les levres laryngiennes inferieures et superieures devaient vibrcr si- multanement ; 1° que les venlricules pendant ces vibrations pou- vaient etre consideres comme une cavite Ires peu ouverte, ou du moins se fermant du haul et du bas d'une maniere periodique ; 3° qu'elle ne servait pas seulement a permettre que les vibrations simultanees des deux couples de levres puissent s'executer avec une certaine amplitude, mais qu'elle devait aussi jouer un certain role acoustique, a cause de Fair quelle contenait ; et 4° enfin qu'elle paraissait devoir etre utile pour que les sons vocaux pussenl ac- querir riniensite qu'on leur connait , mais qu'il y avail en- core des rechcrches a faire pour savoir en quoi peuvent consister les effets renforcants de cetle cavito ventriculaire, et si par exera- ple ils ne seraient pas dus principalement aux vibrations de I'air qu'elle contient. C'esl partlculiereraenl ce dernier point que M. Cagniard-Latour a voiilu tM'laircir dans ses nouvelles experiences dont les princi- 19 piiles out consisle a comparer les sons do sa sireuc double avcc ceux d'uDo sirene simple ordinaire a 8 Irons, ij ,Mais cescomparaisonsonlmontreque I'air, par sa presence dans le ventricule metallique de la sirene double, n'augmente pas d'uue maniere sensible I'intensite du son , et que i'influence de cet air parait se borner a modifier le timbre. Dans quelques nouvelles experiences sur le larynx artificiel, forme a I'aide de la bouche et des doigts, M. Cagniard-Latour a reconnu que si, apres avoir fix.e au bout de ses doigts une petite ta- blette en carton mince, et repandu des grains de sable sur cette ta- blette, il vient a mettre simultanement en vibration les levres de la bouche et cellos formees par les doigts, il [)arvient plus facilc- ment, surtout lorsque la cavite venfriculaire est de grandeur con- venable, a causer parmi ces grains une grande agitation qu'en faisant vibrer seulement ses doigts ; et comrae le son produit dc- vienl aussi plus facilement intense dans le premier cas que dans le second, I'auteur serait porte a pcnser, surtout d'apres sos expe- riences avec la sirene double, que I'iullueuce renforrante de la cavite ventriculaire resulte en grande parlie de causes mecani- ques, c'est-a-dire que cette influence consiste en ce que le ventri- cule, a raison de la flexibiiite de ses parois et de sa disposition, peut devcnir, par Taction du courant, le siege de vibrations tres energiques. En resume, M. Cagniard-Latour croit que les ventricules dans le larynx humain peuvent servir a faciliter les moyens de faire vibrer la maliere du larynx, c'est-a-dire les levres de la glotte ainsi que les lissus envirounants, et de facou que les efforts d'insuf- flation, c'est-a-dire les forces molrices de ces mouveraenls, soient employees le plus utilcment que possible. En sorte que. d'apres cette theorie, les vibrations dont resultent la voix ordinaire seraient en partie moleculaires, c'est a-dire solidiennes ou nicmbraneuses avautde devenir aerieunes. Seance du 27 fevrier 1841. M. Duperrey communique h ia Societe les rcnseignements suivauts sur I'astrolabe^ en i voire que IVl. Arago a presente a TAcademie des sciences dans la seance du 15 fevrier 1841. Cet astrolabe est bieu, suivant lui, le raeine instrument que Le Moii- 20 iiiiM |)rest'ii(a on 1771, ot doiil il douna deux figures de grandeur ualurelle, que I'on trouve inserees dans les Memoires de rAcade- mie pour I'annee 1771 , page 94. Le Mennier tenait cet instrument du cabinet du prince de Conti. 11 le designe sousle nom de cadran ou de graphometre, el il pensc que Bellarmatus, qui en est le con- structeur, I'avait execute pour Francois I«r. Le but principal que Le Monnier sc proposa en le communiquant a TAcademie fut de faire remarquer que I'artiste avail eu I'intcntion " d'y afsigner, « par deux lignes trades a dessein et d angles droits, la varia- " tion de I'aimant , telle qu'on Vobservait constamment alors « de Id 8° vers I'E. pour Van 1541. » (Lois du magnetisme, page 158.) Le fait d'identite donl il est ici question est facile a etablir par la comparaison des figures gravees en 1771, a rinstrument lui-meme (|uepossede aujourd'huiM. Hubert, architecte. Get instrument offre un disque d'ivoire de 14 milli. d'epaisseur, et de 133 milli. de dia- motre. Une petite boussole est placee a droite de la ligne nord et sud, el au nord de la ligne est et oucst qui divisent le lirabe en quatre parties egales. Des rumbs de vent magnetiques, declinant do 1° 30' vers le N-E., sont traces dans la moitie septentrionale du disque, donl la moitie meridionale est entierement occupee par un cadran solaire. Sur I'alidade on remarque deux pinules cylin- driques , percees a jour dans la direction de leur axe, et on lit cette devise, que Le Monnier attribue, soil a tort, soil a rai- son , aux malheurs que Francois Fr essuya apres la bataille de Pavie : Tu ne cede malis sed contra audentior ito. Enfin Ton voit grave autour du disque, sur I'epaisseur de I'ivoire : Hieronymus Bellarmatus XDXLI. F. Lutec. Analyse mathematique : Nouveau genre de surfaces courbes. — M. Bineieniretient la Societe d'un genre de surfaces courbes qui jouissent de la propriete d'etre a elles-raeraes le lieu des cen- tres de I'une de leurs courbures principales. Pour obtenir une sur- face de ce genre il suffit de concevoir une surface de revolution engendree par une courbe qui soil sa propre developpee : ii a ete etabli que cette courbe est de I'espece des spirales logaritbmiqiics, mais repondanl a une determination particuliere du piirami'tre. 2( La surface engcndioe par la revolution d'une telle courbe autour (le I'un de ses rayons vecteurs, emanant du pole, jouira de la pro- priete enoncee. Toutefois elle ne sera pas encore la surface la plus generate ; pour Tobtenir il faudra faire rouler ie plan de la spirale logarithmique, sans glisser, sur une surface deveioppee arbitraire. La spirale logarithmique, entrainee dans le roulement de son plan, engendrera la surface qui aura le lieu de I'une de ses cour bures situe sur la surface elle-meme. Son equation aux differences partielles sera du second ordre, mais complelement integrable. Les surfaces soumises a ce mode de construction ont ete etudiees par Monge dans un de ses derniers memoircs ; il leur a reconnu de belles proprietes, et il a etabli que les centres de la seconde es- pece decourbure setrouvent places sur la surface developpable qui dirige le roulement du plan de la generatrice. Geodesie : Sur les refractions atmospheriques. — M. Abel Transou communique la note suivante. Le theoreme donne par M. Biot pour les distances zenithales re- ciproques pent etre exprime comme il suit : sin 1 [/'c TT -f- 1 = (1 + '0 «'»* /^ l/'c y -|- 1 formule dans laquelle h est la difference de niveau des deux sta- tions exprimee en parties du rayon terrestre ; n et o sont les den sites de I'air respectivement a la station superieure ; X et ;/ sont les distances zenithales reciproques; c est une constante egale a 0,000589, et qui represente la puissance refractive a la tempera- ture de zero et a la pression moyenne de Oni,76. — On suppose pour retablissement de cettc formule que ratmosphere estcalme. Ainsi, dans une memo couche spherique, la densite de I'air est constante ; mais elle varie d'une maniere quelconque en passant d'une couche a I'autre. On pourra done connaitre h, ou la difference de niveau des sta- tions, en determinant : 1° les angles ^ et p par observation di- recte ; 2" les densites tt et ^ par I'observaliou du baromelre et du thermoraetre aux deux stations. Apres ceia il n"y aura pas a s'en- querir de la distance horizontale de ces sidtions, non plus ([ue de I'etat de I'atmosphere dans les couches intermediaires; — resultat d'une grande consequence pour toutcs les operations geodesiques 22 daos Icsquolles ou aura pour objet piiucipal de niesurer uiie diffe- rence de hauteur entre deux points eioignes. Ce qu'on veut remarquer ici, c'est qu'en supposaut une troi- sieme station, et Ics trois stations liecs entre elies par des obser- vations de distances zenithales reciproques et simultanees, on aura deux equations nouvelles analogues a la precedente; desquelles on deduira sans peine cette relation reraarquable, sin 1. sin p. sin v =: sin V. sin p,'. sin v' dans la quelle I, p.' et v seraient les distances zenithales observees en parcouraut le contour du triangle des stations dans un sens ; a', y.' et v' les distances zenithales observees en parcourant ce con- tour en sens contraire. Cette relation est absolument independante de Pefat atmosphe- rique, nieme dans les couches auxquelles les observations se rap- portent; elle est la meme qui aurait lieu dans un milieu de densite uniformo, oii les trajectoires lumineusessereduisent a desdroites. 11 parait done que si on voulait s'astreindre dans une operation geodesique a des observations simultanees aux trois sommcts de chaque triangle, on aurait, pour les distances zenithales, un excel- lent moyen de verification et de correction. Si, au lieu d'un triangle, on suppose un polygone ferme,etqu'a chaque station on mesure la distance zenithale de la station qui precede et celle de la station qui suit , en tout 2n distances zeni- thales, si le nombrc des stations est n , on aura une formule toute semblable a la precedente ; mais le nombre des facteurs dans cha- que membre sera egal a celui des stations ; — si le polygone n'etait pas ferme, en observant le baroraetre et le thermometre seule- ment aux stations extremes, on aurait la difference de niveau de ces deux stations exprimee en parties du rayon terrestre par la formule (sin I. sin p. sin v ) [/^c tt -f- 1 ^={sin'X' sin i^' sin ■/ . . . .) (1 -^ h) [/^ c tp -{- 1 Supposons, par exemple, une ligne telegrapliique ctablic dans un pays; il suffira de fiiire, a un moment donne, Tobservation, en chaque station, des distances zenithales des deux stations qui pre- cedent et qui suivenl ; el si, aux extremitcs de la ligne, on observe 23 de plus les indications du thermonietre et dii barometre, on aura effectue le nivellement de ces points extremes. Seance du 6 mars 1841. Optioue : Caustiques. — M.A.Transon communique de nouvelles recherches sur les proprietes des caustiques. Deux caustiques (par reflexion) d'ordres consecutifs procurent un raoyen tres simple de decrire la courbe reflechissante, a I'aide d'un fll tendu, dont les extremites s'enroulent sur ces deux caus- tiques. Ce moyen de description est analogue a celui que procure la developpee. Egalement une meme surface peut etre decrile d'une infinite de manieres a I'aide d'un fil tendu. II suffit que les deux extremites du fil soient convenablement enroulees sur deux nappes locales (par reflexion) d'ordre consecutif. — Ces proprietes don- nent quelque interet a la question de savoir si certaines courbes peuvent etre a elles-memes leurs caustiques par reflexion (ou par refraction) d'un ordre quelconque, et s'il existe des surfaces qui soient a elles-memes leurs nappes focales; questions analogues a celles que M. Binei a resolues par rapport aux developpees et aux nappes de courbure. — Voici, dit-il, ce qu'il en est : « On salt depuis longtemps que la caustique par reflexion d'nne spirale logarithmique , lorsque le pole est considere comrae point lumineux, est une nouvelie spirale de meme pole et de meme angle que la courbe reflechissante. C'est identiquement cette meme spi- rale reflechissante qui aurait seuleraent tourne d'une certainc quan- tite autour du pole. Apres cela je ue sais pas si on a remarque que cette propriete subsiste pour les caustiques de second ordre, de troisieme ordre, etc., a I'infini, c'est a-dire pour les enveloppes des rayons qui ont subi un nombre quelconque de reflexions. C'est vrai aussi pour les caustiques par refraction de tons les ordres, quand meme la loi de refraction serait tout autre que la loi naturelle, et quand meme cette loi changerait a chaque rencontre nouvelie. En- fin on pourrait supposer que les deux reflexions ou refractions consecutives d'un meme rayon ont lieu sur des spires differentes ; toujours et de quelque facon qu'on I'entende , la caustique d'un ordre quelconque sera la spirale primitive qui aura eprouve autour de son pole une certaine rotation. « La quantite de cette rotation par rapport a une caustique 24 d'ordrc (Ititermine depenJ de Tangle qui caracterise la spirale lo- garitlimique. Si la spirale tourne d'un nonibre eutier de clrcoofe- rences, elle sera a elle-meme sa caustique. Cette condition depend d'linc equation transcendante analogue a celle qui exprime qu'une spirale logarithmique est a elle-meme sa developpee. C'est une re- lation entre Tangle de la spirale et le nombre de tours que cette courbe a du faire sur elle-meme pour produire sa caustique, nom- bre qui est indelermine dans la question ; de sorte qu'il y a, non pas une seule spirale, mais une classe entiere de spirales loga- rithmiques, qui sont a elles-memes leurs caustiques d'un ordre determine. « Pour etendre ces proprietes aux surfaces, il faut rappeler pre- mierement que si un centre emet des rayons sur une surface, un rayon roflecbi ou refracte sera rencontre seulemeut par deux des rayons infiniment voisins; ce qui donne lieu par chaque tel rayon a deux foyers seulement, et par suite, pour Tensemble de tous les rayons reflechis ou refractes, a deux nappes focales. Pour les rayons qui auront subi deux reflexions ou refractions, il y aura deux nouvelles nappes focales, et ainsi de suite a Tinfini. " Maintenant si on fait pivoter sur le pole, comme point flxe, le plan d'une des spirales qui sont a elles-memes leurs caustiques d'un ordre determine, ce plan roulant d'ailleurs sur une surface quelconque; cette spirale engendrera une surface qui sera a elle- meme, par rapport au point fixe considere comme centre rayonnant, une des deux nappes focales de ce meme ordre. L'autre nappe focale sera le cone decrit par le plan meme de la spirale dans son mou- ■vement. " Plus generalement, si on a construit, par rapport a un point quelconque de son plan, toutcs les caustiques succcssives (par re- flexion ou refraction) d'une courbe plane, la surface, ongendree par cette courbe, pivotant sur le point rayonnant, aura, pour Tune de ces deux nappes focales d'un ordre (juelconque, la surface en- gendree par la caustique de ce meme ordre; et Tautre nappe fo- cale de ce meme ordre, quel qu'il soit, sera toujours le coue qui enveloppe toutes les positions du plan mobile. Ce cone est a la fois, par rapport a la surface engendree, un lieu de rencontre des nor- males inliniment voisines, etaussi un lieu de rencontre de tous los 25 rayons infinimcnt voisins qui ont subi ud menie nombrfe quelconque de reflexions ou de refractions. " Hydrodynamique : Actions moleculaires des Uquides dans les tubes capillaires, — M. de Caligny communique des experiences inedites qu'il a faites sur les actions moleculaires des liquides, et. d'ou il resulte que certains phenomenes du mouvement des liqdides no peuvent etre expliques par les raoyens adoptes jusqu'a ce jour. Ainsi il parait que, dans les tubes capillaires a parois d'une pe- tite epaisseur, les phenomenes de rccoulemeni dependent de cette epaisseur. Etant donne uii tube d'un diametre uniforme ouvort par les deux extremites et enl'onceau milieu d'un reservoir a niveau cons- tant, on salt qu'abstraction faite des resistances passives, Feau s'elevera d'autant plus haut dans ce tube audessus du niveau ex- lerieur, en vertu d'une oscillation, que I'eau partira de plus bas dans ce tube au-dessous de ce niveau exterieur ; ccla resulte des premiers principes de I'oscillation des liquides. II est facile de voir qu'en tenant corapte des trois especes de resistances passives or- dinaires. constantes, ou fonctions des vitesses, et meme de la re- sistance de I'air, la hauteur obtenue par une colonne liquide os- cillante ne pent pas diniinuer pour une augmentation dans la profondeur du point de depart de la surface, quoiqu'elle puisse ne pas augmenter sensiblement au-dela de certaines limites. Or, dans les nouvelles experiences dontil s'agit, il y a des circonstances oii celan'est pas vrai. Par exemple, ^tant donne un tube de 1 metre de long et de 7 a 8 millimetres de diametre, on commence par s'assurer que, pour le cas oil il ne s'est introduit que tres peu d'eau au bas du tube avant le commencement du mouvement ascensionnel de la co- lonne liquide, le maximum de la hauteur obtenue au-dessus du niveau exterieur correspond au maximum de profondeur ou d'e- lan de la surface de la colonne au-dessous de ce meme niveau. Mais,quand, sur les deux cinquiemes,oumeme quelquefois la moi- tie de la profondeur maximum de ce point de depart, le tube est rempli d'eau en repos a la naissance du mouvement ascensionnel, alorsc'estle contraire qui arrive, c'est-a dire que, dans lecas ou I'eau, partant de I'extremite inferieure du tube, arrive parconse- quent, avec de la vitesse acquise, a la moitie ou du moins aux Extrait de L'tnstilut, 1841. h 26 deux cioquiemes de ia hauteur du niveau exterieur au-dossus de cetle extremile , elle monte cependanl bien raoins liaut que la meme colonne partant de la meme hauteur avec une vitessc mille. Ainsi, pour fixer les idees, la hauteur obtenue dans un cas au- dessus du niveau etanl d'un peu raoins de 2 decimetres, on aug- mente la hauteur d'envirou 3 centimetres, ou environ un seplieme, par la disposition precedente qui semblerait d'abord 6ire une cause de diminution de force dans I'elan ascensionnel. On ne veut ici indiquerqu'un simple rapport, sans appreciation tout-a-fait ri- goureuse; mais les experiences onteterepeteesun sigrandnombrc de fois, et les rapports dont il s'agit reposent sur des differences si notables, qu'il est impossible de s'y tromper. 11 semble d'abord que I'experience precedente peut etre expli- quee par les phenomenes de la contraction de la veine liquide a Fentree du tube, parcequ'une colonne partant d'un repos ou sou adherence aux paroisetait plus intime, cette contraction doit etre moins iraportaote. Mais on ne voit pas bien comment il faut, pour obtenir !a hauteur maximum, une colonne aussi longue par rap- port au diametre du tube, d'autant plus que Ton a observe des phenomenes analogues en chaogeant les tubes de bout, ct, ce qui est encore plus essenliel, en rompant ces uiemes lubes a diverses hauteurs, ce qui permettait d'employer des orifices d'entree de di- verses formes, en les inclinant, meme sous de tres petits angles, pour diminuer les vitesses. Au reste, le fait suivant suffirait pour deranger tous les calculs. Pour un tube de 4 a 5 millimetres de diametre, les phenomenes precedents se sont presentes d'une ma- niere encore plus frappante quant aux rapports obtenus dans les deux cas, et, de plus, quand il n"y a presque aucune porlion rem- plie d'eau a la naissance du mouvenient ascensionnel, le maximum de hauteur obtenu ne correspond plus au maximum de la profon- deur de I'elan ; il doit alors etre diminue de deux cinquieraes. Or cette experience semble lout-a-fait inexplicable par les phenome- nes de la contraction de la veine a I'entree ; il est meme a remar- quer que le maximum, alnsi obtenu par un enfoncement moindro des deux cinquieraes environ, surpasse de pres d'un quart la hau- teur obtenue par le maximum d'enfonceraent, et qui etait un peu raoindre que 1 deciraetre, cet enfoncemcul etant do pres de 1 nje- tre. Ainsi dans ce meme tube on obtenail, au-dessus du niveau, ia I 27 nieme hauleur, soil en enfoncant le plus possible ce tube, sauf la hauteur du jet, et diminuant la profondeur de I'elan par una co- lonne liquide ayant environ les deux cinquieraes de cette profon- deur, soiten n'enfoncant ce tube qu'aux trois cinquiemes. Mais ce qui est frappant, c'est la diminution provenant, dans tous les cas susdits, d'une augmentation dans la profondeur de I'elan, nieme dans un cas ou la contraction semble n'y etre pour rien, d'autant plus que les memes phenomenes sepresentent quand, au lieu d'e- tre vertical, le tube est incline de facoa a changer considerab'e- ment les vitesses. Ces experiences sont tres faciles a faire en bouchant alternative- raent le sommet du tube avee la main, et caiculant, ou meme re- gardant, si le tube estdeverre, de combien I'eau sera entree dans le tube en coraprimant Pair interieur pendant Tenfoncement. On doit cependant prevenir lespersonnes qui desireraient les repeter qu'elles ne reussissent pas egalement bien avec des tubes de di- mensions analogues. Cela meme va mettre sur la voie d'une expli-- cation. Si, en effet, ces phenomenes provenaient d'un sysleme de vibrations, ou que meme le frottement des liquides dependit prin- cipalement d'un systeme de vibrations jusqu'a present inapercues. il n'y aurait rien d'etonnant a ce que ces phenomenes dependissent de I'epaisseur des parois, quand cette epaisseur est tres faible meme par rapport a la couche de liquide qui frotte immedialement contre ces parois ; il serait plutot etonnant qu'il en fiit autreraent. Or ces experiences n'ont, jusqu'a ce jour, ete repetees qu'avec des tubes a parois d'une certaine epaisseur, comparable, par exemple, a un mfllimetre. Cette reraarque semble etublir d'ailieurs que les fails dont il s'agit ne dependent pas, du moins essentielle- ment, de ce que les tubes peuvent diminuer d'humidite a leur in- terieur pendant le cours de I'experience, ce qui d'ailieurs n'est guere admissible quand on la repete au moins une vingtaine de fois de suite. Des fails analogues ont ete observes sur une plus grande echelle avec un tube de zinc de 2 metres de long, et qui, ayant ;iu moins 11 millimetres de diametre, ne pouvait plus guere elre considere comme capiliaire. Mais il serait difficile de repeter ces experien- ces, sans des calculs minutieux, sur une plus grande echelle, par- cequ'on voit iramediatementqu'en vertu de la loi de Mariolte, il en- 28 Irer.iit alors, par suite de la compression de I'air, dans I'interieur dn tube,unetropgrandequantite d'eau avant I'epoqueou Ton ote- raitlaniain. Aussi, pourobserverles rapports precedents, obtenus dans las divers cas au-dessus du niveau, dans un nieme tube de 2 metres de long, il faut I'incliner le plus possible. Ces phenome- nes, qui paraissent provenir, du moins en partie., de I'epaisseur des parois, quelle que soil leur cause, ne seront peut-etre pas inu- tiles dans I'etude des phenomenes de la vie, etc. On ajoutera seu- lercenl ici qu'ils ne sont pas en sens contraire des resultats prece- dents sur uue echelle quadruple au moins de celle qui avail d'a- bord ete consideree au commencement de cet article. 11 est a peine necessaire de faire observer que les tubes doivent etre assez longs par rapport a leur diametre. — M. deCaligny communique ensuite des experiences qu'il a faites sur I'adherence des surfaces mouillees enfoncees a une certaine profondeur dans I'eau. II a trouve que des filets d'eau, trop minces pourcouler d'une maniere continue sous des pressions d'environ 2 metres, transmettaient cependant les pressions de maniere a faire ouvrir des surfaces qui, sans cela, auraient dii tendre a se fermer d'elles-memes. Cette observation, abstraction faite de la circon- stance a laquelle elle etait directement applicable, etait utile a faire connaitre, pour mettre a memo d'apprecier la force de ['impul- sion d'un liquide contre une portion donnee d'une surface. En ef- fet, si, pour mesurer cette impulsion, on rend cette portion mobile, et qu'on la retienne a sa place par une force opposee a celle de Timpulsion, il est essentiel de ne pas la faire appuyer sur des surfaces, parcequ'alors on ne serait plus certain de la mesure cherchee. Seance du 13 mars 1841 . M. Cagniard-Latour communique la suite de ses experiences sur la sirene double qu'il a presentee le 20 fevrier dernier. Lors de sa communication du 6 avril 1839, relative a des essais sur une sirene dont le plateau fixe porte cinq trous de 4 millim. de diametre et dislants les uns des autres d'environ 2 centim. ■^, I'auteur avail anuonce que, dans un cas ou le plateau mobile em- ploye ne portait qu'une seule ouverture, il avail cependant obtenu 29 des sons dans lesquels il se produisait cinq vibrations sonores par chaque tour de ce plateau. Avec une autre sirene dont le plateau mobile porte cinq trous, et le plateau fixe un seul trou , M. Cagniard-Latour ayant essaye de pratiquer au plateau fixe un second trou, de facon qii'il put se produire par chaque tour du plateau mobile dix coups aeriens iso- chrones au lieu des cinq qui ont lieu avec un seul trou, il a remar- que que le son obtenu alors repondait a I'octave aigue de la note qui auparavant se faisait entendre pour la nieme vitesse rotative du plateau mobile. Enfln, avec un systerae contenant deux roues d'engrenage montees sur le meme axe, et ayant leurs dents alter- nees comme il I'a indique dans sa communication du 24 aout 1839, I'auteur a reconnu qu'en exposant aux chocs d'un corps mince les dents des deux roues, il obtenait I'octave aigue du son qui avail lieu des que Ton deplacait le corps mince, de facon qu'il n'exercat plus ses chocs que sur les dents d'une seule roue. Ces diverses experiences avaient principalement pour but de prouver que, dans certains cas, un son pent s'engendrer par des vibrations partant de points differents. L'auteur a voulu savoir si Ton pourrait, avec la sirene double convenablement disposee, ob- tenir des resultats analogues ; pour cet effet , on avail place les plateaux mobiles de facon que les vibrations completes d'une des sirenes alternassent avec ceiles de I'autre, et qu'il se produisit ainsi, par chaque tour des plateaux mobiles ou de I'axe du syste- me, un nombre double de coups aeriens isochrones, c'est-a-dire 16 au lieu de 8. Mais, contrairement a ce que Ton aurait pu pre- voir, le son obtenu a ete I'unisson de celui qui se faisait entendre auparavant par la meme vitesse rotative des plateaux mobiles. On a ensuite essaye de diriger rinsufflatiou dans une tubulure late- rale que portait le tambour ventriculaire; mais de cette maniere le ton est reste le meme que dans le cas oil I'insufHation avail lieu comme d'ordinaire, c'esl-adire dans le barillel formant le sommier ou porte-vent immediat de la sirene inferieure. M. Savart, dans ses Notes sur les causes qui determinenl le de- gre d'elevation des sons (Ann. de Ch. et de Ph., oct. 1840), rap- porte, au sujet de ses experiences sur deux roues paralleles a dents alternees, avoir reraarque que, pour une meme vitesse rota- tive de ce systeme, les chocs d'un corps mince sur une seule roue ao produisaieut le meme son que daus le cas oil lescbocsavaieDt lieu sur les dents des deux roues. A CO sujet, M. Cagniard-Lalour annonce avoir reconnu que, si Ton fait une pareille experience avec deux roues dont les dents sent tres ecartees les unes des autres, comme par exenaple de deux a trois centimetres, les resultats sont differents , c'est-a-dire que Ton peut, en exposant aux chocs d'un corps mince les dents alter- nees des deux roues de ce genre, obtenir I'octave aigue du sod que ce corps produit en n'agissant que sur une seule roue. II fait couuaitre ensuite quelques raodilications qu'il a pu pro- duire dans le timbre de la sirene double, en bouchant avec de la clre plusieurs trous de la sirene superieure, de maniere a la trans- former en une sirene a 4 trous, et annonce qu'il s'occupe d'exami- ner quels resultats on obtiendrait dans le cas ou, par le moyen de plateaux de rechange, on etablirait entre les vibrations de la sirene superieure et celles de la sirene inferieure d'autres rapports que celui de 1 a 2. — M. Walferdin presente un de ses thermometres metastali- ques a alcool, dont le reservoir, de forme cylindrique, u'a que 4 millimetres sur 8, et qui donne, d la lecture directe, la millieme partie d'un degre centesimal. Get instrument, dont la longueur n'excede pas O^, 35, peut etre regie de maniere a indiquer avec la meme sensibilite toutes les temperatures que I'alcool peut sup- porter. M. Walferdin emploie cet instrument pour la determination des temperatures, lorsque le thermomelre a mercure no donne point d'indication sensible. Les autres usages auxquels il peut etre ap- plique avec facilite seront decrits ulterieurement. M. Walferdin communique ensuite ses observations sur les effets de pressiou, et sur les causes d'erreur qu'ils peuvent occa- sionner dans les observations de temperature faites a de.grandes profondeurs. Seance du 20 mars 1841. M. Cagniard-Latour annonce que, s'occupant depuis quelque temps d'examiuer I'influence qu'une cavite buccale metallique, ajoutee a ses sirenes a plateaux, peut exercer sur le timbre, de ces sirenes, il a remarque tleja : 1° que la sirene a 8 trous, qui d'or- 31 dinaire a quelque chose de la flule dans le ton medium, peut, a I'aidede la cavite buccale, acqiierir dans le meme ton une certaine analogie avec la voix de femme ; 2° qu(3 les sons graves, par le meme raoyen, prenoent quelque chose de la voix d'homuie, mais que la resserablance avec cette voix est encore plus marquee lorsque Ton a iransforrae I'appareil en une sirene a 4 trous equidistants, en bouchant avec de la cire les autres trous; 3° enfln que, si I'on reduit cet appareil a D'etre plus qu'une sirene a 2 trous, les memes sons graves ont alors un timbre intermediaire entre celui d'une voix masculine et celui d'une Irompette. Seance du 27 mars 1841. Le meme merabre donne la description d'un appareil dont il vient d'essayer I'emploi pour tracer sur des plaques de verre pre- parees suivant le precede de M. Duhamel, c'est-a-dire recouverteg d'une couche de noir de fumee, les oscillations transversales d'un diapason a fourchette, mais de maniere a obtenir en meme temps les traces des vibrations longitudiuales dont les branches du dia- pason pourraient etre le siege pendant leurs oscillations trans- versales ; et il fait connaitre les principaux resultats qu'il a obtenus. Le diapason employe est impiante debout dans une planche epaisse servant de support au systeme ; sur le sommet d'une des branches du diapason se trouve fixee verticalement une pelite tige rigide en acier durci par la trempe et lerminee en pointc ires aigue. A quelque distance du diapason est impiante un montantde bois, sur le sommet duquel est etablie la charniere d'une plan- chelte; celle-ci, vers son extremite libre, est terminee en une cou- lisse, dans laquelle, a I'aide d'un ressort,on maintient la plaque de verre destinee a recevoir les traits de la pointe d'acier dont on vient de parler. Pres du diapason se trouve place un second mon- tant de bois , sur le sommet duquel s'appuie la plauchette au moment oil I'on va faire glisser celle-ci dans sa coulisse. A Taide d'une cheville a vis qui en depend, et dont le bout iuferieur s'ap- puie sur le montant de bois dont on vient de parler, on regie la position de la plaque de fa9on que la pointe vibrauie ne fasse de traits que dans I'epaisseur du noir de fumee, c'est-a-dire n'atteigne point le verre de la plaque. — Quant a la maniere d'operer, elle consiste en general a faire resonner le diapason par un premier 32 ecartement communique a ses branches, suivant les precedes or- dinaires.eta faire en sorte que, pendant celteresonnance, la plan- chette, par sa rotation autour de la charniere, aniene au-dessus du diapason la plaque de verre, qu'aussitot apres on tire de sa coulisse a I'aide d'un fll qui est lixe a cette plaque par une petite pince a vis. L'auteur annonce avoir remarque que, dans les cas ou I'expe- rience etait faite avec tout le soin possible, on reconnaissait faci- leraent, et surtout a I'aide d'une loupe un pen forte, que les traits principaux du dessin oblenucontenaient uueserie de traits secon- daires ou de rainures transversales , que d'apres leur nonibre ( ordinairemunt environ 40 dans les deux traits de chaque double oscillation principale) on peut supposer appartenir a des vibrations longitudioales du diapason dont le son I'ondamental est un fa de 670 vibrations simples par seconde. L'auteur, ayanl examine au microscope cesdessins, avu que les traits des oscillations transversales paraissaient formes d'une suite de petits cones tronques places les uns au bout des auires, de fa^on que la base de chaque cone s'appuie sur le sommet du cone voisin, quelle que soit la direction des traits principaux du dessin. M. Cagniard-Latour ajoute qu'il avait, 11 y a deja longtemps, es- saye de tracer sur des lames metalliques du genre du clinquant les vibrations longitudinales d'un tube de verre d'environ 2 metres, dont un des deux bouts se trouvait arme a cet effet d'une petite pointe en acier convenablement fixee sur ce tube, et avait remar- que qu'en general les dessins obtenus semblaient indiquer que les vibrations d'un sens ne ressemblaient pas exactement a celles du sens oppose. D'apres cette observation et la precedente, il croit qu'en general, dans les vibrations longitudinales d'une corde elas- tique, il existe un sens particalier suivant lequel ces vibrations peuvent imprimer a des corps mobiles une certaine direction, et qu'une des raisons pour lesquelles les deux oscillations alterna- tives d'une pareille corde ne produisent qu'uue vibration sonore consiste principalement en ce que les vibrations longitudinales sont de nature a pouvoir etre influencees autrement par les oscil- lations transversales dans un sens que par les oscillations du 'sens contraire, et a pouvoir former par ce luoyen un battement dans le cours de ces deux mouvements. 33 Anatomif. et Physiologie. — M. Foiseuille, dans le desseiii d'oblenir sur If cadavre le diametre ct la longueur des vaisseaux capillaires des divers organes a I'etat vivaiif, fait observer que ces dimensions variant avec la pression du sang, il est necessaire do pousser rinjoclion aveo une force (|ui soil tout-a lait la meme que celle avet! laqnelle le coeur lance le sang dans le systeme vascu laire : orrheniodynamometre indiquant la pression determineepar cet organe, M. Poiseuille a fait construire une seringue, ou ponipe a injection, dont le piston est pousse de maniere que la pression correspondante soil precisement la meme que celle donnee par le coeur. II a, a cet effet, adapte a la partie inferieure du cylindre de la ponipe a injection ordinaire, et perpendiculairement a son axe, uu lube de verre gradue de 8 centimetres de longueur el de 2 mil- limetres environ de diametre ; la partie de ce tube qui correspond a Textremite libre et fermee est reraplie d'air, I'autre partie est occupee par de I'eau dislillee, qui est separee de la oavite du corps de la seringue par une membrane de caoutchouc non tendue et d'ailleurs Ires mince (l de millimetre) ; ce diaphragme permet au liquide contenu dans la seringue et presse par le piston de com - primer I'air du tube gradue, et parconse<|uent d'obtenir une pres- sion determinee a priori : commcle volume d'air du tube de verre change avec la pression atmospherique, avec la temperature am biante, avec la tension de la vapeur d'eau qu'il pent contenir, et aussi a cause de la solubilitede Pair dans Teau, selon que la pres- sion est plus ou moins considerable, on determine le volume que doitoccuper Fair du tube de verre correspondant a une pression connue d priori, 150 millimetres de mercure par exemple, a I'aide d'un raanometre a mercure, mis en communication avec le corps de la seringue, qui coutient d'ailleurs de I'eau dont la temperature est precisement celle du liquide qu'on doit injecter. 11 est inutile de dire qu'en faisaut I'injectiou la pompe est tenue horizonta- lement ainsi que le tube de verre. Cette pompe a pression determinee n'offre pas seulement I'avan- tage de donner les dimensions normales des vaisseaux ; avec elle on n'a nullement a craindre les ruptures qui accompagnent si souvent les injections, soil j^enerales, soit partielles, faites avec les seringues ordiuaires, puisque rien n'indique^alors la pression dout on fait usage; il est facile de concevoir que plus le diametre Extrail dp /.'/"s/iVi//, 18A1. 5 , 34 Je lu seriiigue est pelit, plus les ruptures soiit frotjuentes, toutes clioses egaU'8 d'ailleurs. — L'usage dt? cet instrument sera tres utilo dans beaucoup de recherches anatomiqucs; ainsi , par cxemple, on sail qu'en injectant I'artero renalo, la matiere de I'in- jection passe non-seulement dans les veines des reins, raais aussr tres souvent dans les conduits excreteurs de I'organe ; on pouvaii peiiser que cette communication des arteres avec les conduits de Ferrein etait due a queiques ruptures, il n'en est point ainsi ; en injectant I'artero renale sous une pressiou memo moindre que 150 millimetres de mercure, M. Poiseuille a toujours Irouve de la matiere injectee dans les bassinets. Sous la nienie pression de 150 millimetres de mercure, il a rencontre lu matiere de I'injec- tion dans le conduit Iboracique, comme Pavaient deja indique d'abord M. Lambotte, et ensuito MM. Doyere et Quatre-Fages. En se servant du liquide a injection que Ton doit a M. Doyere, M. Poiseuille a reconnu une communication direcleentre les ar- teres el les vuisseaux lymplialiques, car les ganglions lymphaliques de I'aine ont ete injectes par le liquide introduit daws le sysleme arteriel, sous une pression de 150 millimetres de mercure, qui est cello due a Taction du cceur. Seance du 3 avril 1841. HYDRonviNAMiQiiE : Phenomencs du mouvemenl des nappes U- quides dans les ajutages divergents. — M de Caligny communi- que des experiences qu'il a laites sur le mouvemeut des nappes (I'eau dans les ajutages divergents, plonges dans un li(|uide ou debouchant dans I'air libre. "II ne parailpas,dit-il,queron ait jamai;; fait d'cxperiencesdans le but de determiner si le debit des ajutages coni(]ues divergents augraente quand ils sont plonges sous I'eau, ou dans un milieu de memo nature que le fluidequi s'ecouie; cependantccia etait indis- pensable pour la iheorie de plusieurs appareils connus. Dans celles qui suivent, on a eu simpleraent pour but d'etudier le pheuomene dans ce qu'il a de plus essentiel, au moyen de differences notables dans ses effets, et abstraction faito de mesurcs precises. Ainsi, au lieu de se servir d'un reservoir a niveau constant, ou s\'st conlente de raesurer de combien le niveau de Teau baissait pendant une ou deux minutes, pour les divers modes d'ecouiement, dans un vast 35 eu zinc a peu pres cylindiiqno, d'enviioii 24 cenliinelies de dia- metre et de 67 centinieties de hiiut, le niveau no baissant pas d'un tiers de sa hauteur pendant la premiere niinule. " Les quatre ajutages dont on s'est servi elaieut des luyaux co- niques, entieremeni ouverts a leurs exlremites. Lours plus petils diametres etaienl de II a 12 millinietres enviion. De cecole, les ajutages etaienl sondes sans bavurcs a la paroi verticalo du vase, aux plans tangents de la centimetres au-dessus du fond,et a environ 55 millimetres les uiis des aulres. Le diamelre exterieur de I'ajutage le plus ouvert ctait d'environ 55 miilimclres. Le cote de cet ajutage elail de 14 centimetres. L ajutage le moius ouvert avail 28 millimetres de diamelre exterieur et 155 millimetres (Je cote. Lesdeux aulres ajutages avaient 16 centimetres de cote, ledia metre exterieur de I'un etait a peu pros moyon entro ceux des deux premiers, le diamelre exterieur de I'autre elait a peu pii's moyen entre ce dernier et celui de 28 millimetres. " Les deux ajutages les moins ouverts couleni pleins, sans qu'il soil necessaire de les faire deboucher sous I'eau , mais il faut que la charge d'eau soil suffisante. Ccl eflet parait venir de ce que la colonne liquide entraine lateralement de Tair avec elle en faisant le vide , quand elle so detache momentanemont de Tajutage qui coule a peu pres plein, par suite des agitations iuterieures au moyen desquelles on voit la veine s'appliquer periudiquemeul a la paroi, sans jamais s'en eloigner beaucoup. L'ajutagecoulautainsi a peu pros plein , on ne remarque aucune difference sensible dans le debit quand il debouche sous I'eau. Pour ces angles de diver- gence, il est assez dillicilc de laire en sorte que les ajutages ne coulent pas pleins au moment ou ils sout debouches , quand la charge d'eau est assez haute. On parvieut cependant facilement a detacher la veine de la paroi superieure, en ne versaul dabord qu'une petite quantite d'eau au fond du vase , et en aiignientant graduellement son volume jusqu'a ce qu'il soil plein. Mais il faut observer, et c'est precisement une des choses qui caracterisent ce mode d'ecouloment , rjuo si Ton verse un seau d'eau brusquement . dans le cas oil I'ajulage a 28 millimetres de diamelre exterieur, quand ie vase est a moitie rerapii , la veine qui ne remplis^sait pas I'ajutage le rempht brusquement et continue a lo faire couler plein ; 36 fandis que c'esl lp rontiaire qui arrive pour {"ajulase de 33 tiulti- metres de diamelre, qui cesse de coulcr pleiu quaud on y verse uii seau d'eau dans les meroes eirconstances. Cela indique qu'un mouvement rapide, donnant a la vcine une force de succion late- rale suffisanle, Tappliquc aux parois de I'ajutage quand il n'est pas trop ouvert , tandis que s'ii est plus ouvert et un pcu releve, il ne se remplit jusqu'a ud certaiu point, etant abandonne a lui- meme , que par suite des phenomenes bien connus de I'adherence de I'eau aux parois daus les peliles vitesses. Celte observation etait indispensable pour ne pas laisser tirer des consequences prcma- turees sur le mouvement des gaz dans les ajutages divergents, ces effets de succion latcralc pouvaul bien ne pas etre les meraes poui UD gaz que pour I'eau. " On a ensuite place lecylindro dans un autre vase de dimen sionsassez grandes pour que lo volume d'eau ecoule par I'ajutage ne fit bausser le niveau de I'eau exterieureraent au cylindre que d'une hauteur a peu pres egale aux diametres des ajutages. On considerait d'abord I'ecoulement , avant qu'il y eut de I'eau dans le grand vase exterieur, I'eau ne remplissant pas I'ajutage. Au commencement de I'experience , la veine formait une nappe qui se pliait sur une portion plus ou nioins grande du pourtour exterieur de I'ajutage. Quand le niveau exterieur s'elevait devant la veine, celle-ci formait un remou de plus en plus brusque , sans que I'a- jutage coulat pleiu, jusqu'a ce qu'il fut presqu'en entier recouverl ; du raoins s'il ne conteuait pas d'eau au moment ou il avait etc de boiiche exterieurement. Ces phenomenes dependent du degre d'in clinaisou de I'axe de I'ajutage. On ne peut entrcr ici dans tous les details. " Mais quand I'ajutage estsuflisamment reconvert, le bruit que fait I'air entraine par Ic liquide cesse en grande panic, I'ajutage se remplit brusqucment ; son debit augmente d'une ijuantite considerable, et qui, pour I'un des deux, est de plus de moilie en sus, quand il est tout-a-lait sous I'eau. " Quant au troisieme ajutage, celui de 59 millimetres de dia metre, lorsqu"il etait entierement plonge,il debitait plus d'eau que dans I'air; mais comme on est parvenu, il est vrai presque par hasard, a le faire ooulor a peu pres plein dans Pair, on peut penser que, dans tousles cas, I'augmentation de debit donl il s'agil pro 37 vicut lout ^implement de ce que les ajutages cnlieii'iueut plongfw ooulent a pcu \nh coninio lorsqu'ils le foul dans I'air de la ma niere la plus avantageuse. On u'a pu, on cffel, observer d'augmen- tation de debit bien sensible, par reflet de la submersion, pour ie quatrieme ajutage, que I'on n'avait [tu faire couierplein dans Fair, du moins sous des charges un pen fortes. Quand la veiue ne rem- plit pas I'ajutage, elle jaillit, loin de son orifice, avec une grande Vitesse, perdue pour I'effet dis machines oit cet ajutage est dis- pose. On veil combien ces recherches etaient, abstraction iaite du debit d'un reservoir, indispensables dans la theorie des machines. « Dans les deux ajutages les plus ouverts, coulant a I'air libre, la veinesedetachant en general de lapartiesuperieurede la parol, on observe, quand les charges ne sont plus ([ue de 1 uu de 2 decimetres, que la veinedetache d'ellememededroiteeldc gauche une nappe tres mince qui lecho la paroi. (rest Ic long de cette nappe que, dans les petiles vilesses, la veine vient graduellemeni s'etendre, et Hnit par remplir I'origine de I'ajulage, quand I'extre- mite de celui ci est sufUsamment releveo, et que les vitesses soul tres diminuees par la baisse du niveau dans le cylindro. " L'aspectdela veine n'esl pas le meme dans ces deux ajutages avant (|u'elle se soil ainsi releveo. Dans Tun el I'aulre, quand Ic vase est plein, on ne voit point do partie lumineusc daus I'iiite rieur de I'ajutage, mais on en voit une bien distincte (juand I'cau est baissee d'une petite hauteur dans le vase. Or, dans I'ajutage le plus ouverl, on voit tres distinctemeut, au boul d'uu certain temps, cinq anneaux lumineux, precedes par la veine obscure qui sortde I'ajutage. Le second et le qualrieme auueau sont tres bril- lants. On suit tres facilement de I'oeil les mouvenienis inlerieurs des molecules liquidcs et les pertes de force vive qui doiveiit pe- riodiquement en resulter. C'est probablenienl a cause de ces pertes de force vive (|ue le debit n'augmente pas sonsiblemtnt quand I'a- jutage coule plein, sous Teau, car il y a une ep HvDRAULiguE • Ondes. — M. de Caligny fail observer que les consequences qu'il a lirees de ses experien(;es sur les pressions la- terales des liquides oscillants dans les siphons (seance du 19 de- cembre 1840) auraienl pu elre deduiles des equations generales du mouveraent des liquides, developpees par M. Poisson dans son IMemoiresur les ondes {Memoires de l' Academie des sciences 1816.) Si ce geometre ne I'a pas fait lui-meme, c'est peul-etre parce que I'on n'avait pas encore ou Tidee d'etndier le niouvemeut dans des \Sises communiquants et contenant de Vemi dans divers etats d'on- dutation. M. de Caligny croit, d'apres ceia, pouvoir so dispenser de donner, dans cette seance, les demonstrations elementaires qu'il avail trouvees (par le principe de la communication du mouve- ment etc.), des diminutions de pression,qui ontlieuentre la surface et le fond d'un vase ou un liquide est en ondulation. 11 ajoute que les considerations sur les diminutions de pression periodiques, qui peuvent se presenter sur la projection d'une partie du liquide au fond du vase, el qui I'avaienl conduit a ses recberches ulte- rieures, n'ont tju'uneutiiite Ires secondaire par rappurt a celle oi, M. Poisson trouve aussi que le raouvement decroil avec la pro- fondeur, el d'apres cela il est facile de conclure de I'equation qu'il a donne dans son Traile de Mecanique, t. II, p. 493, pre- miere edition , que la diminution de pression provenanl de la Vi- tesse des molecules est d'aulant moins sensible que la molecule consideree est plus loin de la surface. Si done ces diminutions de pression donnent lieu a des mouvemenis sous-marins, qui viennent agir contre les digues, il est facile de concevoir quelle nouvelle especo de forces ces considerations introduiront dans le calcul de la stabilite des travaux maritimes a diverses profondeurs. Geodesie : Surface du globe lerrestre. — M. Kozet lit un me- moire sur quelques-unes des irregulariles que presenle la struc- ture du globe lerrestre. Depuis vingt-cinq ans le corps royal des ingenieurs-geographes, fondu en 1831 dans ceiui d'elal-major, est occupe de rexeculion d"une grande carte lopographique de la France. Les nombreuses operations geodesiques et astronomiques executees pour etablir le canevas de cette carte ont ete rassemblees et discutees par M. Puissant, dans un ouvrage en deux volumes in-4o, intitule ; 40 Descrifilion yeoinelriijue Jt la France. II lesulte Je res calculs que la siirface tie node pays est loiu de pouvoir etre representee par celle il'iin ellipsoide de revolution aplati aux poles, quelle ijue soil 1,1 valeur que Ton assigne a raplatissement. Les parties situees a I'onest du meridien de Paris se trouvent placees sur des ellipsoides allonges aux poles, tandis que cellcs qui soot siluees a Test se trouvent au contraire sur des ellipsoides dont I'aplatisse- ment esl pins considerable que celtii generaletuent admis; re qui anuouce, pour la France du luoins, de grandes irregularites dans la structure du globe. En s'aidanl des travaux des iugenieurs et des astronomes pie- niontais, allemands et anglais, M. Rozet annonce avoir reconnu (ju'il eu est de ineme pour I'llalie, certaioes parties de rAllemagne et de I'Angleterre. «Ccs irregularites, dit-il, sont des elevations et des depressions qui embrassent tonjours une etendue notable de la surface de iiotre planete, mais dont la plus grande valeur n'excede jamais la 12000c partie du rayon, en soMe que le globe, considere en masse, pent neanmoins etre compare a un ellipsoide dont I'apla- lisseuieut aux poles serait jj,. Leselevalionssemanifestent dans les regions montueuses des continents, abstraction faite des protube- rances que Ton appelle montagnes, tandis que les depressions se lont remarquer dans les espaces comprisentre les chainesde mon- (agues, dans les plaines (pii avoisinenl les cotes, et, en geneial, dans la vasle etendue du bassin des mers. « Les observations du pendule a secondes , f;iites en un grand nombre de i)oints de la surl'ate du globe , par MM. Arago , Biot , Malhicu, Duperrey, Freycinei, Kiites, Sabine, etc., conlirment les resultals de I'aslrononiie et de la geodesic. Dans les eudroits ou les observations astronomiques et geodesiques annoncent des de- pressions, le pendule s'allonge; et il se raccourcil , au contraire, dans ceux oil elles annoncent des elevations. " Les observations du barometre, rassemblees et discutees par M. Schauw, professeur de botanique a Copenbague, sont par- laitement d'accord avec les precedentes. Dans tons les endroits oil la geodesic, I'aslronomie et le pendule annoncent des depressions In hauteur moyenne de la colonne batomelrique , deduile de plu- 41 sieurs annecs d'observatioiis, est plus grantle que dans ceux oi'i ces srois genres d'operations signalent des elevations. « f.es irregularites do !a striictiirc du f;lobe , causant des ano - malies notables dans la direction dii fil a plomb en passant d'un lieu a un autre, aussi bien a la surface des luers que sur celle des continents , il en resulte que la surface de la aier, dont I'elemenl en chaque point est perpendiculaire a la verticale , presente des irregularites semblables a celles de la lerre ; ce qui est, du reste, parfaitement deniontre par les observatiens du pendule et du ba- ronietre. II resulte de ces observations que I'ellipsoide de revo- lution a jjg d'aplatissement, osculateur de la surface de la terre a Paris, touchant le niveau moyeu de I'Ocean a Brest, auquel sont rapportes tous les points de la carte de France , coupe la surface des raers qu'il laisse tantot au-dessus et tantot au dessous de la sienne. A La Rochelle, a Formentera, a Macao, a Madere, a I'lle- de-France , a I'Ascensiou , etc., il est au-dessus ; niais a Kcenigs- berg, a Saint-Petersbourg, a ^dimbourg , a Sierra-Leone, etc., il est au-dessous. 11 existe done des portions fort etendues des con- tinents qui sont plus basses que le veritable niveau de la mer, sans que pour cela elles soient envahies par les eaux; ce qui est du a la gravitation qui retienl les eaux dans les positions qu'elles oc- cupent. Mais si, par une cause quelconque, la gravitation venait a eprouver des variations notables dans quelques points du globe , et les faits geologiques accusent que de semblables variations ont eu lieu a differentes epoques, les eaux eugloutiraient certaines par- lies des continents qu'elles abaudonneraient ensuite si la pesanteur venait , plus lard , a varier en sens contrairc dans les m^mes points. Ainsi se trouvent espliques beaucoup de faits gaologiques : les retours succesifs de la mer dans le ba?sin de*aris, que MM. Brongniart et Cuvier ont supposes, pour rendre compte de I'alternance des formations marines et lacustres dans ce bassiu; les amas de coquilles marines a une grande distance dans I'inte- rieur des terres ; les immersions et emersions des temples de Se- rapis a Pouzzole , etc. « Dans ses Rechcrckcs sur les revolutions de la surface ilu globe, M. Elie de Beaumont s'etait deja servi des observations g^o- desiques, astronomiques et (iu pendule pour confirmer les faits qu'il avail deduits de ses observations geologiques, et nolammeni Kxirail de L'liiKiUul, iSli^. Ci 42 |)oui iuoiitier que inaction qui u doune jiuissauce a la chaino priii- cipale des Alpes s'est propagee a travers les Alpes occidentales Jusqira une grande distance a Touest, bien que los effols n'en soient point apparenls a Toeil. M. Elic de Beaumont a mis en rapport les anomalies constatecs enire les resullats geodesi(|ucs et aslronomi- ques et certains fails geologiques ; par exemple, Telcvation des ter- rains tertiaires a une grande hauteur sans etre disloques, et la presence des serpentines sur le versant meridional desAlpes, etc. Me fondant sur ces faits et sur plusieurs autres, je raontre, conti- nue M. Rozet , que la production des bosselures de la surface du globe a porte au-dcssus du niveau de la mcr, sans les deranger sensibleraent de la position horizontaie , une quantite de couches solides, particulierement les plus nouvellement formees; que lo meme phenomene a donne naissance aux chaines de moutagnes, (|ui ne sont autre chose que des parties des bosselures dans les- quelles la croute solide s'etantcrevassee, les debris en ont ete plus ou moins inclines. Quand les crevasses se sont etendues jusqu'a la masse fluide inlerieure , une portion de cette masse est montee a travers et sVst repandue au milieu des debris , comme dans les Alpes , les Cevennes , les Vosges , etc., ou les roches plutoniqucs sont tres abondantes dans I'interieur des chaines. Mais quand les crevasses ne sont pas descendues assez bas , la croute esterieure, en eclatant, a forme des chaines dans I'interieur desquelles on ne voit aucune trace de roches phitoniques : tel est, par exemple, le Jura. Dans ce dernier cas les matieres fluides interieures se sont accliraulees au-dessous, dans la cavite quo la bosselure a produite en se formant. Dans le meme temps, la maliere a diminue dans les endroit|ou il s'est produit des affaissements correspondants aux bosselwes. Co phenomene est tout-a-faii comparable a celui qui, dans les premiers lemps de la cousolidalion du globe, parait avoir chasse une partie des matieres des poles vol's Tequateur. » M. Hozet lermine son memoire en faisant remarquer que les causes qui ont produit les irregularites dans la structure du globe n'ayant point encore cesse d'agir, aiusi que le prouvent les trem- blements de lerre, les eruptions volcaniques, les raouvemcnis lents et continus de la croute du globe dans certaines regions, etc., on pourrait voir se renouveler les graudcs catastrophes que la surface do la lerre a eprouvees anterieuremeiit aux lemps hisloriquos. 43 Seance du 10 avril 1841. AcousTiQUE : Experiences diverses. — M. Caguiard-Lalour aunonce qu'il vient de faire, sur la sireue doubie, quelques iioii- velles cxpeiieiices doiil le but principal elait de savoir si les sons de eelte sircne aiiraient pJus dMntensito dans le cas ou la hauteur du lambour vcntriculaire serait beaucoup nioindre que celie du tambour ptriraitivoment. employe, c'est adirc do i millimetres au lieu de 20. II supposait que la sirene superioure, se irouvaul ainsi tres rapprochee de |a sirene inferieure, I'air sorlant decelle- ci pourrait frapper les bords des trous du plateau llxe superieur et accroitre ainsi I'intensile des sons obteuus ; el I'experience lui a montre en effet que cet accroissemenl avait lieu d'une maniere sensible, sinon dans les sons graves, du moins dans ceux plus ai- gus, a parlir de Vut do 512 vibrations sonoros par seconde. Ayant ensuite essaye d'employer des tambours de hauteurs diverses, il a remarque qu'avec celui, par exemple, do 20 millimetres, le timbre avait quelque chose d'etouffe, mais que cette defectuosite etait beaucoup moindreavec un tambour d'environ 9 millimetres, et qu'eu general le timbre semblait dovenir d'autant plus clair ou plus ouvert que le tambour avait moins de hauteur. M. Cagniard-Lalour se propose de souder, sous le plateau lixe de la sirene superieure, de petits tubes , comme moyen do pro- longer de haut en bas les conduits tres courts que forment les trous de ce plateau, et d'en exposer les bords aux chocs de I'air sortant de la sirene inferieure, tout en donnant au tambour ven- triculaire sa capacite primitive. II suppose que par ce moyen on pourra obtenir dans les sons graves du systeme un accroissemenl d'intensite analogue a celui dont il vient d'etre question a I'egard des sons aigus. Son opinion est fondee sur le resultat principal de ses experiences failes avec le hrynx arlificiel de la bouche et des doigts, dans des cas oii il se servait d'un cadre en licgo pour donner a la cavite veniriculaire de ce larynx plus de develop - pement, et ou il faisail vibrcr simultauement les levres do la bouche et celles formees par les doigts. Ce resultat consiste en ce que, si I'on dispose la bouche de fagon que I'air qui en sort viennc IVapper les bords de I'ouverlure qui a lieu periodiquement entic les doigts pur lour mouvcmont vibraloire, on remarqucj que l(!,s 44 sons produits peuvent avoir, meme clans les ions les plus graves, uneassez grande intensite. D'ailleurs, dans le cours do quelques nouvelles experiences siir uue gloUe arliiiciolle alevrtscn caoutchouc, el qui est disposee dc facon que I'on puisse a volonle en faire une glotte compiexe, c'est-a-dirc nniiiie de deux couples de levrcs separes I'un de I'autre par uuc cavite aerienne ou ventriculalre, il a reconnu que Ton reussissait en general plus facllemciit a faire resonner cet'.e glotte complyxe que la glotte a fetal simple, c'est-a-dirc munie seulemcnt d'un couple de levres ; qu'en oulre celte deruiere glotte, dans dcs cas ou elie restait niuette, etanlinsufflee a plein tuyau, "pouvait devenir sonore par Tapplication d'un second couple et lors meme (jue celni-ci etait incapable de resonner etant essaye isolenient; il a vu aussi : 1° qu'il obtenait facilement les vibrations d'uue glotte simple lorsqu'en I'insufflant avec la bouche il serrait Ifis levres de manierea former un orifice convennblement retreci ;^ 2° que les rosultalsetaient sensiblement les memes avec un tuyau metallique aplati, retenu entre les levres, pendant que celles ci s'appuyalent comrae nn obturateur sur I'enlree du* porte-vent; 3o quelesonobtcuuavailun timbre plus vocal lors(iue leluyau etait forme par une unche de basson a parois ires minces et susceplibles d'eprouver un certain fremissemenl pendant les vibrations des levres de la glotte; et A'' enfin que Ton poiivait en general oble- nir de meiileurs sons avec une glotte dans laquelle on avail substi- tue aux levres en caoutchouc des membranes hiimides d'artere ou de parchemin contracie par I'eau bouillaute. M. Caguiard-Latour,d'apres ces diversesobservations, eten con- sideranl que dans le larynx humain les deux cuuples de levres laryngiennes se trouveoi Ires rapproches, serait porte a penser que, dans beaucoup de cas de la pbonation, I'air sorlaul de I'ou- verlure formee par les levres inferieures vient exercer conlre les bords dos levres ou anches superieures des chocs capables d'exci- ter forlement les vibrations de ces levres ; en sorlc que, d'apres cettemaniere de voir, le larynx, pendant remission dela voix, fonc- lionnerait suivant deux modes simultanes et assez dilierents, c'est- a-dire suivani celui des anches pour rendre intermittente la sortie de Pair despoumons et faire vibrer en meme temps la matiere pro- pre du larynx ainsi que celle des tissus cnvironnauts, el suivant 45 celui (]e I'appeau ou de la flute pour faire \ibrer Pair contciui dans les ventriculos laryngiens ; ainsi se trouveraient iimes a profit les opiiiioiis dfs physiologisles qiii out regarde la voix humaine comme un son d'anche, et celies de M. Savart qui la considere coranie un son de flute. M. Cagniard-Latour, dans Iff cours de ses experiences sur le la- rynx artificiel de la bouche et des doigts, a remarque de plus que, s'il essayait de produire des sous graves en faisanl vibrer seule- ment une paire de levres du ce larynx, soil celle de la bouche, soit celle formee par les doigts, il depensait plus vite I'air de I'expi- ralion que si les sons avaient lieu avec ^ memo intensite par les vibrations sinniltanees des deux paires de levres, ce qui !e por- terait a penser que le cas ou les sons graves du larynx humain ont lieu avec le moins do depense possible de fluide gazeux expire paries poiimons doit eire celui ou les deux paires de levres laryn- giennes sont mises simuilanement en vibration. — Le mememembre'entretient la Sociele de quelques epreuves auxquelles il vient de soumettre une sirene ordinaire, pour savoir si, avec cet instrument, on pourrait mesurer la vitesse des vents, ainsi qu'ii en avait cntendu eraettre I'opinion par un membre de I'Academie des Sciences que Ton saitetrefecondenidees nouvelles. D'apres ces epreuves, faites sur une sirene a cent ouverlures, munie d'un porte-voix ou tuyau renforcant, M. Cagniard-Latour regarde comme tres probable qu'a I'aided'unegirouetteardiee d'une sirene semblable, mais beaucoup plus grande, et mise en mouvemeut par un raoulinet portant des ailes obliques comme celies des moulins- a-vent, on pourrait en effet par le ton des sous obtenus apprecier assez approximativeraent cette vitesse. 11 fait remarquer que son but, en faisant cette communication, a ete principalement de pren- dre date relalivement a la construction dece genre d'aneniometre, en attendant qu'il soil en mesure depouvoir en mettre un modele sous les yeux de ia Societe. Seance du il avril I8il . CoNCHYLiOLOGiE : Sur V enroulement des Ammonites. — M. Elie de Beaumont communique a la Societe les resuUafs des essais qu'il a faits pour veriOer les idees de MM. Moseley (de Cambridge) etNaumanu (de Freyberg), qui ont publie que les coquilles enrou- 46 leos le sonl suivaiit des spirales logarithiiiitiuos. D'iipies la sugges- tion do M. Leopold de Buch et de plusieurs membres de la Societe Philomatique, M. Elie de Beaumont a pris des Ammonites pour Tobjet de ses mesures. La spirale iogarithmique a poui -equation polaire r = e'"^. Si par le pole on tire une ligne droite fndefmie, et qu'on designe par r„, r„ J. 2. '■„ 4-/1 les distances du pole auxquelles cette droite rencontre plusieurs spires consecutives, et par r„ _j. ,| , r ,,^3 ies distances auxquelles le prolongement de la mtoe droite rencontre Ies proiongements des meraes spires, on aura : «• r •- "' ^ »• _ r ft '" '^ ot par suitt! n -f 1 gmTT. '" J! ^ N + 1 On aura de menie ♦•n + 2 + rn + i »-„ + 3-fr„+2 ^ ^ „„r rnii+r,^ r„ + 2 + r„ + 1 L'une et I'autre de ces relations sont susceplibles d'etre veri- fiees par des mesures. D'apres le conseil de M. Biuet, M. Elie de Beaumont a prefere la seconde qui n'exige pas qu'on prenne de mesures a partir du centre de Tammonite, point ordinairemeat beaucoup moins bieu marque que Ies contours de la spire. En Ies appliquant successivemenl a 4 Ammonites sciees suivant le plan de I'euroulement, M. Elie de Beaumont a trouve Ies qualre series de nombres suivants pour Ies valeurs de »^n + 2 -|- ^n + 1 *'t pour „ , fn + i + rn+i celles de lo Goniatites tenuistria du Lancashire. Vol. de r„ + 2 + »'« + i • Val.de ''h + 2 + **»« + 1 211)1)1^5 l>n">,4 47 3, 5 4. 9 K, 8 9, 3 12, 7 16, 7 21, 4 28, 3 4. 38 367 565 315 281 322 321 37, 4 2° Aninionite remplie de fer carbouale de Whilby. Val. de r„ + 2 + »-« + 1 • Val. d.- """^ ^ '^,''" "^ 2mm 2 3, 4, 5 6, 3 8, 9 12, 2 16, 6 21. 9 29, 1 37, 5 47, 9 59, 8 30 Ammonite pyriteuse acavites remplies de spath caicaire. Val. der„ + 2 + r„+i. Val.de "" + 2 + rn+ i_ 7mm, 3 lmra,507 11, 1, 382 15, 2 1, 369 20, 8 1, 394 29, 1, 407 40, 8 1, 353 55, 2 1, 395 77, *'n + l + r„ imm ,364 500 400 412 371 361 319 329 289 277 207 48 io Ammoniio (rune onlite ferrugineuse do la collcclioii des Minos. Val. dc r,,^ q -}- r„ J. 1 • Val.de . »"« + 4 4- ''» 6ram,2 lmm,291 8, 1, 388 11, 1 1, 352 15. 1, 438 20, 6 I, 298 28, 1, 350 37, 8 1, 360 51. 4 1, 348 69, 3 1, 353 93, 8 1. 254 127, 1, 329 168, 8 Le peu de differeuce que presentent entie elles les differeatrs valeurs de on de e donnees par chacune ^n + i + »•« de ces series prouve qu'effcctivement les 4 Ammonites, objets des mesiires, etaient enroulees a peu pres snivant des ^piraies loga- rithmiques. U est toutefois a remarquer que dans deux de ces sc- ries la valeur dee"* '^ diminue un peu vers la On, ce qui indique une spirale qui renlre un peu en dedans de la spirale logarlthmique. Lorsque reuroulement a lieu seusiblement en spirale logarilh- mique, la loge occupee par I'animal rests constamment semblable a elle-merae, ce qui monire qu'cn vieillissant les Ammonites, ct en general tous les Moliusques qui habitent les coquilles enroulees, changent beaucoup moins de forme quo la pluparl des autres animaux, et noiammeni beaucoup moins que les Mammiferes. Seance clu 24 avril 1841. M. Francceur communique les remarques suivantcs au sujet de la discussion qui a eu lieu dans le sein de I'Academie des Scien- ces de Paris sur le calcul de la fete pascale. •• Oil a en raison de dire que pour eviter les fautes de calcul ou 49 ^'impression du savanl et consciencieux ouvrage, Art de vtrifitr les dates, il fallait calculer, chaque annee, la dale de Paques, celles des fetes mobiles, celie du ler jour de I'annee rausul- raane, etc. ; mais on a eu tort d'avancer que la formuie dc M. Gauss etait tres simple et ires commode : elle est au contraire tres compliquee, telle que ce savant I'a donnee (Corresp. Astr. de Zach, 1800, 2^ partie, p. 129), et sans la demonstration qui suppose, dit I'auteur, une analyse trancendante. Delambre {Conn, des temps, 1817, p. 307, et Astr. moderne, t. I, p. 25) a memo trouve que sa methode est beaucoup plus facile que celle de M. Gauss, et meme que celle de M. Ciccolini. Toutes ces methodes sont d'ailleurs sujettes a des exceptions qu'il ne faut pas oublier. Delambre donne d'abord une formuie generate pour trouver I'e- pacte, une pour la lettre dominicale,enflnune pour lejour pascal. Toutcela est longet assez peu clair. Dans raon Astrgnomie pra- tique, p. 482, j'ai donne une regie si facile qu'on pent faire h calcul de memoire ; la voici : " La fete de Paques doit toujours etre celebree le premier di- manche qui suit la pleine lune d'apres le 20 mars : et Ton entend ici parler des lunes moyennes telles que les donneut les epactes. Je suppose I'epacte d'une annee connue, cpucte — E, ainsi que Ig nom du jour initial de mars et d'avril ; voici la regie pascale : prenez le (44 — E) mars quand E <2i, ou le (45 — E) avril si E >2A : le dimanche suivant sera la fete de Paques. Quand E = 24on prend25; enfin si le nombre d'or est > 11 avecE=:25, on prend E~26. Ce sont les seuls cas d'exception. Mais j'ai sup- pose connues I'epacte et la lettre dominicale. Or c'est ce qui a toujours lieu quand on compose le calendrier d'une annee, ayant deja celui de I'annee precedente : car il sufflt d'ajouter 11a I'e- pacte de celle-ci, 1 a sou nombre d'or, 1 jour a I'initial de mars (2 dans les annees bissextiles). En 18-41, I'epacte est 7 ; done elle est 18 en 1842, 29 en 1843, 40 (ou plutot 10) en 1844, etc.; de meme en 1841 le nombre d'or est 18; il sera 19 en 1842, 20 (ou plutot 1) en 1843, etc. On retranche 30 des epactes qui surpassent 30, et 19 des nombres d'or > 19, parceque ce sont des periodes de 30 et de 19 ans. En 1841, mars commence par lundi; ce sera mardi en 1842, mercredi en 1843 vendredi (et non jeudi) en 1844 qui est bissextile. Je ne vols aucune raison pour RtiraitAe L'lns1ittit,iSiii. 7 50 se priver ninsi des choses qu'oD conoait pour rendre plus difficile la solution du probleme en I'attaquaut a priori. Mais admettODS qu'oD ne connaisse rien ; voici les formules tres simples pour trou- ver les elements doot il s'agit, M etant le millesime d'une annee. " N est le norabre d'or, E I'epacte, I I'initial de mars (en pre- nant 1 pour lundi, 2 pour mardi, etc., pour dimanche) et desi- guant par I'indice r qu'on ne doit prendre que le reste de la di- vision, et Don pas le quotient <• Lettre dominicale L — 4 — I, ou 11 — I. N E Mars. Avril. 1840 17 26 dim. mere. 17 avril Paques 19 avril. 1841 18 7 lundi jeudi 6 avril — 11 avril. 1842 19 18 mar. vend. 26 mars — 27 mars. 1843 1 29 mere. sam. 14 avril — 16 avril. 1844 2 10 vend, lundi 3 avril — 7 avril. — M.Cagniard-Latour communiquequelquesobservationsqu'ila failes en essayant de tracer, par les proeedes indiques dans sa com- munication du 27 mars dernier, les oscillations d'un diapason, pendant qi;e cet instrument, au lieu d'etre vertical comma dans les experiences precedentes, se trouvait place horizontalement, c'est-a-dire de maniere a vibrer parallelement au plan de la pla- que glissante destinee a recevoir les traits de la pointe en vibra- tion. Ces observations consistent principalement en ee que, si Ton examine au microscope les dessins formes sur la couche de noirde fumee dout est recouverte la plaque de verre employee, on remar- que ; 1** que dans les traits des oscillations transversales d'un sens les figures cono'ides produites par les mouvementssecondaires ou longitudinaux ne sont pas exactement semblables a celles dont se composent les traits des oscillations en sens contraire,et, 2° que, dans quelques-uns des dessins obtenus, les figures des premiers traits semblent indiquer une plus grande amplitude de mouvements longitudinaux que celles des seconds traits puisqu'elles ont sensi- blementplus de largeur. 51 A ce sujet M. Cagniard-Latour rappelle qu'ea appliquant scs precedes graphiques aux vibrations du diapason vertical il s'elait apercu deja que, dans le cas oil I'on operait de facon que la poiiilo vibrante ne fit sur la couche du noir de fumee qu'un dessin tres peu marque, les traits etaientdiscontinus, c'esta-dire que ce dessin n'offraitguere queles traits des vibrations transversales d'un sens, en sorte que ceux des vibrations du sens coniraire manquaiunt ou bien ne se dislinguaient qu'avec peine. A I'aide de pareiis dessins onpourrait, suivantlui, expliquertresclairement pourquoi chaque double oscillation d'un diapason n'engendre qu'une vibration so- nore; mais il fait remarquer qu'on les obtient difflcilenoent d'une raaniere convenablement nette, et il annonce que, dans I'espoir d'y noieux reussir, il se dispose a remplacer dans son appareil les pla- ques glissantes par un petit cylindre metallique tournant qui sera comma ces plaques reconvert d'une couche epaisse de noir de fu- mee. Seance du 8 mat 1841 . M. Cagniard-Latour annonce avoir ajoute, dans la sirene double muuie d'un tambour ventriculaire de 20 millimetres de hauteur, les petits tuyaux devant servir, comme il I'avait indique precedem- ment, a prolonger de haut en bas les conduits formes paries trous du plateau fixe superieur, et avoir remarque : 1° que les sons graves de I'instrument ainsi modifle sont en general plus intenses que ceux d'une sirene simple a 8 trous ; 2" que la difference cesse d'etre sensible lorsque les sons arrivent a un certain degre d'a- cuite, comme par exemplea Vut de 1024 vibrations sonores par se- conde, et 3° qu'un peu au-dela, c'est-a-dire a partir du mi, la si- rene simple semble a son (our I'emporter sur la sirene double. Mammalogie : Ecureuils. — M. P. Gervais communique la description d'une nouvelle espece d'Ecureuil, du sous-genre Fu- nambulus de M. Lesson, rapportee des Neel-Gheries par M. Adol- phe Delessert, et a laquelle il propose de donner le nom de ce voyageur. Ce sera le Sciurus Delessertii. La taille de ce Rongeur est a peu pres celle du Palraiste, mais il en differe par la forme de son crane, qui est plus renfle, et par sescouleurs. II a de memo f molaires de chaque cote des machoires, et ses merabres ante- rieurs manquent aussi de pouce. Son pelage est doux et en gene- 52 ral d'un bi uu olivace resultant de poils biuns a leur base, et fine- ment anneles de noiratre et de jaune pale dans leur seconde moi- lie. Le dessous du corps est lave de jaunatre sale, et il y a au milieu du dos rindication de trois petites bandes brunes longitu- dinales separees par du fauve olivace. Les oreilles ne sont pas penicillees, et la queue a ses poils moins abondants a son extre- raite que vers sa base. La longueur du corps est de 4 pouces {, la tete comprise; la queue, avec ses poils terminaus, a 5 pouces. M. Gervais se propose de publier la figure de cette nouvelle es- pece, et dans le memoire qu'il a redige a propos de sa description, il donne des remarques relatives aux caracteres generiques deplu- sieurs genres de la famille des Sciuriens, et principalement de ceui dont les especes habitent I'lnde. MicROGRAPHiE. — M. dc Quatrefagcs presente a la Societe un coropresseur, modifie de maniere a ce que I'objet que Ton etudie puisse etre examine successiveraent sous deux faces opposees. II rappelle que M. Laurent a eu le premier cette idee et a fait con- slruireun instrument qui presente cet avantage; mais le compres- seur de ce naturalisle lui parait propre a fonctionner principa- lement sous de faibles grossissements, et laisse peut-etre a desirer sous le rapport de la facilite avec laquelle on I'emploie. M. de Quatrefages a eu pour but de conserver au compresseur de M. Charles Chevalier tons ses avantages, en le modifiant seu- lement de maniere a ce qu'il put etre retourne en laissant Tobjet que Ton examine au meme foyer, tant de I'objectif que de I'eclai- rage de M. Dujardiu, tel qu'il est dispose dans les microscopes construits par M. G. Oberhaiiser. II a obtenu ce resultat en dis- posant le mecanisme de maniere a ce qu'il n'occupat que 5 milli- metres en epaisseur a partir du plan d'observation, et en plagant sur chaque face de I'instrument trois pieds qui presentent la meme longueur. Ce compresseur est arme de deux plaques de verre mince col- lees sur la platine avec de la cire molle. On obtient par ce moyen une nettete remarquable dans les images. M. de Quatrefages an- nonce avoir observe de plus que les liraites de la vision a distance, deja sirapprochees par I'effet de I'eclairage deM. Dujardin, le sont encore davantage par I'effet des deux plaques de verre mince. Une epaisseur que Ton pouvait explorer en trois temps d'obser- 53 vatiou en exige un de plus. Ainsi la vision a distance se ttouTe raccourcie par ce moyen da"ns le rapport de 4 : 3. Seance dw 15 mai 1841. M. de Quatrefages depose la note suivante : « Dans le n" 385 de L'lnstitut , public sous la date du 13 mai 1841, j'aitrouveune note de M. David Brewster, communi- quee a I'Association Britanniquepour I'avancenjent des sciences dans la session tenue a Glasgow en septembre 1840, et relative a une Hiethode dite nouvelle pour I'eclairage des objets observes au mi- croscope. Dans cette note, M. Brewster propose, comme venant de lui, un procede par lequel les objets sont eclaires par une ou plusieurs lentilles achromatiques dont le foyer coincide avec I'ob- jet examine. M. Brewster recommande que les appareils d'eclai- rage et de grossissement aient des mouveraents separes, mais sem- blables, et que le porte-objet n'ait aucun rapport ni avec I'un, ni avec l'autre,et jouissed'unmouvement independant de tons deux. — Toutes ces conditions se trouvent parfaitement remplies par I'ap- pareil d'eclairage que M. Dujardin a presente a I'Academie des Sciences de Paris, dans la seancedu ITseptembre 1838 (\. L'lns- titut n* 247), etparlamanieredont ill'a fait adapter aux microsco- pes construits par MM. G. OberhauseretTrecourt. Les instruments sortis des ateliers de ces habiles artistes sontaujourd'huitelieraent repandus qu'il est bien difficile d'expliquer comment M. Brewster n'a pas eu occasion de les examiner. On comprend encore plus diffici- lement que les journaux scientifiques ne I'aient pas raisau courant de rinvention de M. Dujardin. Quoi qu'il en soit, nous croyons devoir revendiquer pour notre compatriote I'honueur d'avoir ap- porte au microscope le plus grand perfectionneraent qu'il ait recu depuis qu'on a applique a sa construcliou le principe de I'achro- malisme. » Seance du 22 mai 1841. M. de Tessan rend compte verbalement des principales cir- constances de I'observation par lui communiquee a I'Academie des Sciences de Paris (voir L'lnstitut no 386), de deux arcs-en-ciel superposes, dont les couleurs se succedaient dans le meme ordre. 54 II altribuo Tud des arcs a la lumicre redecbie par UD Duage eblouis- sant, situe unpeu au-dessous du soleiU M. Babinet emet uoe opioion differente snr rorigincdc cet arc; il pense que c'etait tout sirapleraent le quatrieme des arcs que le soleil peut former diractement, et que I'observateur a ete assez beureux pour aperccvoir en meme temps qu'il voyait le second arc. On sait que le quatrieme arc-en-ciel peut se voir un peu eu dedans du second, a cote du premier, taudis que le troisierae ne pourraitse montrerqu'autour du solell. AcousTiQUE. — M. de Haldat lit un meraoire qui a pour titre : Recherches sur les causes de I'extinction du son dans les corps sonores. Le son est dfipuis si longteraps I'objet des etudes et des specu- lations des savants et des artistes, que toutes les questions qui ont rapport a sa theorie semblentepuisees. Toutefois les causes qui le font cesser dans les corps sonores ont paru a M. de Haldat avoir a peine attire I'attention des physiciens, et cependant meriter une etude speciale; il les a divisees en deux classes ; celles qui agissent sur les corps sonores a I'exterieur, et qui assourdissent ou eteignent lessons en dirainuant et en arretant les vibrations qui les produi- sent, ou en excitant simultanement des vibrations qui se neutra- lisent par leurs oppositions mutuelles et reciproques , et les causes internes qui dependent du moded'agregation des molecules inte- grantes des corps elastiques. L'auleur a successiveraent examine I'lnfluence des corps solides, des corps mous, des liquides dis- crets, des liquides visqueux et celle des liquides gazeux qui jouis- sect de la double propriete de produire et de transmetlre les sons quand les gaz sont combines, et qui les assourdissent d'une ma- lii^re si remarquable et les eteignent des qu'ils se separent. II a determine comparatlvement I'lnfluence que les corps exercent par leurmollesseou leur solidite. Passant ensuite a I'eiude des causes de ces phenomenes, il en a reconnu deux sortes, celles dont Taction externe et pureraent mecanique assourdit ou eteiut le son en de- truisant les vibrations par une opposition de force, et celles qui agissent en raodiflant I'elasticite des corps sonores, parmi les- quelles I'lnfluence de la chaleur, qui se montre la plus puissante de toutes, presente des phenomenes aussicurieuxque peu connus. — M. Cagniard-Latoiir met sous les ycuxdc la Socicte une uou- 55 velle espece de glotte artilicielle qu'il a iraaginee dans le cours de ses dernieres recherches siir la formation de la voix humaine. Cette glotte est analogue a celle dont il s'etait precedemment servi,c'est-a-direqu'elleesta levresraembraneusesen caoutchouc, et qu'elle pent etre munie de deux couples d'anches vibrantes et d'une cavite interraediaire ou ventriculaire ; niais tandis qu'avec I'ancieu appareil on obtient difflcilement des sons d'une certalne rondeur on y reussit au contraire presqu'a volonte avec le nou- veau. La piece principale de ce systenie est uue planchettc ayant a peu pres 1 centimetre | d'epaisseur, 34 de longueur sur 6 de largeur, et qui a dans sa partie centrale une ouverlure rectangu- laire ou fenetre d'un centimetre sur deux, dans laquelle sont pla- cees les levres de la glotte. Vers les cxtremites de la planchette sont implantees des chevilles tournantes a frotlement qui serveut pour teudre, suivantqu'on le jugenecessaire, les ficellesauxquellessont liees par des etriers a crochets les rubans membraneux formant les levres dont on vient de parler. Ces rubans sont poses a plat sur la fenetre et maintenuspar unecontre-fenetre ou cadre de pression dont I'ouverture a les memes dimensions que celle de la fenetre ; en outre, vers ses angles, le cadre est perce de trous donnant en- tree a quatre broches metalliques fixees dans la planchette et a I'aide desquelles le cadre une fois applique sur les rubans mem- braneux ne peut plus eprouver de deplacements lateraux. Enfin, a I'aide de plaques minces introduites entre la planchette et le cadre on pousse Fun contre I'autre les rubans, afin que la glotte se ferme par le rapprochement de ses levres et soit raise ainsi en etat de pouvoir resonner par I'insufflation dela bouche. Tel est le systeme lorsque la glotte est simple, c'est-a-dire munie seulement d'un couple de levres ; dans le cas ou la glotte de I'appareil doit etre com-- posee, c'est-a-dire avoir deux couples de levres et une cavite in- terraediaire ou ventriculaire, on applique sur le premier couple de rubans membraneux, des qu'il vient d'etre mis en place, un cadre fait avec une plaque de liege que Ton choisit plus ou raoins epaisse, suivant que la cavite ventriculaire doit avoir plus ou moins de hauteur ; a ce cadre on applique ensuite le second couple sur le- quel alors on place le cadre terrainal ou de pression destine a re- cevoir le porte-vent. !i6 L'auteur anuonce que, daus ses essais avec son uouvel appareil, il a reniarque deja : !<> que la glolte, lorsqu'elle est simple, ne se met d'ordinaire en vibration qu'autaut qu'on I'insuffle en formant avec les Icvres de la boucbe un porte-vent assort!, c'esl-a-dire convenablement relreci ; 2o que par I'addilion d'un second couple de rubans raembraneux le systeme peut alorsen general vibrer par rinsufflation a plein tuyau, ce qui, suivant M. Cagniard-Latour, lient a ce que I'undes couples, independammentde ce qu'ilestemi- nemmenl vibratif, doit par I'effet de rinsufflation s'enir'ouvrir de maniere a devenir pour I'autre une espece de porte-vent assorti ; 30 que deux appareils a giottes simples, dont Tune et I'autre res- tent muettes pendant rinsufflation a plein tuyau, peuvent cependant resonner sous I'influence d'une pareille insufflation lorsqu'on les superpose de facon que le courant,apres avoir passe par I'une des giottes, soil force de s'ecouler a travers I'autre; et 4° qu'en general la glotte simple ne peut vibrer fortement qu'autant que ses levres se trouvent rapprochees jusqu'au contact. Seance du 29 mai 1841. M. Duperrey rappelle I'observation, faite par M. de Tessan, de deux arcs-en-ciel, dans chacun desquels le rouge se montrait en dehors. D'apres les diverses circonstances rapportees par I'obser- vateur, il croit, comme lui, que le second arc n'etait pas produit directement par le soleil, bien qu'il fut en apparence etpar hasard concentrique au premier. M. Puissant avail deja eu I'occasion d'observer un phenomene semblable. M. Duperrey a cru faire une chose utile en recherchant dans ses notes et dans les anciens ouvrages toutes les indications qui pouvaient avoir trait a ce genre d'observation ; et, a propos de cette recherche, il men- tionne differents cas d'arcs-eu-ciel excentriques, produits par la reflexion des rayons solaires dans les eaux des lacs ou des rivieres, et qui ont ete observes par M. Etienne, a Chartres en 1665 , par Senguerden 1685 ; par Halley, a Chester, en 1697; par Celsius en ~ Suede, eu 1743 ; par Flaugergues, etc. M. Binet cite un cas d'arc-en-ciel complet, qu'il a ete assex heureux pour voir de la lanterne du Pantheon. Meteorologie. : Bruit du tonnerre; trombes, ouragans, etc. — M. de Tessan donne quelques details sur une nouvelle explica- 57 tion du bruit du tonnerreetsur quelques autres effets del'electri- salion des masses gazeuses rendues conductrices de I'electricile par une quantite plus ou moins grande de vapeur d'eau visible ou invisible. Apres quelques courtes remarques deslinees a montrer I'insuffi- sance de la theorie de Robert-Hook pour expliquer le lieu d'ori- gine, le timbre, le ton et I'intensite que I'oreille reconnaitau bruit du tonnerre, M. deTessan expose la nouvelle theorie qui lait de- pendre ce bruit du chaugement brusque et considerable de volume qu'un nuage electrise doit eprouver au point d'ou jaillit I'elincelle au moment du depart de cette etincelle. — D'apres M. de Tessan, I'equilibre tend constamment a s'etablir,enchaque point de la sur- face du nuage electrise, entre la pression conslante de fair exte- rieur et I'elasticite propre du gaz electrise augmenlee de la ten- sion electrique en ce point. D'ou il resulte que plus la tension elec- trique est grande, plus I'elasticite propre du nuage doit etre petite, et que parconsequent celle-ci doit etre tres petite au point d'ou I'etincelle electrique est prete a jaillir; car des lors la tension electrique y est presque egale a la pression de I'air exterieur. Si done Tetincelle part reellement, la tension elec- trique devenant subitement nulle, I'air exterieur ne sera plus re- tenu et se precipitera avec impetuosite vers le point du nuage d'ou I'elincelle a jailli, et y produira un bruit tres brusque, tres fort et tres grave, comme il arriverait dans I'experience du creve-vessie faite tres en grand. — Ce serait la la cause du bruit du tonnerre. — Les eclats resulteraient des decharges simultanees de plusieurs nuages dont les etats electriques sont solidaires les uns des autres et dont les distances a I'observateur seraient differentes. — Le roulement resulterait des reflexions et refractions du sou a la sur- face des nuages electrises dont I'elasticite propre, si petite par rap- port a celle de I'air ambiant, les rend tres aptes a donner lieu au phenomene de I'echo. — L'averse qui suit le tonnerre resulterait de la compression subite qu'eprouverait la vapeur du nuage au moment oii Fair exterieur se precipite avec impetuosite vers I'es- pace qu'elle occupe. Passant aux effetsque I'electrisation doit produire dans les nuages ou dans les masses conductrices gazeuses visibles ou invisibles de I'atmosphere, M. de Tessan fait observer que I'equilibre est im- Eitrait de Ulnslitm, 1 841. s 58 possible daus I'interieur d'uiic telle masse, dout la forme doit parconsecjuentetre perpetuellement changeante,cequi est en effet. 11 remaique en outre qu'il pent resulter de eel etatun raouveraent de progression du centre de gravite de la masse elle-meme. — D'apres M. de Tessan, la dilatation que I'electricite fail eprouver a un Duage qui en est charge doit favoriser sa suspension dans ratraosphere. — L'electrisation d'uo nuage par influence ou au- trement pouvant avoir lieu dans un temps tres court, la dilatation qu'il eprouvera pourra etre tres rapide et pent etre assez rapidc pour produire un froid capable de congeler la vapeur vesiculaire et produire la grele. — La formation du cone dans les Irombes tranquilles (c'est-a-dire dans les trombes qui ont lieu sans la moin- dre agitation de Pair ni de la mer) serait due a la dilatation et a la deformation qu'un nuage electrise doit eprouver principalement dans le point oil la tension electrique est la plus grande. — La ra- refaction que I'electricite produit dans les nuages qui en sont charges peut rendre le phenomene de la refraction totale de la lu- raiere possible; cequi expliquerait ces effels de reflexion specu- laire que quelques nuages paraissent presenter. — Si une masse d'air placee a la surface de la terre est humide et electrisee, le barometre devra, a hauteur egale, y accuser une pression moindre qu'en dehors de cette masse, et si elle vient a perdre subitement son electricite, Fair sec ambiant devra, en vertu de sa pression plus considerable, seprecipiter de toutes parts vers I'espaceoccupepar fair humide, et produirait ainsi un veritable ouragau tourbillon- nant. — Plusieurs vents accidentels plus faibles pourraient avoir une origine analogue. Enfin M. de Tessan appelle I'attention sur la relation obligee qui existe entre I'etat electrique de I'air plus ou moins humide et la hauteur de la colonne barometrique. Analyse infinitesimale : Integration d'une classe particu- liere de fonctions differentielles. — M. Binet explique la methode qui I'a conduit a integrer la differentielle j; dye ^ y^ , tetant un entier positif ou negatif, et^j et q des nombres positifs. Cette integration est ramenee a celle des fonctions./ dx e V ^ ■> qui, elle-meme, depend do,/ e '^ dt dont on possededes tables. 59 Lorsque ji ou q ne sont pas des nombres positifs, la transformatiou a egalement lieu, mais le resuitat ne fait que convertir I'inte- gration proposee en uae autre plus simple. II indique I'usage de cette integrale indefinie pour revaluation d'une integrale definie qui se presente dans plusieurs questions relatives a la theorie do la chaleur. 11 annonce a la Societe qu'il est parvenu a former des suites con- vergentes dans toute leur etendue, et propres a fournir I'integrale indefinie J^e '^ off, lorsque t est superieur a I'unite. Jusqu'a present on ne possedait, pour cet objet, qu'une serie procedani selon des puissances negatives de f , mais qui flnissait toujours par devenir divergente : Laplace I'avait convertie en fraction con- tinue. La methode qui conduit a ce resuitat repose sur I'emploi des integrales definies euleriennes, el s'appihjue a des fonctions plus compliquees. Les series qu'elle fournit renferment la variable t dans desdenominateurs qui croisseut a iaraaniere des faclorielles a; (a; 4- 1) {x-\-2) {x-\- 3) , c'esi-a-dire beaucoup plus rar pidement que des puissances. — M. Catalan communique la note suivante sur un cas parti- culier de la surface dont I'aire est un minimum. Si une helice est tracee sur un cylindre droit a base circulaire, et si une droite, constamment parallele au plan de cette base, se meat en s'appuyant sur I'helice et sur I'axe du cylindre, elle en- gendre Vhetipotde gauche ordinaire. On sait que, pour un point quelconque de cette surface, les deux rayons de courbure prin- cipaux sout egaux et de signes contraires : on conclut immedia- tement de la que I'aire de cet helico'ide est un minimum entre toutes celles qui seraient termineesa une courbe quelconque tracee sur la surface de rhelicoide. Cherchons, dit-il, s'il existe d'autres helicoides gauches jouissant des memes proprietes. Soit y — f (■*) I'equation de la surface d'un cylindre droit quelconque, dont les generatrices sont paral- leles a I'axe des z. En prenant cet axe pour directrice rectiligne, et le plan des xy pour plan directeur, on trouve que I'iielicoide dont la directrice curviligne est une helice tracee sur le cylindre dont il s'agit peut etre represente par I'ensemblc des deux equa- tions : 69 «i/ ^oi;f{u),z=k ( *rfOV^r+TW, fe representant la deri- vee de f (6), et k" etant une constante. Si Ton tire de ces deux equations les valeurs des derivees p, q, r, s, t, et qu'on substitue dans {'equation ordinaire de la surface miDimum, on trouve que I'equation resultante se decompose en /-/•'+« =o,f'(«2+f)4-2(i+r2)(/'-ar)==o. Renaplacant « par cc, et /(«) par y, ces deu^^dernieres equations devieDoent L'integrale de I'equation (1) est y^ -^ x^ = c^, ce qui donnel'he- licoide ordinaire. Quant a I'equation (2), si Ton pose y= u sin w, x= u cos CO, elle devient £n deplacanl I'axe polaire et prenant uue unite convenable, on pent ecrire l'integrale de^ cette equation du second ordre sous la forme u = 2 cos w, ou y'^ -\- x"^ '= 2x. Aiosi riielicoide gauche ayant pour directrice curviligne une helice tracee sur un cylindre circulaire, et pour seconde direc- trice une generatrice de ce cylindre, est une surface minimum. On peutdemontrer facilement que cet helicoi'de ne differe qu'en apparence de I'helico'ide ordinaire. II n'y a done que cette der- Diere surface qui soit une surface helicoidale minimum. Prenons raaintenant Tequation generale des conoides : elle est px-\- qy =^0 (4). En combinant cette equation avec celle de la surface minimum, on trouve d'abord py + qx + s (x^- 4- j/2) ^ (5) ; 4 CI puis q{y^-x^)=^a;{x^ + y^) (6). Pour integrer cette equation, posons x — ty, d'ou L'integrale peut se mettre sous la forme a = J^^ly)^ (8) , p) ^ 0, F (X, p) = : la foaction F' («, /3) est de degre moindre que F (a, |3) par rapport aux lettres «, /3; elle est de plus rationnelle et entiere ainsi que les fonctions designees par lescaracteristiquesF,/', y.La formule que nous venons de citer s'etend aux fonctions de trois, quatre variables : en posant F (a;, j/) = C (a;, j/), elleconduil a I'equation remarquable que M. Jacob! a demontree le premier. M. Liouville donne de cette derniere equation plusieurs de- monstrations nouvelles qui s'appliquent a d'autres forraules du meme genre, et 11 en deduit divers theoremes de geometric. Seance du il juillet 1841. Physique du Globe : Observations magnetiques dans le nord de rEuroj^e. — M. Duperrey lit un memoire sur les obser- vations magnetiques faites par M. Jules de Blosseville pendant le voyage de la Lilloise en 1833. Ces observations onl ete transmises a M. Duperrey par une lettre de M.de Blosseville, datee de la cote nord d'Islande, 5 aoiit 1833. Depuis cette date on n'a plus rocu 76 do iiouvtHes de la Lilloise, (\n\n) voile impeuelrahli; a deiobee a toutes les recherches. Ce bi ick etait parti de Dunkerque dans les premiers jours de juillet 1833, sous le commandement de M. Ju- les de Blosseville, avec mission de proteger nos pecheurs en Is- lande, et autorisation de faire en merae temps, mals avec pru- dence , quelques excursions sur les cotes les plus voisines du Groenland. A la date de cette lettre , la derniere qu'il ait ecrite, M. de Blosseville venait de faire une premiere tentative vers les terres du Groenland dont 11 etait parvenu a apercevoir quelques points , apres s'etre courageusement avance dans I'interieur de la bande des glaces qui reudenl ces terres inabordables. Des ava- ries occasionnees par le mauvais temps et surtout par la hauteur disproportionnee de la mature de la Lilloise, I'avaient oblige a rela Cher a Vapna-Fiord, d'oii il repartait dans I'espolr de trouver les glaces plus divisees , et , selon lui , plus favorables a ses recher ches. C'est cette deuxieme tentative qui malheureusement parait avoir fixe le terme de sa glorieuse entreprise. L'equipage a-t-il succombe au milieu des glaces? ou bien , ce qui ne serait pas sans exemple, auraitil atteint sur Us rives du Groenland un refuge eu- toure d'obstacles qu'un fatal destin ne lui a pas permis de sur- monter? c'est ce qu'on ignore encore... M. Lottin , I'un des membres de la commission scientiflque d'ls- lande , ayant exprime le desir de mettre en regard de ses propres observations magnetiques celles qui avaient ete faltes par M. de Blosseville pendant la courle et malheureuse campagne de la Lil- loise, M. Duperrey a saisi avec empressement ce!te occasion de livrer a la publicite non-seulement les elements de ces observa- tions tels qu'ils avaientetedirectementadressespar notreinfortune compatriote , mais aussi les resultats qu'il en a deduits, apres les avoir scrupuleusement discutes et soumis au calcul. Ces observa- tions avaient ete commencees a Paris sous la direction speciale de M. Savary. II est facheux toutefois que des experiences faites a Rochefort, pendant qu'on appretait I'armement de la Lilloise, ne soient pas parvenues a M. Duperrey, non plus que les declinaisons magnetiques que M. de Blosseville aunonrail avoir observees en Is- lande. Mais ces pertes seront reparees tot ou tard. Arrivons au travail de M. de Blosseville, dont M. Duperrey rend ainsi corapte : 77 Inclinaison magn^tique. « M. de Blosseville avail a sa disposition une excellente boussole d'inclinaison de Gambey, munie de trois aiguilles qu'il observait alternativement dans le plan du meridien magnetique el dans deux plans rectangulaires , avanl et apres le renverseraent des poles. Les details de ces observations ne me sont pas parvenus, mais j'ai trouve en tete des tableaux des observations d'intensite magneti- que les indications suivantes, que j'ai du considerer comme des resultats deflnitifs : Dunkerque 29 juin 1833 inclinaison 68o 54' 42" Word-Fiord 19juillet » 76 45 42 Vapna-Fiord 3 aout » 77 13 Quant a I'inclinaison que I'aiguille aimantee a du avoir a Paris vers le milieu du mois de raai 1833, epoque moyenne des obser- vations d'intensite magnetique qui ont ete faites dans cette ville avant le depart de I'expedition , je crois I'avoir determinee avee assez d'exactitude en operant comme il suit : "Le 12 novembre 1831 , MM. A. Arago et Rudberg ont obtenu a I'observatoire royal, a I'aide de deux aiguilles 67** 40' 00" « Le 9 septembre 1834, j'ai observe, dans le meme lieu, trois aiguilles dont le resultat moyen a donne 67 26 30 Difference dans 34 mois — 13' 30" Ce qui fait pour 18 mois — 7 9 L'ou pent done admettre que I'inclinaison etait a Paris , vers le milieu du mois demai 1833, de 67" 32' 51" et faire usage de ce resultat dans la reduction des intensites hori- zontales en intensites totales. Intensite du magnetisme. " L'intensite du magnetisme a ete obtenue au moyen de quatre aiguilles qui oscillaient borizontalement suspendues par un fil de 78 sole sans torsion. Ces aiguilles , designees dans les minutes par les numeros 1 , 2, S et 4, ont ete observees, a Paris, deux fois pendant le cours du mois de mai 1833 ; la premiere fois par MM. Savary et de Blosseville, la seconde par M. Savary et par moi ; et elies I'ont ete ensuite a Dunkerque , a Nord-Fiord el a Vapna-Fiord par M. de Blosseville. — Durant le cours de chaque experience on tenait compte des variations de la temperature atmospherique que donnait un thermometre centigrade place sur I'appareil , et Ton prenait le temps de la duree des observations sur une montre-raa- rine, dont on deterrainait la marche diurne avec toute la precision desirable. — Les comparaisons a la montre avaient lieu de dix en dix oscillations, ou a peu pres; mais les amplitudes des arcs par- courus par la pointe de I'aiguille n'ayant ete notees que de cin- quanteen cinquante oscillations, jai du tracer pour chaqueaiguille et pour chaque localite unecourbe dependante des amplitudes ob- servees, afin de pouvoir deduire decette courbe les amplitudes in- termediaires a I'aide desquelles je suis parvenu a transformer les durees des nombres d'oscillations observees en durees de cent os- cillations infiniment petites. Reduction a une temperature uniforme. « Les observations d'intensite ont ete faites a Paris a deux iodi- cations thermoraetriques sufflsamment differentes pour qu'il soit possible d'en deduire la correction due a I'effet de la temperature sur les aiguilles. Pour operer cette correction, j'ai fait usage de la T' T formule cr=:_^_ . r— -7 — -r dans laquelle c est le coefflcient de la correction pour 1° du thermometre et pour une seconde de duree d'oscillations infiniment petites. T et T' expriment les durees de cent oscillations infiniment petites obtenues aux temperatures respectives t et t'. Le tableau suivant contient les elements de cette formule et la valeur de c qui en resulte pour chaque aiguille. 79 MM. Savary et de BlosseTille. MM. Savary et Duperrey. Differences. Coefficient. 90,0 25,6 632",2i 636, 68 100,0 27, 1 622",S0 624, 98 t0",5 648",62 100,5 28, 5 652, 53 29, 7 633",24 636, 95 IG»,6 4",47il7<',l 2", 48 18»,0 3", 91 19»,2( 5",71 c= 0,000424| c=;0,000232 c = 0,000334!c r= 0,000504 "La moyenne des temperatures, observees tanta Paris quedans les autres stations du voyage est d'enviroo I7o. J'ai ramene toutes les observations a cette indication moyenne, afin de n'avoir a leur faire subir que le plus faible changement possible. Ce changeraent est en effet si petit que Ton pourrait, a larigueur, se dispenser d'y avoir egard. En operant aiesi , j'evite la difficulte de repondre a la question de savoir s'il ne serait pas preferable de determiner la valeur du coefficient c en fonction de I'intensite totale piutot qu'en fonction de la duree ou du nombre des oscillations horizon- tales. J'ai lieu de croire qu'il serait plus rationnel d'operer sur les intensites totales ; mais cette recherche de I'exactitude, d'ailleurs hypothetique , devient illusoire dans le cas des reductions dont nous avons a nous occuper ici. En effet , I'aiguilie no 1, observeea Nord-Flord , est celle qui doit subir la plus grande correction due al'effet de la temperature. Nous verrons tout a I'heure que le rap- port des intensites , donne par cette aiguille entre Paris et Nord- Fiord, est de 1 ,0776 dans I'hypoth^se du coefficient c determine en fonction de la duree des oscillations horizontales. Si, au contraire, nous voulions faire dependre ce rapport de la valeur de c determi- nee en fonction des intensites totales obtenues avec la meme ai- guille, nous aurions 1,0762, lequel ne differe que de 0,0014 du premier rapport que nous avons adopts. 80 Reduction a 11° de temperature . Duree de loo oscillations infiniment cetites. Nameros Tempera- --^ — — b^ .--^ ^^ -, Nomsdes stations Dales. des ture a la tenipe- correction ramenee a aiguilles. centigrade. ralure obseryee. de tem- perature. 17 degres de temperature. 1833 • Paris. mai 1 90,0 632",21 — 30 — 1 moy. 2S,6 636, 68 — 0",08 17,3 634",44 654", 36 Paris. mai 2 10,0 622, 50 — 30 — 2 moy. 27,4 18,5^ 624, 98 — 0, 22 623",74 623, 52 Paris. mai 3 10,5 648, 62 — 30 — 3 moy. 28,3 652, 53 — 0, 54 19,S 650",57 650, 03 Paris. mai 4 10,5 633, 24 — 30 — 4 moy. 29,7 636, 95 — 0, 60 20,1 635",10 634, 60 Dunkerque. 29 juin 1 22,5 652, 08 — 1, 52 650, 56 — 2 22,5 639, 71 — 0, 82 638, 89 — 3 22,5 666, 54 — 1, 22 665, 32 — 4 22,5 651, 01 — 1, 09 649, 92 Nord-Fiord. 19juil. 1 11,0 787, 18 + 2, 00 789, 18 — 2 11,0 773, 53 + 1, 08 774, 61 — 3 11,0 811, 26 + 1, 63 812, 89 "■"" 4 11,0 790, 43 + 1, 44 791, 87 Vapna-Fiord. 3 aout. 1 14,7 784, 22 + 0, 76 784, 98 — 2 14,7 771, 96 + 0, 41 772, 37 — 3 14,7 800, 46 + 0, 61 801, 07 ~ 4 14,7 781, 37 + 8, 55 781, 92 Hi Hapiiorl (les iniensites magneliques. "NommoDsT et T' les durees de 100 oscillations inflnimenl petites, observees dans deux lieux differents ; M et M' les inten- sites totales respectives, et , enfin , I ot 1' les inclinaisons de Taiguille aimanlee , obtenues dans les memes lieux. L'intensite totale a Paris etant representee par M , on aura pour l'intensite totale dans I'une quelconque des autres stations , _ MT^^ C OS. I Si actuellement Ton fait ^—\ on aura pour M' les rapports d'iu- tensites qui figurent dans les huitieme et neuvierae colonnes du tableau suivant. Mais si , pour se conformer a I'usage qui subsiste encore, Ton fait M =z 1,3482, on aura alors les rapports qui sont contenus dans la derniere colonne de ce tableau. Extrait de L'InstUul, 1841. H 82 •o 3 » f ©■ 2 I O B a n .a s pi ^^ 03 &3 c ; — • 09 ['' fD p a> a tn t> \ VI tn >^ 00 o o OS- tA ;;! OS o NO o o VI o KS to / o' 2! f =3 \ 1 n 0= k^ (^ 1 D) O en o O r 1 T3 O e or o 3 \ O to t« 1 C O O 9 OS o C J n oa o 00 X>C>3tsSh^ J=*03^S*^ iS»C5KS^^ iS-03t-S •JOO*J*J •JtX*J"0 C. OOC> ClCiClCi 000*000 'OHfc*Joo.fc*C503Cn c>^t"t^^o^ w»-»NOis- ^*t0X=*O OOlOOO£>_OOii=« cooosto ooooC)^^ oosoocn oomco m 1/1 o k^ p> IA f^ h^ u» ^^ O O O I k^^^h^V^ oooo oooo oooo coosMtto ^ooo^ H»v^^o oooo C>C^-&*«vJ ^-00<1 tOOs^cD oooo ocicoto >^.(2«a)0> o^900^ oooo 09 03 o 00 o oa 09 > B3 -J W, "■ C/3 o <-! 2 c- cn H >■ O H B^ t/3 o PI w. Z ■n c« z ■H H W- P^ g cn > n 2 tfl- H 1-^ O c P3 83 " i^es rapports d'intensite oblenus a Nord-Fiord ot a Vapna- Fiord ont entro eux une difference de 0,0775, qui, en raison de la distance en latitude magnetique qui separe les deux points , nous parait considerable. Neanmoins , lorsque nous rapprochons ces rapports de ceux queM. Lottin a observes trois ans apres a Rey- kiavili et dans les environs du raont Hekia, nous remarquons qu'il pourrait y avoir moins de causes d'anomaiie dans lesol de la par- lie nord-est de I'lslande que dans celui de la partie sud-ouest. « Voici les resultats que M. Lottin a obtenus en Islande en 1836 : Stations. Latitude, Longitude. Declinaison. Inclinaison. Intensity. Paris. 48<'50'N. 0" 0' » » 67''26'8 1,3482 Cherbourg. 49 39 3 67 0. 23o32N.-0. 68 35,5 1,3663 Reykiavik. 64 8 24 16 43 14 77 1,6 1,5502 Tingvellio. 64 15 23 10 40 8 76 4,2 1,4632 MontHekia.63 58 22 3 -. » 79 32,7 1,5984 (Le sommet.) Selsund. 63 54 22 8 40 49 76 40,7 1,5978 (BaseduM. H6kla.) « Eu esaminant ce dernier tableau, on voit qu'il existe en effet dans la partie sud-ouest do I'lslande des causes de perturbation qui affectent d'une mauiere tres-seusible la direction et la force du luagnetisme : I'inclinaison presente une grande anomalie au sommet du mont HekIa , et I'intensite qui devrait augnienter en allant do ce nioiit vers Reykiavik suit precisement une marche opposee. " Un fait non moins remarquable est la difference d'environ 3o qui existe entre les inclinaisons de I'aiguille, observees au sommet et au pied du mont HekIa (1), bien que I'intensite du magnetisme soil absolument la meine en ces deux points. « Les observations inagnetiques de MM. de Blosseville et Lottin nous paraissent de nature a jeter un grand jour sur la constitution physique de I'lslande. » (1) Glicraann pense que le mont Htkla a 868 loiscs de iuiutcur au dessus du niveau de la mcr (1692 mi'tres). BalJii doiinc l;i memc hauteur. 84 Seance du 24 juillct 1841 . M. Alcide d'Orbigny lit un memoire intitule : Consideratiom paleontologiques et geographiques siir la distribution des Cepha- lopodes acetabulifires (Voyez I'Institut, no395). — M. Leguillou lit un memoire contenanl la description de 18 Douvelles especes d'Insectes, recueillies par lui pendant son voyage de circumnavigation en qualite de chirurgien-inajor de la Zelee. Sept especes appartiennent a I'ordre des Apteres, et onze a celui des Coleopteres. Hydraulique : Grands tuyaux de conduite. — M. de Caligny communique des observations relatives a des experiences que I'on a faites sur les grands tuyaux de conduite de Paris. Depuis qu'il a presente a I'Acaderaie des Sciences des experiences faites sur un des tuyaux de conduite de cetle ville, il a appris que I'ingenieur en chef, M. Mary, a fait des experiences sur le mou- vement uniforme dans des tuyaux de dimensions encore bien plus grandes que cclles du tuyau dont il s'est servi lui-meme, et a irouve que pour ces dimensions le debit calcule d'apres les formules de Prony serait trop faible. Ceresultat, ditM. de Caligny, est tres-important pour nioi, qui avals trouvc une diminution analogue dans les cofficients des resis- tances passives pour le mouvement oscillatoire, p[iisqn''il rattacho en quelque sorte mes norabres a ceux que Ton trouve pour le mou- vement uniforme duns ces grands tuyaux. li est essenliel de remar- quer que, si la diminution des coefficients dont il s'agil etait la memo pour toutes les oscillations dans un meme tuyau, ce resultat rentrerait d'apres cela dans la loi relative au mouvement uni- forme, c'est-a-dire n'offrirait d'inleret que sous le rapport des appreciations numcriques. Mais il n"en est point ainsi ; la dimi- nution dans les coefficients des frottements est fonclion de la course de chaque oscillation, que I'on considere dans un meme tuyau donne, et quand celie course est asscz grande relativement au diametre de ce tuyau, cette diminution n'est plus sensible. Ainsi, pour bien fixer les idees, dans un tuyau de0n»,l2 aOi>,13 de diametre et de 212™, 5 de long, la diminution dont il s'agit n'etait plus sensible pour des oscillations dont la course etait une soixan- laine do fois la longuinir du (iianielre. M. de Caligny n'examino 85 pas on ce moment si cela venait dc causes otraugeres aux froue- meuts et particulieres a ce tuyau; niais il iusiste sur ce point essen- tiel que la diminutioti des coefficients eta It fonction de la longueur lie la course, parce que, selon iui , cette diminution vient de ce qu'il faut qu'il y ait un certain chemin parcouru, a partir de la naissance du raouvement , pour que !e rapport de la vitesse a la paroi a la vitesse centrale pour chaque instant considere, devieniie aussi grand que dans un mouvement parvenu a runiformile; or on salt que les coefficients dont il s'agit dependent dece rapport. La presente note etait done indispensable pour faire distinguer la loi des coefficients des frottements dans le mouvement oscillatoire, de ce que serait une simple appreciation jmrnenV/t^e. — LaSocieteentend la lecture d'unrapportdeM. Milne-Edwards sur un catalogue raisonne des Insectes recueillis pendant le voyage de circumnavigation des corvettes I' Astrolabe et la Zclee, par M. Leguillou, chirurgien-major de laZelee, pendant les annees 1837 a 1840. Nous aliens donuer ici la description des especes nouvelles mentionnees dans ce catalogue. APTERES. Polydesmus denticulalus. — Couleur generate d'un gris blan" clialre. Tous les segments du corps fortement granuleux, avec les dilatations laterales denticulees ; dernier segment saillant. arrondi et faiblement dentele. Anteunes et pattes pales. — Long. 28 1. 5 mill. — (Habitant la Nouvelle-Guinee.) Polydesmus Beaumonlii. — D'un brun noiratre, luisant, avec les carenes laterales de chaque segment d'un jaune pale. Ces ca- renes tres developpees, ayant le bnrd epaissi en bourrelel arrondi on avant, et prolongees posterieurement en une forte opine aiguo, dirigee en arriere et un peu en dehors. — Antennes grandes, al- iongees. — Dernier segment abdominal pro'onge et retreci en ar- jiere, tronque et termine par deux pelits tuberoules, ce qui rend son extremite bifide. Tous les segments, a I'exception des quatre premiers, ayant en dessus et au milieu une forte impression trans- versale qui n'atteint pas les bords lateraux. — Long. 40 1. 5 mill. — (Hab. Borneo.) Polydesmus imprcssus. — D'un gris bieuatre, couleur d'ar- doisc on dossus,avoc lescaronos laterales, lo dcssous, les anteiuios M .ca panes U'tin blaiic jaiiuatre pale; 'carenes laterales fortes, epaisses et en bourrelet avec Tangle posltiiieur aigu. line impres- sion transverse assez enfoncee au milieu de chaque segment, a oavite ponctiiee et n'atteignant pas les bords iateraux. Quelciucs points noirs sur les segments plus gros en arriere. Dernier segment (crmiue brusijuement en une pointe saiilanle, tronquee et denti- ciilee an bout. — Long. 18 I. 3 mill. (Hab. la N.-Guinee.) Jiilus BlaiaviUei. — Grande et belle espece d'un brnn noi- ratre. — Tote et premier segment lisses ; celui-ci prolonge en arriere et arque de cbaque cote. — Les autres segments plisses longitudinalement sur leurbord posterieur, amies chacun de huit epines inserees au bord posterieur et formantbiiit lignes longitudi- nales de fortes epines lisses et luisantes, toutes dirigees en arriere. Les deux lignes laterales de chaque cote des qiiatre premiers seg- ments sont prcsque effacees et tuberculiformes. — Dernier seg- ment du corps lisse, termine par une petite pointe arrondie au bout. Pattesetantennesd'unbrunjaunatre. — Long. 136 I. limill. (Hab. la N.-Guinee.) Julus Roissyi. — Corps brun ardoise avec les anleunes, les pattes et le bord des segments d'un jaune fauve. — Tons les segments lisses et luisants ; le dernier termine par une pointe assez avancee et pen aigue. — Pattes ires courtes. — Long. 50 1. 5 mill. (Hab. la N.-Guinee.) Julus dorsalis. — Corps d'un brun jaunatre, a segments fincraent rugosules, bordes de fauve avec une bande longitudinale noire et assez large en dessus et au milieu ; plus une ligne de petits points uoirs de chaque cote. — Antennes et pattes pales. — Dernier segment abdominal simplement arrondi au milieu en arriere. — Long. 38 1. 4 mill. — (Hab. iles Arrow.) Julus longipes. — Corps brun jaunatre avec le bord posterieur dos segments plus pale, vert-noiraire ; antennes terminees par deux articles beaucoup plus larges. Dernier segment termine en pointe coraprimeu lateralement, courbee, ne depassaut pas les pieces analcs. Pattes comprimees et plus longues que dans les especes precedentes. — Long. 35 I. 4 mill. (Hab. ilcs -Arrow.) COLEOPTERES. Feronia nrongniardi. — D'un verl cuivreux assez fonce en 87 dessus, noir dessous. Tete ayant deux lories impressions eutre los antennes at uiie impression transverse derriore les yeux, avec le fond de ces fossettes garni de points. Antennes, labre et paipes bruns. Corselet fortemenl cordiforme, avec i'impression trans- versale du bord anterieur, cello du bord posterieur et les fossettes laterales garnies de points enfonces, le sillon median assez marque et quelques faibles rides onduleuses et transversales sur le disquo ; ecussoa petit, noir. Elytres plus larges que le corcelet, assez allon- gees, lisses, offrant des reflets rouges en dessus et verts sur les bords, garnies de stries lisses assez fortes au milieu, presque ef- facees sur les cotes, avec trois gros points snr le disque et une serie de ces memes points aux bords externes. Pattes noires a tarses brun fonce. — Long. 11 | m.; 1. 4 mill. — (Hab.ledetr.de Mag.) Feronia Tasmanica. — Noire, luisante. Teiepetite, lisse, avec de tres faibles impressions en avaut, vis-a-vis I'insertion des an- tennes. Paipes d'un brun rougeatre, surtout a I'extremite; antennes noires, corselet aplati, cordiforme, un peu rebordees, lisses, avec un fin sillon longitudinal au milieu et une assez large fossette de chaque cote en arrlere. Elytres ovaiaires assez aplaties, lisses, avec neuf stries assez profondes, lisses. On voit deux points en- fonces au tiers posterieur, Tun sur I'intervalle des troisieme et quatrieme stries, et I'autre un peu en arriere sur I'inlervalle des quatrieme et cinquierae. II y en a plusieurs sur le bord externe ; dessous lisse, tarses d'un noir un peu brunatre. — Long. 16 I. 6 mill. — (Hab. Hobart-Town.) Feronia Matthieuii. — AUongee , presque parallele , noire , luisante. Tete assez petite, lisse, avec une forte impression longi- tudinale de chaque cote et un sillon transversal en avant. An- tennes assez courtes , atteignanta peine les angles posterieurs du corselet , ayant les quatre premiers articles luisants , noirs ; les autres bruns et velus ; corselet un peu plus large que long, arrondi sur les cotes , assez aplati , ayant un sillon longitudinal au milieu, et deux fossettes assez larges en arriere. Son bord posterieur angu- leux. echancre au milieu. Ecusson triangulaire, ayant a la base des stries longitudinales, et au milieu, pres du somraet de Tangle, une petite excavation. Elytres a peine un peu plus larges que le corse- let , arrondies au bout , fortement striees a stries ponctuees , et 88 ayani en anierc el sui les bords do ties gros points cul'oiices et oblongs. Pattos robustes , epineuses, dessous lisse et ires luisant. — Long. 13 I. 4 .^ mill. (Hab. Otago, Nouvclle-Zelaade.) Feronia Potelli. — ■ Allongee, presque parallele, noire, luisante et assez aplalie. Tete petite, lisse, a impressions peu marquees. Corselet a peu pres aussi loug que large , arrondi sur les cotes , lisse, avec un sillon longitudinal au milieu, et deux impressions on fossettes allongees de cliaque cote , les internes plus allongees que. les externes. Son bord posterieur tronque presque droit, a peine echancre au milieu. Ecusson triangulaire, avec une impres- sion transversale au milieu. Elytres a peine plus larges que le cor- selet, assez aplaties, lisses, avec des stries peu profondes, offrant a peine quelques petits points au fond de leurs sillons, formant a I'extremite quelquts laibles coles. Dessous el pattes lisses el lui- sants; parlies de la bouclie et tarses d'uu brun ferrugineux. — Long. 9 I. 3| mill. Hab. Otago. Feronia Keramboskerii. — Sub-ovalaire, noire et tres luisante, assez aplatie. Tete lisse, a impressions peu marquees. Antennes et parties de la bouche d'un brun fauve ; quatre premiers articles des antennes noiratres a leur base. Corselet un peu plus large que long, arrondi sur les cotes, un peu plus etroit en arriere, avec un faible sillon longitudinal a-u milieu , et une lossetle peu marquee de chaque cote en arriere. Elylres un peu plus larges que le corse- let a leur base , un peu elargies au dela du milieu , arrondies el faiblement sinuees en arriere , avec des stries peu profondes el finement ponctuees , et une serie de gros points enfonces sur les cotes; dessous et patles noir luisant ; tarses un peu tirant sur le fauve.— Long. 11 1 1. 4| mill. (Hab. Triton-Bay, Nouvelle-Guinee.) Amara Ollivierii. — Assez allongee, d'un bronze obscur a re- licts de cuivre rouge. Tele et corselet lisses ; corselet un peu plus large que long, arrondi sur les cotes, avec une faible impression de chaque cote en arriere, et un sillon median peu marque. Eiy- ires a peine plus larges que le corselet , offrant des stries simples et peuenfoncees. Patles, base des antennes et palpes, fauve. Long. 8,m. 1. 3 ^ mill. (Hab. le detr. de Magellan). Harpalus Clamorgami. — Noir assez allonge. Tele large avec une forte impression de chaque cote en avant. Corselet beaucoup plus large que long, arrondi sur les cotes, et fortemcnt relreci en 89 arriere, avec une impression transverse, pres du bord anlerieur , tin faible sillon longitudinal au milieu , et une fossettc de chaquB cote en arriere. Elytres plus larges que le corselet a leur base, presque paralleles, assez convexes, arrondies en arriere, avec de fortes stries lisses. Antennes, palpes et pattes fauves (femelle). — Long. 12 1. 5 millim. — (Hab. I'ile d'Hamoa.) Oopterusimllidus. — D'un brun marron avec les bords du cor- selet et des elytres plus i)ales. Tete un pcu plus longue que large, lisse, avec les palpes et la base des antennes d'un jaune pale. Cor- selet cordiforme, offrant les fossetlcs lateraies el le sillon longitu- dinal ordinaire; elytres ovales allougees, lisses et tres luisantes, avec de tres faibles stries lisses, presque effacees vers les cotes. Dessous et pattes pales, — Long. 5 1. 2 millim. — ( Hab. Otago, Nouvelle-Zelande.) Oopierus Trobertii. — D'un brun de poix presque noir , tres- luisant. Tele petite, nioins longue que large. Premiers articles des antennes et palpes d'un jaune fauve. Corselet un peu plus large que long , assez aplali , pcu cordiforme, mais retreci en arriere, avec les coles arrondis en avant, un sillon longitudinal au milieu, et les deux fossettes lateraies peu marquees. Ecusson tres petit, plus large que long. Elytres tres ovalaires, assez bombees , forte- ment rebordees avec les bords un peu blenatres, et offrant des stries lisses assez bien marquees. Di'ssous brun, pattes d'un jaune fence. — Long. 6 1. 1 * millim. — (Hab. Olago.) Bembidium Charruaui. — D'un brun noiratrfca faibles re- flets metalli(iues, assez aplati. Tete assez large awec les impres- sions ordiaaires enlre les antennes. Corselet plus large que long , arrondi sur les coles en avant, assez retreci en arriere avec deux impressions ou lignes longitudinales de chaque cote pres dos an- gles posterieurs. Elytres plus larges que le corselet, a epaules as- sez saillantes , ovalaires, tres faiblement siuuees pres de I'extre- mite, garnies de stries formees de points enfonces tres rapproches, ayant une petite tache fauve a la base ; deux autres laches au tiers anlerieur et posterieur, au bord, et I'extremile d'un jauue un pen fonce : toutes ces laches peu liraitees el peu marquees. Dessous noir. Pattes, base des antennes el palpes d'un fauve pale. — Long. 6 1. 2 I millim.— (Hab. les iles Aukland.) Zirophorus Frcminvillii. — Noir, tres luisant, tele lisse, forio- liitrMde L'liislitiit,'l8l\l. ' 12 00 inciitc'i!ca\ee an milieu avco les angles aiiterieurs saillants et lur- luines par deiix especes de tuberculcs bifides. Corselet presque deux fois plus large que long, lisse, a c6(es faiblement arrondis et un peu plus etroits en avant ; il a un profond sillon longitudinal au milieu. Elytres un peu plus longues que larges, tres lisses , un peu en retrecies arriere, avec une petite fossette allongee pres des angles posterieurs exterues , et un siilon paraliele a la surface. Abdomen beaucoup plus eiroit, a segmenis un peu clrangles au milieu. — Tarses bruns. — Long. 17 1. 3 .* millira. — ( Hab. Hamoa.) Seance du 14 aout 1841. Chimie organioue : Recherches sur Ics resines. — M. Deville communique les premiers resultats d'un travail qu'il a corameuce sur les resines, et donl une partie, celle relative a I'une d'elles, le baume de tolu, est completeraentterminee. Le baume de tolu renferme une essence que J'on separe par dis- tjllatiou avec Teau. Cette substance Ires complexe renferme : 1° une huile volatile, bouiliant vers ITQo, dont la composition est representee par la formule C^s hzg ; go .de I'acide benzoique tout forme, et qui s'y developpe avec le temps et I'exposition a I'air ; 3" une substance que toutes ses proprletes et sa composition ele- raentaire doivent faire cousiderer comme identique avec la cinna- mine que M. Fremy a oblenue dans Ic traitement du baume de tolu par la poU^se alcooliquc. Si Ton distilte a feu nu le baume de tolu, en prenant toutes les precautions quecelte operation difficile exige a cause du boursouf- flement contiauel des matieres contenues dans la cornue, on ob- tieut quatre produits differents bien nets : 10 De I'acide benzoique en quantite considerable ; 2" Dans les eaux-meres alcooliques de la cristallisation de cet acide, une faible quantite d'acide cinnamique; 3o Une substance huileuse, bouiliant a 108°, dont la compo- sition el la densite de vapeur conduisent, pour elle, a la formule C-8 H16, la meme que celle quo MM. Pelietier et Walter ont assi ■gnee a leur resinaphte. Le resinapbte et le benzoi'ne ne doivent olre consideres que comme isomeriques, parce que leurs pro- prletes chimiques different csscntiellement. — Le benzoi'ne donne 91 avec I'acide sulfurique iin acido doiil la composition daus les scis eslC28Hi*,S2C»,etal'etatcristalliseetlibreC2«Hii,S2 0S-f.H6 03. L'acide nitriqiie concentre produit a froid, avec le benzoine, una combinaison C28 Hi2, Ch* 0*, et a chaud, apres une action pro- longee, une substance cristallisee de la forme C^s H^^, Ch* 0**. Le ehlore agit tres vivement sur le benzo'iue. Celte action est memo si intense que les premiers produits d'une chloruratlon successive de la substance disparaissent a niesure qu'ils se forment, de sorte que, pour les obtenir isoles, comme iis sont iiquides, on ne salt a quel temps de I'operation s'arreter. Cependant M. Devillea obtenu le plus volatil, qui est de la forme C^s H'* Ch^. faction du ehlore etant prolongee, on obtient successivement C^s fHO ch^, Ch^ H^, ensuite C^s Hio Cho, Ch* H*, puis C^s H»o Cbe, Che ro. Ce dernier est cristallise et represente par sa composition le chlorure de ben- zoine de M. Peligot. Enfin Ic dernier terme de cette serie est C28 H* Chi2. II est cristallise. 4° Le baumede toiu distllle produit enfin une derniere substance qui, par Taction des acides, donne de l'acide benzoique, et sous I'influence de la potasse donne du benzoate de potasse et de I'al- cool. D'un autre cote elle a toutes les proprietes physiques et ia composition de I'ether benzoique. C'est done de I'ether benzoique. M. Deville a observe que la benzine, dans les memes circon- stances qui donnent naissiince avec le benzoine a la combinaison C28 H*2 Ch* 08, fournit aussi une combinaison cristallisee d'une grande beaute et de la forme C^' H^ Ch* 0^, ce qui complete I'ana- logie entre ces deux substances. — M. Duvernoy commence la lecture d'un travail qui a pour litre : Notes ou renseignements sur plusieurs Mammiferes de I'Algerie, pour servir a Vhistoire de la Faune de cette contree. — M. Cagnlard-Latour metsouslesyeuxdelaSocieteuneglotte arlificielle du genre de celles dont 11 avail presente un raodele le 22 mai dernier. Dans celte nouvelle glotte, qui est munle de levres membra- ueuses en caoutchouc et d'un porte-vcnt aplati vers son sommot, la cavite ventriculaire est en communication avec un petit corps de pompe outubea piston, al'aide duquel onpeutfaire varierdans de certalnes limites la contenance totale du ventricule pendant que Tappareil resonne par rinsufflafiou de la bouche. D'apres diverses 92 donnees fouruies par les observations de Grenier et de Muller, re- latives a rinfluence que le porte-ventexercesur le son des anches melalliques et sur celui des anches membraneuses, I'auteur sup- posait que, sans changer la tension des icvres de la glotte dont il s'agit, on pourrait peut-etre faire varier beaucoup le ton du son en faisant raouvoir seulement le piston du systeme. II annonce qu'en cffct Texperience vient de conflrmer ses conjectures; pour donner uno idee des resultats que Ton oblient, il insuffle son ap- pareil apresen avoir conveuablement rapprocbe les levres mem- braneuses, et fait remarquer que pendant cetteinsufllation on pent, en donnant au piston du systeme les positions convenables, pro- duire tous les sons compris dans I'etendue d'une quinte; qu'ainsi, par exeraple, dans le cas ou I'intrument donne un re de 5G6 vibra- tions souores par seconde, lorsque le ventricule est reduit a son minimum de capacite qui estd'environ un demi centilitre, on peut ensuite faire produire au merae instrument le sol ioferieur en tirant le piston do facon que la capacite ventriculaire soit 3 fois aussi graude, c'est-a-dire d'un centilitre et demi apeu pros. — D'autres experiences, dans lesquelles le tube a piston se trouvait applique lateraleraent a la partie cylindrique du porte-vent, c'est-a-dire a celle qui ne communique pas avec le ventricule, ont prouve que Ton pouvait aussi par les allees et venues du piston apporter au ton du son quelques changeraents, mais que les differences obser- vees etaient beaucoup moins sensibles dans ce second cas que dans le premier. D'apres la grande influence que I'augmentation de la cavite ventriculaire parait avoir pour abaisser le ton du son pro- duit, M. Cagniard- Latour serait porte a penser que pour la meme longueur des cordes vocales un larynx liumain doit etre d'autant plus apte a produire des sons graves que ses ventricules ont plus de developpement. M. Cagniard-Latour rappelle que, dans la seance du 1 1 novembre 1837, il avaitdeja presente a la Societe une sircne fronde, munie d'un porte-vent retreci et d'un ventricule a capacite variable, et fait remarquer que la resonnance decet appareilavait des timbres assez differents, suivant que la capacite ventriculaire se trouvait augmentee ou dirainuee (Voir L'Institut, no 222). II annonce avoir recueilli des observations analogues dans le cours de ses expe- riences sur la nouvelle glotte artiGcielie qui vient d'etre decrite. 93 Seance du 21 aoiit 1841. Hydraulique : Succion dans les ajutages. — M. deCaligny com- munique des experiences sur la succion de I'eau dans les ajutages, a I'occasion de quelques observations sur les effets du berceau hy- draulique de M. de Thivilie. Ce dernier appareil decrit dans le Bulletin de la Societe d'En- couragement , consiste , comme on sail, en uu vase en forme de demi-cylindre creux , dans lequel on fait osciller de I'eau en pen- chant periodiquement ce cylindre. Tout le monde salt que cela suffit pour elever de I'eau au-dessus de son niveau ; mais ce qui ap- partienl a M. de Thivilie , c'est I'idee de disposer au fond du vase, cnfonce en partie dans de I'eau a epuiser, un orifice sans soupape, par lequel i'eau a epuiser entre dans I'appareil en verlu de la deni- vellation produite a I'interieur par le balancement de I'eau qu'il contient. A I'epoque oil cet appareil fut publie , on n'avait jaruais etudie les resistances passives qui s'opposent aux mouve- raenls oscillatoires des liquides, et Ton navait aucune idee de leur importance. Maisil resulte des experiences de M. de Caligny qu'il est indispensable d'en tenir compte ici , et qu'il est utile de donner des moyens d'enfoncer cet appareil a la profondeur la moindre possible au-dessous du niveau des eaux a epuiser. Or , il parait que Ton pourrait y parvenir en reduisant le vase de M. de Thivilie a un siphon renverse, parceque, d'apres des experiences deja commuuiquees a la Societe, quand une colonne liquide oscille dans un siphon renverse ordinaire, les pressions sont moindres que si le liquide y etait en repos, a moins que Ton ne considere les pressions sur les points de la parol inferieure, ou s'exerce la force centrifuge. 11 serait d'ailleurs facile de modifier encore ces pres- sions au moyen de la forme du tube , parce que M. de Caligny a observe que les phenomenes de succion , indiques par Bernouilli dans certains ajutages , pour le mouvement uniforme, se presen- lent aussi dans le mouvement oscillatoire avec beaucoup d'inten- site. L'experience qui va suivre est le veritable objet de la presente note. M. de Caligny a communique precedemment a la Societe un appareil forme d'un simple tube vertical, de soixante-sept centi metres de long ot de trentrc millimetres de diametre environ, por- 94 lant laleiiilemeut un lube liorizoiilal lecourbe veiticalemeiil ; ce dernier elait tormiiH' a son sommel par un pelil reservoir conle- iiaot de I'eau a epuiser. On plonge verlicalemeut cet appareil dans uu grand reservoir, ie premier tube etanl en partie hors de I'eau, el Ie petit reservoir etant enfonce presquo jusqu'a ses bords. On souffle periodiquement sur ie sommet de la portion du premier lube reste hors de I'eau , et ['oscillation qui est ainsi cntrelenue dans ce tube determine uue succion lateraie qui fait baisser I'eau de (juantites tres- notables dans Ie petit restrvoir lateral, par des raisons sur lesquelles nous ne pouvons revenir ici. Or, quand Ie tube vertical, par Ie haut duquel on souffle perio- diquement, est termine par un entonnoir, I'abaissement qui se ma- nifeste dans Ie petit reservoir lateral ne differe pas beaucoup do celui qui se manifeste dans ce nieme reservoir, quand Ie premier tube vertical se termine inferieurement sans entonnoir par des pa- rois vives , a une distance de I'origine du tube lateral egale a en- viron Ie double du diaraetre du tube dont il s'agit , distance qui etait ceile a laquelle on avait mis I'entonnoir dans la premiere ex- perience. Mais cet abaissement de niveau lateral diminue d'en- viron moitie lorsque , conservant cette arete vive, on allonge du double lo bout d'ajulage inferieur dont on vient de parler. II re- sulte de la que la force de succion lateraie dependant de Tampli- tude de I'oscillation, sous ce rapport, il est utile de dirainuer la deviation des filets a leur entree dans Ie tube vertical , au moyen d'un entonnoir. ftiais il est essentiel de remarquer que si Ie bout du tube cylindrique , par lequel Ie tube vertical se termine au- dessous de Tembranchement lateral , n'est pas trop long par rapport a son diametre, il forme un veritable ajutage cylindrique , dans le- quel se preseulcnt des phenomenes de succion parfaitement analo- gues a ceux que Ton a observes poor ces ajutages dans Ie mouve- ment uniforme. En effet, on observe dans ce cas une force de succion aussi puissante que dans Ie cas ou il y avi.it un entonnoir ; or, on salt par d'autres experiences que, dans un tube vertical isoU , la hauteur oblenue au-dessus du niveau d'un reservoir par une colonne parlant d'une meme profondeur, est a peu pres uioitie plus grando quand il y a un entonnoir; la partie de la force de succion provenant du raouvement lateral etait done bien raoindre daus Ie cas de I'ajutiige a parois vivos. On pent meme observer 95 que la difference dont il s'agit se trouve ici expriraer la force de succion provenant des phenomenes decet ajutage. Physiolooie. — M. Bibron communique un fait physiologique qu'i! vient d'observer sur une Couleuvre vivante a la menagerie du Museum. Cette Couleuvre civait recu dans le dos une contusion par suite de iaquelle M. Bibron a pu lui enlever une vertebre dor- sale avec deux cotes. Apres celte operation la plaie s'est refer- mee, et, raalgre la solution de continulte qui existe dans la colonne vertebrale, la partic posterieure n'a point eprouve de paralysie, et la sensibilite s'est conservce. — A Toccasiondece fait,M. Velpeaurappelle|qu'ilya quinze ans il a lu a la Societe un memoire sur un cas du roeme genre, offert par un juune homme qui avail eu une lesion profonde a la moelle epiniere, sans qu'il se fut declare une paralysie en proportion de cette lesion. II cite ensuite d'autrescas dont I'explication presente des difficultes non moins erabarrassantes , mais dans ud sens op- pose. Tel est celui d'un homme qui, apres etre tombe sur le crane, est reste trois heures sans connaissance, apres quol il y a eu reta- blissement complet des facultes inlellectuelles, et en meme temps paralysie entiere du corps, a I'exception de la lete. Le malade est mort le vingtetunieme jour apres la chute. Ons'attendaitaceque I'aulopsie revelat une lesion grave de la moelle epiniere , cepen- dant on n'a ricu aperru a I'exterieur de celle-ci dans tons les points de son etendue; il n'y avail rien non plus dans le cerveau ; mais, la raoelle ayant ele ouverte, on a trouve seulemenl vis-a-vis de la quatriemc vertebre cervicale un point qui paraissait un peu plus mou que le reste. Voila done un cas oii la lesion a ete fort peu vi- sible , quoique les accidents aient ete Ires-graves. Seance de rentree du 6 novembre 1841. ZooLOGiE. — M. Duvernoy lit un memoire qui a pour litre : Notes, et renseignements sur plusieurs Mammiferes de I'Algerie, pour servir a la Faune de cette contree. M. Duvernoy explique d'abord les motifs de cette communication, lis tiennent surtout au desir de faire rendre pleine justice aux na- luralistes francais, particulierement a M. Rozet, capitaine d'etat- major, pour les soins qu'il a mis, deja en 1830, lors de noire premiere expedition en Algerie, a rccueillir les objelsnalurels des 90 trois icgnes , et afin tie liii conserver Tanleriorite de la decou- verte d'un assez grand nombre d'animaux de cette contree. En effet , c'ost I'li premier lieu a cet officier que Ton doit de connuitre pour la premiere fois, ou d'avoir pu mieux etudier plu- sieurs Mollusques , Insectcs, Arachnides , Reptiles, Oiseaux et Mammifer^s du nord de I'Afrique. 11 etait d'aulant plus juste de le rappeler aux naturalistes,(iuoson nom a etc passe sous sileuco, ou mentionue superlicieilemcnt daus plusieurs ouvrages generaux ou speciaux de zoologie. M. Duvernoy se borne , dans les notes que nous analysons, a donner quelques nouveaux renseignements sur les caracieres zoo- logiques ou sur ranatomie de quatre Mammiferes envoyes , des 1831, au Musee de Strasbourg, par M. Rozet. I. La Sotiris de Barbaric {Mus Barbarus, L.) — M. Rozet avail envoye de I'Algerie une feraelle adulte et trois jcuues de ce charmant petit Rongeur, tres-peu counu avaut la description pu- bliee par Bennett (1) en 1829. M. Fischer, dans sa. Mammalogie, qui date de la mcme annee, doutait encore de I'origine barbaresque de cet animal ; et Desmarest, en 1820, dans son ouvrage sur le meme sujet, restait incertain a quel genre il faliait le rapporter. La publication de M. Bennett servit a lever ces doutes. On y trouve une figure coloriee^de I'animal adulte, que M. B. Wagner n'a pas connue, a en jugcr par ce qu'ii exprime dans i'explication de la pi. 1 de. I'Atlas du voyage de son frere en Barbarie. Les notes de M. Duvernoy confirment el completent les details descriptifs de M. Bennett. Elles renferment de plus une description comparative et differentielle de la forme et des proportions du corps ou de ses diflercntes parties caracteristiques , et de la cou- leur du pelage, entre les jeunes ct les adultes. Ces descriptions sont accompagnees de figures qui feront salsir ces differences. M. Duvernoy les avail deja fait connaitre en partie, en 1834, a la Reunion des Naturalistes allemands, a Stuttgart. La Souris de Barbarie a le fond du pelage d'un beau brun mar- ron en dessus et sur les coles, el d'un blanc sale en dessous. Hull raies longiiudinales etroites , d'un jaune clair, se dessinent dans toute I'elendue du dessus et des cotes du corps el de la tele. Outre (1) TliL' Zoolo;;, Jouni., vol. IV, 1829, pi. XVII. 97 ces raies principales , plus tranchees chez les jeuoes, ceux-ci ou ont de plus petites, intermediaires aux premieres, qui disparais- sent dans I'age adulte. Les figures coloriees do la Souris de Bar- barie adulte , publiees par Bennet et M. Wagner, ont le defaut de niontrer le jauoe clair comme la couleur de foud qui seralt rayee de brun. II. La Gerbilte de Shaw (Gerbillus Shawii , Duv.; leJird, Voyage deShaw en Barbaric). — M. Duvernoy a deja designe sous ce nora , dans une premiere communication qu'il a faite a Stutt- gart , en 1834, a la Reunion des Naturalistcs aliemands, une es- pece de Gerbiiie provenant d'Oran , ou M. Rozet I'avait recueillic en 1830. Elle avail ete indiquee , dans le Voyage de Shaw , sous le nom de Jird. Quoique cet animal se rapproche beaucoup du Meriones robustus de Cretschmar , decouvert en Egypte par M. Riippel, au point que M. A. Wagner croit devoir les coiifondre, un examen detaille n'a fait que confirmer M. Duvernoy dans I'o- pinion que le Jird de Shaw devait etre considere comme une es- pece distincte. Sa note renferme d'ailieurs une description de- taillee de cette espece', de son squelette et d'une partie de ses muscles et de ses visceres. Ces renseignements sont accoinpagnes de dessins du squelette de cet animal , de piusieurs vues de son crane et de ses visceres. III. La Gerboise de Mauritanie [Dipus Mauritanicus). — M. Duvernoy croit devoir designer ainsi une espece de Gerboise tres-commune dans la province ouest de i'Algerie, quoiiiu'on la rencontre encore, mais beaucoup moins freqiiemraent, a ce qu'il parait, dans la province de Constantine. Cette Gerboise n'est pas le Gerboa de Shaw, qui appartiondrait, suivant Frederic Cuvier, a son genre Alactaga , ou au groupe des Gerboises a cinq doigts, et a I'espece qu"ii a designee le premier sous le nom d^Alactaga des roseaux. La Gerboise de Mauritanio se distingue enlre autrts du Dipus /Egyptius, avec lequcl elle a d'ailieurs les plus grands rapports, parsa tete plus large, son mu- seau plus tronque, ses oreiiles moins grandes, de plus fortes dimen- sions de tout le corps, un pelage plus fence en couleur. La note de M. Duvernoy renferme une description detaiiiee zoolo- gique ct anatomique de cette espece. Elle est accompagnee d'uno figure de son squelette, de piusieurs vues de son crane, etde dessins Extrait de L'lnstitut, 1841. 13 1)8 ' repiesuiilaul sou loie , scs orgaiies males do la generation et Us muscles do ses extremites posteiifures. La circonstanco organique la plus reniarquable du squeletle do cette Gerboise , est la sou- durc des sis dernieres vortebrcs cervicales , analogue a cello que Ton voit dans les Cetaces. Eu comparant le crane des Rats, des Gerbilles et des Gerboises , on est frappe des plus grands rapports qui existent entre cos deux derniers genres, et des diffe- rences qui les distinguent des Rats , surtout dans la forme des teraporaux, des parietaux , des occipitaux et des rochers et des caisses. Les Gerbilles cependant se distinguent , entre autres, des Ger- boises, et reciproquement, par des orgaoes males do generation de forme et memo de composition tres-differentes. La verge de la Gerboise de Mauriianie a son gland surmonte de deux iongues epines. De tres-petiles poiotes herissent la surface de cette partie. Le canal de I'uretre a sa parlie intrapelvienne proportionneliement tres-longuo. II reste libreetseparedu corps caverneux dans unlong espace, bors du bassin, et ne se reunit au corps caverneux quo tres-pres du gland, apres avoir traverse le muscle bulbo-caver- neux qui I'enveloppe, ainsi que le rectum , comme une gaine musculaire commune a ces deux organes , tenant lieu do sphinc- teres. Les canaux deferents sont tres-dilates a leur extremite. II y a des vesicules serainales considerables et des glandes de Cowper. Ces dernieres paraissenl manquer dans la Gerbille de Shaw. Le gland est ici lisse et non herisse d'epiues. Vers sa face dorsale , se dessine un os en forme de palette. L'uretre extrapelvien se joint immediatement au corps caverneux , selon la regie geuerale. Les vesicules seminales sont considerables et repliees sur elles- memes par leur sommet, comme dans la Gerboise. Mais les canaux deferents n'y sont pas de raeme dilates a leur extremite termi- nate. IV. Le Macroscelidede Rozet {Macroscelides Bozeti.) — M.Du- vernoy rappt;lle d'abord que cette espcco , prise dans les environs d'Oran, par M.F. Rozet, deja en 1830, a faille sujet d'une Mono- graphic quia ete imprimee parmi les Memoires dela Societed'His- toire naturelle de Strasbourg. Mais I'exemplaire envoye par cetof- ficier,dejaen 1 831, auMusoe do Strasbourg, n'avait pas permis dela 99 rendre complete. Le supplement actuel a pour but de remplir plu- sieurs lacunes do cette premiere description. Les additions qu'il comprend sent relatives: i° au squeiette ; 2° a la trompe: 3" a la glande sous-caudale; 4° aux organes d'aiimentation; 4o a I'etat de I'uterus vers la tin de la gestation , et au foetus unique qu'il renferraait; 6° enfin, aux afiinites du Macroscelide avec les autres Insectivores. 10 L'ossiGcation parait lenle chez le Macroscelide corame chez les Musaraignes , du moins pour certains points. C'est en partio par suite de cette tardive ossiflcation que la voute osseuse parait percee, dans le squeiette, de quatre series de trous paralleies et d'une cinquieme paire situee horsde ligne. Ces trous ont ete figures tres-exactement par M. Werner, dans TOsteographie de M. de Blainville ( PI, V et X.). M. A. Wagner n'en a pas eu connaissance. Le sternum n'a reellement que six pie- ces. La derniere se termineen arriere par deux branches osseuses qui sont continuees, etdont Tinfervalle est rempli par un cartilage xyphoide en forme de large palette. L'omoplate resserable beaucoup a celui du Herisson , ainsi queM. Duvernoy I'a deja remarque dans sa premiere publication. 11 y a reellement un acromion qui reste longtemps cartilagineux. L'epine de l'omoplate s'en detacbe de bonne heure pour le former et se bifurque en deux branches aigues. L'anterieure est propre- raent I'acromion qui s'articule comrae a I'ordinaire avec la clavi- cule; la posterieure, donne attache au muscle tracheco-acromien. M. Duvernoy n'avait pas trouve les pubis reunis. Cette meme ob- servation a ete conflrmee par M. de Blainville, tandis que MM. Lichtenstein et A. Wagner disent avoir observe les pubis so- lidement reunis par une symphyse passablement haute. Ces diffe- rences ne seraient-elles pas sexuelles? Cinq zoologistes ont decrit successivement le systeme de denti- tion du genre Macroscelide , MM. Smith , Isidore Geoffroy-Saint- Hilalre, Duvernoy, de Blainville et A. Wagner; leurs descriptions s'accordent pourle nombre des dents', dont il y a vingt a chaque machoire, et pour la determination des trois arrieres molaires. Mais elles presentent beaucoup de variantes pour la determi- nation des autres dents. M. Duvernoy a cru devoir faire un tableau de ces variantes, afin de mieui faire ressortir les inconve- 100 nients qui resultent, dans ics descriptioDS, du d^faut de principes bien arret^s et generalement adoptes sur les caract^res des especes de dents. 2" La trompe du Macroscelide se termine par ua muffle Ires- prononce, comme le boutoir des Musaraignes. Les orifices des na- rines sont perces de chaque coje de ce muffle au-dessous d'un renflement arque qui semble les proteger. Cette trompe est evi- demraent un organe de toucher tresdelicat, qui esplique I'eraploi frequent que faitcet animal de cet instrument, pourpalper les ob- jetsqui sont a sa porlee, 3° M. Duvernoy a verifie I'exactitude de la description que M. A. Wagner a publiee de la glande sous -caudale du Macros- celide, analogue a celle decrite par M. J.-S. Brandt dans lo Desman de Russie. Cest un amas de foilicules qui secretenl uue pomraade odoranle, laquelle suinte a la face inferieure de la queue par un grand nombre de tres-petits oriQces. 4° M. Duvernoy fait cobnailre eusuite les organes d'alimenta- lion, et plus parliculierement I'estomac et le canal intestinal, qu'il n'avait pu observer lors de son premier travail. M. Smith avail deja publiee que les Macroscelides du Cap sont pourvus d'un coecum; ce sont , avec les Cladobates , les seuls Insectivores qui n'enmanquentpas. M. A.Wagner a verifie la merae observation sur le Macroscelide de Rozet. Ce dernier anatomiste a trouve que le canal intestinal est de sept fois la longueur du corps. D'apres M. Du- vernoy, il n'aurait que six fois cette longueur. L'arrangeraent des intestins dans la cavite abdominaleest tel, qu'une portion dugros intestin se rapproche du duodenum et de I'estomac , et se trouve plus parliculierement en rapport avec ces organes de digestion. Cette disposition, suivant la maniere de voir de M. Duvernoy, n'existe que pour exciter le gros intestin a se debarrasser des feces, au moment ou de nouveaux aliments arrlvent dans Testomac, ou bien a I'instant ou le chime est verse dans le duodenum. Le duodenum ressemble a une seconde poche stomacale. Sa membrane interne forme des replis nombreux, festonnes , disposes en travers. Dans I'intestin grele ce ne sont plus que des series de fouilles pressees les unes sur les autres,qui remplissent une partie du calibre de cet intestin et multiplient siDgulierement Tetendue de sa surface exha laote et absorbaote. 101 5° L'uterus avait un fcBtus , presque a terme , daus la corne droite seulemeut. On pouvait voir, a travers les parois tr^s-amin- cies de celte corne , le fcetus et ses enveloppes. Une seule partie, celle a laquelle adlierait le disque uterin du placenta , avait une epaisseur remarquable. — Le flacenta se composait , conirae celui des Rongeurs, de deux disques separes par un etranglement. Outre les vaisseaux onibilicaux qui se raraiflaient a sa surface foetale, on apercevait une branche vasculaire qui se prolongeait dans les membranes du fa3tus, ets'y ramifiait. C'etait evidemment une partie des vaisseaux ompbalo-mesenteriques de la vesicule ombilicale. On salt que Cuvier a reconnu que, dans les Rongeurs, cette vesicule subsiste longteraps et double le chorion, comme le fait I'allanto'ide chez les Carnassiers (1). Le foetus etait deja con- vert de poils dans toutes ses parties superieures et sur les cotes. Le globe de I'oeil etait encore a decouvert, et paraissait comme un segment de sphere blanc de lait; les paupieres cependant bien for- mees ne pouvaient plus tarder a le cacher. On remarquait , sur les cotes du cou , quatre plis profonds, suite du developpement inegal et de la position flechie du cou. Pour ceux qui croient a I'existence des fentes branchiaies , ces plis pourraient etre con- sideres comme les deruieres traces de ces fentes. 6° Le meraoire de M. Duvernoy est termine par quelques consi- derations sur les rapports du Macroscelide. II appartient evidem- ment au groupe des Rongeurs qui peuvent melanger leur proie de quelques substances vegetales. II se rapproche des Cladobates par i'existence d'un coecum , et des Herissons par sa dentition. Sa place naturelle est entre ces deux genres. Mammalogie : Observations geologiques et anatomiques sur di- verses especes de Mammiferes nouveaux ou pen connus. — M. P. Gervais soumet a la Societe le resume des observations aux- quelles ont donne lieu les collections mammalogiques faites par MM. Eydoux et Souleyet, pendant leur voyage de circumnavigation siir la Bonite, en compagnie de M. Gaudichaud ; collections dont ces naturalistes lui ont confie la determination et la description. Les especes que leur rarete ou leur nouveaute scientiQque ont failciter dans ce travail proviennent de I'Amerique et de I'lnde, (1) M^nioires du Museum d'histoire naturelle, torn. Ill, p. 114. Paris, 1817 102 et elles appartieoDeut aux differeots ordres des Primates, Carnas- siers , Cheiropteres , Rongeurs et Ruminants; en voici I'enumera- tion : 10 Les Primates sont au nombre de deux : le Cercopilhecusal- bocinereus, Desm., espece qu'il faut rapporter au genre Seranopi- theque , et qui est la meme que le Semn. obscurus de M. Reid; — Macacus carbonarius , Is. Geoff. ; il faut sans doute lui reunir comme synonymes les Mac. carbonarius , F. Cuv. , et Croe, de MM. Diard et Duvancel. 2° Les animaux Carnassiers sont plus nombreux : Mephitis Feuillei, espece de Moufette deja signalee par Feuillee , dont elic portera le nora , et qui parait differente de celles dont ont parle MM. Licbtenstein et Gray. Desmarest en faisait une simple variete du Chinche. — Luira Periiviensis , espece nouvolie caracterisee d'apres son crane et ses dents seulemenf. Elie est de San-Lorenzo du Perou , et elle se rapproche des Ltitra lataxrna, Enkydris et C Miens is , dans le sous-genre desquelles on devra la placer. — Bassaris astuta , Licbtenstein. On ne connaissait que la peau el le crane de cette espece, originaire du Mexique et de Californie. L'exeraplaire male rapporte dans la liqueur par MM. Eydoux et Souleyet, a permis de voir que le Bassaris , animal americain , tient a la fois des Mangoustos , qui toutes sont etrangeres au Nou- veau-Monde, et des Martes ou Musleliens. II est en effet interme- diaire a ces deux sortes d'animaux. Son intestin , long de 3 pieds 7 pouces, manque de coecum, et n'a que 6 pouces pourle gros in- testin ; a son orifice terminal est une plaque cryptifere, dans laqueilo deboucbent les deux conduits excreteurs des poches anales. Les vertebres sont ainsi distribuees : 7 cervicales, 12 dor- sales, 6 lombaires , 3 sacrees et 22 caudales. II y a 8 pieces au sternum; la clavicule manque; le condyle interne de I'bumerus est perce d'un trou pour le passage du nerf median , et la verge est soutenue par un os plus long que celui des Mangoustes , et assez semblable a celui des Martes. Les genres de Mangoustes qui ont, pour le crane et quelques autres points, le plus d'analogie avec Je Bassaris, sont les Galidia et les Galictis de Madagascar; mais leur organisation n'est pas encore connue. — Herpestes exilis, nouvello espece de Mangouste recueillie a Touranne, en Cochin- chine. Su taille et ses caracteres exterieurs la rapprochent des 103 Mang. Javanica, Nems et Malacccnsis , et surtout de la pre- miere, dont ello s'eloigne neaunioins par qiielques particularites de son crane et de sa coloration. — flemigalus Zebra , Jourdan , le Paradoxurus Derbianus de M. Gray. — CynogaU Bennettii, Gray. La premiere dentition de ce genre curieiix de Viverriens offre des caracteres qu'on n'avait point encore indiques. Sa mo- laire carnassiere de lait, ou la plus posterieure des trois dents qui devront etre reraplacees avec I'age, est plus longue proportionnel- ment que son analogue chez i'adulte, tranchante el dentelee , au lieu d'etre un peu ovale et comrae creusee a sa couronne par suite de la disposition des tubercules a son pourtour; elle est, surtout , plus comprimee en avant. Les trois pointes anterieures caracte- ristiques de la raeme dent, chez la plupart des autres Carnasssiers, y sont placees presque sur la merae ligno , au lieu d'etre en trian- gle, et derriere elle existe un talon parfaitement distinct. 3° L'ordre des Cheiropteres n'a fourni qu'une seule espece nou- velle, VespertiUo innoxius, Chauve souris du Perou appartenant a la section des Serotinoi'des , mais dont la taille ne depasse pas celle de la Pipistrelle. M. Gervais renvoie a la seance suivante ce qui a trait aux Ron- geurs et aux Ruminants. Hydraulique : Ecrasement des tuyaux du putts de Grenelle. — M. de Caliguy entretient la Societe des causes auxquelles il croit pouvoir attribuer I'ecrasement du tuyau du puits de Gre- nelle, dans le but de montrer a quelles forces le tuyau doit resister. " La regularite de I'ecrasement d'un tuyau d'une longueur de sept metres nesemble pas , dit-il, pouvoir etre Teffet d'une succession de chocs. Or, si cet ecrasement s'etait produit par Faction d'un choc exterieur , le tuyau interieur etant rempli d'eau, comme on salt par experience que la duree des chocs est tres-courte , il au- rail fallu que non-seulement une colonne d'eau do sept metres de long, mais une colonne d'eau de plus de cent metres de haul qui etait au-dessus , prit subitement une tres-grande vitesse , surtout si Ton considere I'intensite de I'aplatissement qui a eu lieu. Cela correspond a une tres-grande quantitede travail , qu'il faut ajouter au travail resistant de I'ecrasement. Or, la quantite du travail raoteur qui aurait pu etre developpee par la descente de la couche annulaire solide ou liquide comprise entre les deux tuyaux ne pa- 104 rait pas suffisante pour expliquer la somme do ces Jeux quautiles de travail resistant, meme abstraction faite des frottemeiils ct des obstacles solides ou fluides (jui ont pii retarder cette descente. Quaut aux mouveracnts brusques du liquide a I'inlericur que Ton pourrait attribuer aux iravaux, 11 suffit d'observer que raccident est arrive pendant la nuit, c'est-a-dire en I'absence des ouvriers , avant la reprise des iravaux du matin. Cette reraarque n'ost pas inutile, parce que si Ton indique bien la cause de I'ecraseiuent, ou n'aura point a craindre I'effet de quelque negligence. La quantite de travail qui pourrait en provenir ne serait pas d'ailleurs suffi- sante. II ne s'est presente jusqu'a ce jour aucun indice de coup de belier interieur ; et quand meme il en serait resulle une aspiration, cela n'aurait augmente que d'une atmosphere I'effet de la pression exterieure prodaite , soit par une couche annulairc liquide , soit par un ensemble quelconque de corps d'une densite plus grande quel'eau, reunis dans lememeespace. II est bien plus simple de sup- poser que la colonne liquide a oscille a I'interieur par suite d'une cause quelconque , telle qu'une excavation ou un degagement de gaz. Enfln, on pent ajouter aux diminutions de pression provenant de I'abaissement de la colonne liquide, celles qui proviennent d'une espece toute particulieredeswcct'oftdanslescolonnes liquidesoscil- lantes, mais a laquelle il serait plus convenable de donner un autre nora quand les pressions exterieures sont plus grandes qu'une atmosphere, afln qu'on ne pense pasqu'il s'agit a la liraite de la force d'une pompe aspiranle ordinaire. La force de cette succion est fonction de la longueur verticale de la partie du luyau d'une co- lonne oscillante enfoncee au-dessous du niveau d'un reservoir ex- lerieur. Dans des experiences precedemment communiquees a la Societe, cette succion ou non-pression etait d'environ un sixienie de cette partie, si Ton exprime sa puissance en hauteur d'eau. Dans un tuyau d'une tres-grande longueur, cet effet est sans doute influence par les frottements; mais les frottemeutseux-memes di- minuent la pression d'une colonne qui descend. « Si , en definitive , I'ecrasement du tuyau du puits de Crenelle provient d'une non-pression resultant d'un phenomene quelconque de colonne oscillante sans coup de belier, le remede n'a pas besoin ■d'etre indique puisqu'il ne s'agit que de resister a des pressions statiques de la couche exlerieure, dont le poids speciflque maxi- 105 mum peut etre mcsure. On a jiidicieusement observe que les tra- vaux ont eu dc riofluenco siir I'acoident dont il s'agit, en ce sens que les mouvenients imprimes au tuyau peuvent avoir facilite la formation d'un melange analogue jusqu'a un certain point a un liquide dans I'espace annulaire compris entre les deux tuyaux. » AcousTiQUE. — M. Cagniard-Latour presente une sirene a pla- teaux epais, dont les trous sont bouches par uno plaque circulaire de mastic , mais en dessus seulement dans le plateau mobile , et en dessous dans le plateau fixe, de sorte que les conduits tres- courls que ferment les trous peuvent etre consideres cororae au- tant de pelites cloches, dont celles du plateau superieur, par I'effet de sa rotation , viennent en giissant s'aboucher periodiquement sur I'oriflce des cloches opposees du plateau inferieur. 11 suppo- sait que cette sirene, quoique fermee, pourrait peut-etre faire en- tendre encore, outre le son d'axe ou d'excentricite le son beaucoup plus aigu repondant au nombre des cavites portees par le plateau superieur, si Ton venait a lui communiquer par un agent exterieur, comme, par exemplo, une ficelle enroulee sur son axe, une vitessn rotative suffisante. II prouve par une experience faitesous les yeux de la Societe que ce resultat s'obtient eu effet , et il annonce avoir rcconnu que le meme appareil peut aussi rcsonner d'une maniere analogue lorsqu'on le fait fonctionner pendant qu'il est tenu plonge dans I'eau. Seance du 13 novembre 1841. Physique du globe : Magnetisme terrestre. — Dans I'une des precedentes seances, M. Duperrey avail appele I'attention de la Societe sur la decouverte toute recente des nouvelles terres antarctiques ; il communique aujourd'hui les resultats des obser- vations qui ont ete faites sur ces terres, dans le but de determiner la position geographique du pole magnelique austral. En faisant cette communication , M. Duperrey s'exprime ainsi : « Dans des cartes que j'ai dressees et publiees en 1836, Ton voit indique, danschaque region polaire du globe terrestre, un pole magnetique dont la position a ete renduo dependante de la con- figuratioo des raeridiens raagnetiques qui s'y trouvent represcntes, non pas par le prolongement indefini du grand cercle de la sphere Eitrait de L'Jnstiiut, 1841. ik 106 qui passerait par la diroclioii liorizontalo iIc raigiiille aimanlee , inais Itieii par line coiirho dont la condition est d'etro dans toule son etendue, ^'esl-a-dire d'un pole magnetique a Tautre, le meri- dien magnetique de tons les lieiix oil e!le passe. " L'un des pules dont ii est ici question se trouve place au nord de I'Amerique septontrionale , par 70° 10' N. , et 100" 40' 0. ; I'autreest au sud de la Nouvelle-Hollande, par 76" 0' S. et 135° 0' E. Cette dernicre position a ele modifiee et fixee a 75" 0' S., et 136° 0' E. , en 1837, alors que j'ai pu disposer des noinbreuses observations qui avaient ete faites, en 1820 , par les capilaines Bellingshausen etLazareff , dans toutel'etendue de la zone com- prise entre les paralleles de 55 a 70 degres de latitude sud. « La position du pole magnetique boreal s'est trouvee parfaite- raent conGrmee par I'inclinaison de 90o, que le capitaine J. Ross a obtenue en 1832 sur la terre Boothia-Felix ; car il resulte de cette importante observation que le pole magnetique dont il s'agit etait alors par 70" 5' N. et 99° 12' 0, L'on verra tout a I'beure qu'il en a ete ainsi du pole magnetique austral , a en juger du moins par les observations qui vienncnt d'etre faites sur les INou- velles-Terfes-Antarctiques , dans les expeditions scientifiques de MM. les capitaines d'Urville, Wilkes et J. Ross, et m)tarament par cellesqui appartiennent a la premiere de ces expeditions. " La position des poles magnetiques se trouve figureo dans mes carles pour I'annee 1825, epoque a laqueilej'ai ramene toutes les declinaisons observees de 1815 a 1830. Pour placer ces poles, j'ai fait usage de deux procedes qui devaient naturellement con- duire a un resultat satisfaisant. Le premier consiste a faire croiser, dans une projection polaire , et mieux encore sur un globe, ceux des meridiens magnetiques dont la figure parait la raieus deterrai- Dee , et en meme temps la plus reguliere. L'autre procede , qui malheureuseraent ne peut etre employe , faute d'observations , que dans un petit nombre de cas, consiste a coordonner les inclinaisons observees en differents points d'un meme meridien magnetique , avec les latitudes magnetiques respectives qui sont les portions de ce meridien comprises entre les stations et la ligne sans inclinai- son. La courbe que l'on obtient en coordonnant ces deux elements, etant continuee jusqu'a la coordonnee qui s'eleve sur le 90e degre de I'inclinaison , permet d'apprecier avec exactitude , lorsque le prolongementde la courbe doit avoir pen d'etendue, la difference en 107 latitude niagiictique qui separe ce poleiic la station la plus volsiiic. Celte luetliodt; d'interpohilion, qui est independante de toute hy- pothese, est precieuso en cc que la courbo obtenuo, etant compareo a la courbe qui resulte de la formule tang. L = — q--, fait voir immediatement laMifferencequi existe, daus le meridienmagnetiquc que Ton considere, entre la veritable loi de I'accroissenicnt de riuoli- naisonqu'elleexprime, et la loi quedonnela formule dont ils'agil, laquelle n'a pu etre etablie que pour le cas oil les raeridiens magne- tiques seraienl des grands cercles de la sphere, et quo les poles niagnetiques seraienl a 90° de tous les points de la ligne sans in- clinaison ; conditions qui ne peuvent avoir lieu que dans uno sphere parfaitement homogene, et dont I'action du niagnetismc sur lous les points de la surface ne serait troublee par aucune cause d'anomalie. " La formule tang. L r!: — ~^ est applicable aux inclinaisons qui nedepassent pas 30°, et pent servir, par consequent, a de- terminer la position des points de I'equateur magnetique , tonics les,fois que I'inclinaison ne depasse pascette limite; cela provieut de ce que les lignes d'egale inclinaison, qui ne sont pas eloignees de I'equateur magnetique, lui sont a tres-peupresparalleles ; mais les lignes d'egale inclinaison qui avoisinent le pole magnetique sont loin d'avoir ce pole pour centre de figure , en sorte que la formule co<. L' = — ^., daus laquelle L' devrait etre la dis- tance du pole magnetique a la station , ne pouvant salisfaire que dans quelques groupes de raeridiens niagnetiques , ne doit etre employee que corame moyen d'apprcxiraation. " Celte remarque nous oblige a exprimer, des a present, le regret do n'avoir que la formule cotW = — ^ a appliquer aux obser- vations que le capitaine J. Ross a faites, en 1841, sur la terre Victoria, oii il a trouve, etant par 76o 12' S. et 161° 40' E., I'in- claison de 88o 40' et la declinaison de 109° 24' E., ce qui, d'apres cette formule dont le capitaine Ross parait avoir fait lui-meme usage , placerait le pole magnetique austral par lb° 6' S. et 1510 50' E., ou a 160 milles de la station. 108 « Les meridiens niagoetiques qui passont sur la terre Victoria ne presentent dans le cours de leur coDfiguralion que des stations fert eloignees ou rinclinaisoD ait ele observee, en sorte qu'il est impossible de faire usage de la methode des coordonnees, sans laquelle on ne peut fixer la position d'un pole magnetique avec precision. Nous reviendrons plus loin sur ce fait important. « Le capitaine Wilkes , commandant I'expedition scientifi- que des f tats-Unis , se trouve dans un cas egalement defa- vorable. Ses observations faites sur la glace , en vue de terre, dans un enfoncement qu'il a nomnie bale du Desappointement, ont donne pour rinclinaison 87o 30' et pour la declinaison 12° 35' E. II etait alors par 67" 4' S. et 145° 10' E., a environ 180 milles dans I'E. de la terre Adelie , ou les observateurs de VAslrolabe operaient dans le merae temps. « D'apres ces observations, la formule empirique donne L' = 5°, ce qui placerait le pole magnetique par 71" 55' S, et 141° 40' E., position douteuse d'apres ce qui a ele dit plus haut relativeraent a cette formule. Les observations que nous avous faites, M. de Frey- cinet et moi, dans le meridien magnetique qui passe par la station du capitaine Wilkes, sont trop eloignees pour qu'il soit encore possible d'essayer ici la methode des coordonnees. « Les observations qui ont ete faites par MM. Dumoulin et Coupvent, durant I'expedition de I' Astrolabe, commandee par M. d'Urville, sont; quant a present, les seules qui nous parais- sent de nature a resoudre de la maniere la plus complete, la question qui nous occupe. V Astrolabe , en s'eloignant d'Hobart- Town, a suivi, par un hasard heureux, la trace du meridien ma- gnetique qui, de cette ville, se dirige vers le pole magnetique austral indique dans mes cartes; de nombreuses observations, dues au zele de MM. Dumoulin et Coupvent, ont ete faites le long de cette route jusque vis-a-vis la terre Adelie, oir les bous- soles de declinaison , d'inclinaison et d'intensite magnetique ont ete mises en experience sur un banc de glace situe a une petite distance de la pointe Geologic. Le meridien magnetique d'Hobart- Town est, d'apres mes carles, non-seulement celui de la terre Adelie, mais encore celui qui passe a peu de distance de Para- matta, de Sydney, de Cleveland, du Port-Praslin, et de plusieurs autres points oil I'inclinaison avait deja ete observee, soit par moi, soit par d'autres navigateurs, en sorte que je trouve dans 109 ce meme raeridien, dont j'ai fixe I'origine sous la ligne sans iucli- naison, par 6° 15' N. el ISO" 30' E., la serie la plus complete dont il me soil possible de disposer pour arriver avec certitude a la position exacte du pole magnetique austral. « Cette serie est contenue dans I'avant-derniere colonne du tableau suivant. La derniere colonne contient les latitudes ma- gnetiques des stations, que j'aurai pu mesurer dans mes cartes , mais que j'ai prefere calculer, par la raison que les latitudes geo- graphiques des stations sont connues, ainsi que Tangle que fait le merldien magnetique avec la ligne equinoxiale , et que, de plus, ce nieridien est, par cas exceptionnel, un grand cercle de la sphere depuis I'equateur jusqu'a la terre Adelie. II est facile de voir dans ce tableau que la difference des dates, des experiences, ne saurait etre un motif d'exclusion. Lieux des stations. Equateur magndt. Port-Praslin. . . Cleveland. . . . Paramatta . . . Sydney . . . Detroit de Bass. Hobart-Tovvn . En mar . . . Id Id Id Id Id Id Terre Adelie. . Noms des obserTBl. Duperrey. Duperrey. Ring . . Brisbane . Duperrey. I Duulop. . I VVickliam Freycinet. Duperrey. Fitz-Roy . Tessan. . Wickham I Wickiiam I Fitz-Roy . I Franklin . J Wickham ' Dumoulin I Duperrey. Dumoulin et Coupvent. Id . . . Id . . . Id . . Id . . Id . . . Id . . Dales Latitude. 1824 6'15'N. 1823 4 45 S 1819 19 10 1821 33 49 1824 33 49 1831 .33 49 1838 33 49 1819 33 52 1824 33 52 1830 33 62 1838 33 52 1839 33 52 1836 .40 28 1836 42 52 1837 42 52 1838 42 52 1840 42 52 1824 46 4 1840 48 30 1840 54 1840 GO 25 1840 62 15 1840 64 1840 65 40 1840 66 30 lion )bique. Incli naison. Longitude. -J as a 150°30'E. 0° 0' 0° 0' 150 28 20 40 11 144 36 44 7 25 50 148 35 62''36' \ 148 35 148 35 6'> '>7 r 62 51 r"^'^ 40 17 148 35 62 50) 148 50 62 47 \ 148 50 62 20 / 148 50 62 49 62 43 40 20 148 .")0 62 45 \ 148 .50 62 51 ; 142 45 |69 8 47 21 145 4 70 35'\ 145 4 145 4 ?2ll ™« 49 26 145 4 70 44 ) 141 42 73 8 52 49 142 40 7 i 58 55 20 142 15 77 38 60 51 141 10 81 45 67 18 139 45 83 8 69 10 139 83 42 70 57 139 85 6 72 37 137 48 1 i 85 19 73 30 110 « La courbe qui resulte de cette longue sorie d'eleiiiouls iraites par la niethode des coordonnees est tres-reguliere, cc qui prouvo en faveur de toutes les observations qui out ete raises a contribu- tion. Cette courbe donne, pour la distance du pole magnetique a la terre Adelie, 9o 10', distance qui , etant combinee avec la decli- naison observee, 12° 12' E, et la position geographique de la sta- tion, place le pole dont il s'agit, par 75° 20' S, et ISO" 10' E. Cette position s'accorde en latitude et ne differe que de 80 railles en longitude de celle que j'etais parvenu a deduire de la configu- ration do tons les meridiens raagiielitjues. La distance en longi- tude que nous trouvons ici n'est point a considerer, attendu que, si MM. Dumoulin et Coupvent ont trouve la declinaison de 12^ 12' E a la terre Adelie, le capitaine Willies I'a trouvee nuUe dans le memo lieu et a la memo epoque ; ce qui m'autorise a couserver le pole magnetique dans la position que j'avais obtenue en 1837. Un fait remarquable, c'est que la formule cot L' = - — ~- — est immediatement applicable a rinclinaison observee vis-a-vis la terre Adelie , car en faisant 1 = 85° 19' on a L' = 9" 18'. "MM. Dumoulin et Coupvent ont encore observe, etant tou- jours en vue de la terre Adelie , deux decliuaisons do I'aiguille en deux stations suffisarament eloignees en longitude pour leur faire esperer qu'il resulterait du croisement des deux directions une position exacte du pole magnetique; mais cette operation placerait le pole par environ 7lo 45' S. et 134° 0' E., ce qui n'est point admissible. Dans les lieux ou I'inclinaisou est presque de 90°, la declinaison devient trop incertaine pour que Ton puisse compter sur ses resultats. « "^"^ n'ayons pu en deduire, par cetteraeme formule, qu'un resultat inadmissible. II est probable que 06 resultat doit elre altribue, sinon a une crreur dans les obser- vations, du moins a des causes de perturbations locales, depen- Ill dant do la nature du sol dans les environs de la baiedu Desappoin- tement. L'liypothese d'un pole magnetique, occupant une surface d'une certaine etendue, dont la limite offrirait des points diffe- rents selon lo lieu des observations, a souvent fixe ma pensee; raais c'est la une question qui ne peut etre resolue que par des ob- servations directes. « J'ai expriiue, au commencement de cette notice, le regret de n'avoir pu appliquer aux observations faites a la terre Victoria, par le capitaine Ross, que la formule cot V = — ^- — dont il a Uii- meme fait usage, puisqu'il dit dans son rapport qu'il etait a 160 railles du pole magnetique, aiors qu'il obtenait 88** 40' d'inclinai- son. Ce regret est fonde , ainsi que je I'ai deja dit, sur ce que les poles magnetiques ne sont pas les centres de figure des lignes d'egale ioclinaison , et j'en trouve une preuve bien caracteristique dans les inclinaisons de 88° 30' que les capitaines Sabine et Parry ont observees en 1820 dans les iles Melville et Byam-Martin, qui sont situeesa environ 320 milles au nord du pole magnetique bo- real, etnon pas a 180 milles, que donnerait la formule. " J'ai cherche, il y a plusieurs annees, a savoir quelle etait la cause des irregularitesque Ton remarquedans lamarche des phe- nomenes du magnelisme a la surface de la terre; et les faits que j'ai rassembles pour atteindre ce but semblent prouver d'une ma- niere incontestable que les anomalies qui affectent la configura- tion des lignes d'egale inlensite, et-par suite celle des lignes d'egale inclinaison etdesmeridiens magnetiques, sontdues,principalement, aux anomalies que presentent les temperatures qu'on observe a la surface des mers et des continents. Dans la region glacialede I'he- misphere nord , un froid excossif regno dans la direction du pole magnetique au pole terrestre, et de ce dernier point vers le milieu de la cote septentrionale de la Siberie. Get abaissement de tempe- rature ainsi prolonge, augmente I'intensite du magnetisme, et re- pousse, par consequent , vers la Siberie, les lignes d'egale intousite qui entrainent, sans neanmoins coincider avec elles, les lignes d'egale inclinaison dont la figure se trouve par ce fait considcra- hiemcnt alteree. Les nieridiens magnetiques qui , en I'absence de causes d'anomalies.seraientrigoureusement perpendiculairesa ces lignes, ayani une tendance a conserver cette propriete, se rappro- 112 chent outre mesiire les uns des autres des le milieu de la Siberie, et so diligent ainsi vers le polo niagnetique en passant sur les iles Melville et Byara-Martin, ou TiDclinaison do I'aiguillo est eu effot beaucoup plus grande que ne le comporte la distance (jui separe cos iles du pole magnelique. Si actuellement nous portons notre atten- tion dans I'hemisphere sud, nous verrons egalement les meridiens magnetiques se pressor les uns contre les autres partout ou de vastes courants d'eau froide abaissent la temperature d'une maniere sensible. C'est ainsi , en effet, que se presentent ceux de cos me- ridiens qui passant dans les parages de File de Kerguelen , ou il existe un courant polaire qui prcnd probablement son origine entre la terre d'Enderby et les Nouvelles-Torres-Antarctiqucs ; ct c'est ainsi , enfin , que se presentent les meridiens magnetiques qui , de la terre Victoria, ou le capitaine Ross a fait ses observations, traversentce vaste courant qui portedeseaux froides sur les cotes du Perou, et donl j'ai, le premier, fait connaitre I'origine et I'e- tendue dans une carte publiee en 1831. Ces derniers faits sem- blent etablir que la terre Victoria est placee , a I'egard du pole magnelique austral , dans les memos conditions que les iles Melleville et Byam-Martin le sont a I'egard du pole magnetique boreal; qu'en consequence 11 pourrait se faire que la formule cot V = — |— ^qui aurait trompe les capitaines Sabine et Parry s'ils en avaient fait usage, ait trompe le capitaine Ross en lui faisant croire que le pole magnetique austral n'etait qu'a 1 60 milles du lieu de son observation, tandis qu'il on est a plus de 400 milles, d'apres les] observations faites dans toute I'etendue du meridien magnetique d'Hobart-Town, tant par MM. Dumoulin et Coupvent que par les navigateurs qui les ont precedes. « L'on voit, d'apres tous les faits rapportes dans cette notice, qu'il n'y a point a opter entre les resultats des trois expeditions ; raais disons-le, la coincidence de la route parcourue par l' Astrolabe avecun meridien magnetique est un faitindependant de la volonte de nos compatriotes. En s'eloignant d'Hobart-Towu, M. d'Ur- ville avail pour but d'atteindre par la voie la plus courle les plus liautos regions australos, el ce sont les vents qui regnaiont alors qui lui ont fait fait prendre la resolution de gouverner au sud de la boussole. Si M. d'Urville avail suivi , commo I'ont fait les capi- 113 taines Wilkes et Ross, toute autre direction que celle d'un meri- ilien raaguelique , les inclinaisons observees par MM. Dumouliu et Coupvent , apres le depart d'Hobart-Town , ne seraient pas susceptibles d'etre traitees par la methode des coordonuees, que j'ai appliquee a la determination des poles magnetiques et que je conseille d'employer de la raeme maniere duns plusieurs nieridiens magnetiques, afin de se garantir de I'incertitude que presento en- core, dans cette methode, la declinaison observee dans les lieux ourinclinaisoD est tres-grande. « Esperons que bientot les nombreuses observations recueillies dans les trois expeditions scientifiques mentionnees ci-dessus viendroat repandre de nouvelles lumieres sur la question qui nous interesse. » AcousTiQUE. — M. Cagniard-Latour met sous lesyeux de la So- ciete une sirene analogue a celle qu'il a presentee dans la prcce- dente seance, c'est-a-dire dont les trous sont fermes par dessus dans le plateau mobile , et par dessous dans le plateau flxe; mais la matiere des fermetures , au lieu d'etre en mastic dur, se com pose de membranes minces en papier. En outre, les plateaux ont une epaisseur extraordinaire , c'est-a-dire d'environ quinze milli- metres , et ne portent chacun que deux trous au lieu de cent quo contenait I'autre appareil, lequel d'ailleurs etait principalemeot desline a produire des sons trcs-aigus. L'auteur met en jeu sa sirene grave en tirant avec vitesse une ficelle qui etait enroulee sur I'axe du plateau superieur ; en memo temps il fait remarquer que, dans le cas ou, pendant I'effet sonore ainsi produit, on vient a placer I'instrument sur une surface ren- for^ante, comme ; par exemple , le dessus d'un chapeau , afin de faire ressortir le son d'exceutricite, c'est-a-dire celui dont chaque vibration sonore repond a chaque tour de I'axe, on reconnaitsans peine que ce son est a i'octave grave de I'autre, ce qui prouve evi- demment que, dans la sirene fermee, le son est en rapport avec le uombre des trous du plateau superieur, comme dans une sirene ordinaire. M. Cagniard-Latour annonce qu'ayant essaye desubstituer mo- mentanement des plaques raetalliques aux membranes d'occlusion, il a remarque que les meraes sons avaieot moins d'intenslte; d'a- pres cette observation, son opinion serail que le son de la sirene Exirait de L'lnstitut, 1 8^1. 15 114 fermee resulte principalemeut de vibrations dont I'air contenu dans ies cloches ou cavites devjenl periodiquement le siege pen- dant le jeu de I'appareil, vibrations qui so transmettenl ensuite a I'aic exterieur par le petit intervalle compris enlre Ies deux pla- teaux, et par Ies lucnibranesd'occlusion lorsqu'ellcs ont I'elasticite convenable. L'auteur, en resume, croit que Ton pent considerer la sirene ferraee comme un moyen nouveau de produire des sons. Seance du 20 novembrc 1841. Mammalogie. — M. P. Gervais termine, par renumeration des Mammiferes Rongeurs et Ruminants, le resume de son travail sur Ies Mammiferes du votjage de la Bonite, dont la premiere partic a 6te exposee dans une precedente seance. 4. Las Rongeurs se rapportent a neuf espcces, dont cinq du genre Sciurus ou Ecureuil : 5c. hippurus. Is. Geoff.; Rafflesii, Horsf., flavimanus, Is. GeoU., aureiventer , \s. Geofi., et straminetis. Celui-ci provient d'Omatope, au Perou; c'est une espece encore inedite, etdontvoici lescaracteres :—poilsassez courts, noiratres, terminesdcjaune paille-dore, qui forme un glacis plus vifauxlom- bes et a la face externe des membres posterieurs; queue garnie do longs polls noirs terminesdejauneblanchatre, et paraissantcomme lavee de cette derniere couleur; mains et paltcs noires; oreilles noi- res , sans piiiceaux j occiput de couieur jaune-paille ; longueur du corps et de la tete, 0,27; de la queue, 0,30. — Le Sc. stramineus est du m^me sous-genre que I'Ecureuil a ventre roux dont M. Ale. d'Orbigny a rapporte le squelette. Son crane a la meme forme que celui de ce dernier, etil presente de meme quatre palres de raolaires a chaque machoire. La forme du crane dans ces deux espcces est differente de cello de toutes Ies autres, et en particulier de' celle des Macroxus de I'Amerique meridionale , aussi bien que de celle des nombreuses especes de I'Amerique septentrionale qui avoisinentle Capistrale. Pliloemys Cumingii, Waterhouse. Deux exemplaires dace Ron- geur, I'uo jeune, at I'autra adulte, que M. de la Gironniere a remis a M. Eydoux , ont perrais d'en faire une description dctaillee. Mallieureusement, ni I'unni I'autre de ces animaux n'avait ses vis- 115 ceres , luais le plus jeuue avail encore son squelelte , ct voici quelles particularites il a offert : — 13 vertebres dorsales, 6 lom- baires , 18 sacro-coccygiennes ; le bassin n'est en communicaiion articulaire qu'avec une seule de celles-ci ; 6 ou 7 pieces sterne- brales; clavicules completes; radius et cubitus separes dans toutt! leur longueur; tibia et perone se soudant au contraire , raais sans se confondre pres de leur extremite inferieure ; un rudiment d'os penien. — Quoiquefort semblable exterieurement aux Capromyset au Piagiodonte, le Phloemys appartient a la famille des verltables Murieus ou Rats , et non a celle de ces animaux ; c'est ce que prouve la forme de tout son crane, et en particulier celle de ses dents et de son trou sous-orbitaire ; il s'eioigne cependant du reste